Le patron de la firme Lagardère vient d’être réélu à sa tête pour un mandat de quatre ans. Une victoire synonyme de soulagement, que l’hériter doit au soutien de Bernard Arnault. 

“Four more years”, disent les Américains quand leur président sortant est réélu. C’est sans doute aussi ce que doit se dire Arnaud Lagardère, en s’épongeant le front. Le patron de la multinationale éponyme vient donc de voir son mandat de gérant renouvelé pour quatre nouvelles années à la tête du groupe dont il est le seul héritier, lundi 17 août.  


L’entreprise justifie ce choix par le souhait de “stabiliser la gouvernance du groupe dans une période inédite, d’assurer la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route stratégique ainsi adoptée, et donner de la visibilité à ses managers, salariés, et autres parties prenantes”, dans son communiqué d’annonce de sa feuille de route stratégique. 

Depuis une semaine, Arnaud Lagardère a pu craindre pour son avenir à la tête de l’entreprise familiale qu’il dirige depuis 2003. Vivendi et Amber Capital, qui détiennent respectivement 23,5 % et 20 % du capital de Lagardère avaient annoncé s’unir. Cette alliance visait non seulement à peser afin de demander quatre sièges au conseil d’administration, mais aussi la convocation d’une assemblée générale à la rentrée. Le but était d’évincer Arnaud Lagardère avant son renouvellement de mandat, initialement prévu au premier trimestre 2021.

Sauf qu’un autre danseur s’est mêlé au ballet : il s’agit de Bernard Arnault, le patron de LVMH. Fin mai, il avait annoncé vouloir éponger les dettes de Lagardère, frappé de plein fouet par la crise du covid. En échange de 25% des parts du groupe. Il faut noter que la firme a un statut juridique particulier : en tant que commandite par action, Lagardère est une société par action qui offre à l’héritier de son fondateur le contrôle de l’entreprise. Tout en le rendant responsable des dettes sur ses biens propres.

Avec son allié de poids, Arnaud Lagardère a pu s’assurer un renouvellement anticipé de son mandat, tout en rognant de deux ans ce renouvellement, qui sont habituellement de six ans. 

Les objectifs du groupe sont de taille pour les mois à venir : “Permettre à Lagardère Travel Retail de sortir renforcée de la crise actuelle et réenclencher son statut de moteur de croissance du Groupe à travers la mise en œuvre d’un plan de performance opérationnelle ambitieux et une adaptation de son modèle concessif pour gagner en agilité et en flexibilité vis-à-vis de ses partenaires commerciaux ; confirmer le statut de moteur de puissance de Lagardère Publishing, en renforçant ses positions partout dans le monde, et alors que le secteur de l’édition comporte de nombreuses opportunités de consolidation à court terme”, a expliqué le groupe par communiqué. Lagardère cherche notamment à mettre la main sur l’éditeur américain Simon & Schuster (qui publie notamment Stephen King ou encore Ernest Hemingway) que ViacomCBS, son propriétaire, souhaite vendre. Une opération valorisée à 1 milliard de dollars selon le Wall Street Journal. Le tout sur fond de rivalité et d’inimitié entre Arnaud Lagardère, et Vincent Bolloré, patron de Vivendi. 

 

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