Après un démarrage en dents de scie, la campagne vaccinale contre le covid-19 dans l’Union européenne (UE) atteint peu à peu ses objectifs. Dans un communiqué, l’UE a annoncé mardi 27 juillet que 70 % de sa population adulte avait reçu au moins une dose du vaccin contre le covid-19. L’UE dépasse ainsi les États-Unis, dont le taux de vaccination chez la population adulte est de 69 %.

 

Pourtant, l’UE était à l’origine très en retard dans le déploiement des vaccins contre le covid-19 : alors que les États-Unis avaient déjà vacciné 10 % de leur population adulte début février, il a fallu attendre fin mars pour que l’UE atteigne ce seuil.
À l’époque, ce retard était dû à ce que beaucoup considéraient comme une stratégie trop bureaucratique d’approvisionnement conjoint en vaccins contre le covid-19. Cette stratégie, contrairement à l’approche plus rationalisée et nationaliste américaine et britannique, a entraîné une approbation plus lente du vaccin par les autorités compétentes, des retards dans les expéditions et un manque d’infrastructures pour distribuer les vaccins une fois disponibles.
Cependant, une fois les problèmes logistiques résolus, la campagne de vaccination a rapidement repris et s’est accélérée un peu plus tous les mois depuis mars, plaçant certains des 27 États membres de l’UE (Malte, le Danemark, la Belgique, les Pays-Bas et l’Espagne) parmi les plus vaccinés au monde.

Parallèlement, après un démarrage rapide favorisée par l’approbation express des vaccins, le taux de vaccination des États-Unis a fortement chuté, passant d’un pic de plus de 3,3 millions de doses par jour à la mi-avril à environ un quart de ce chiffre ces derniers temps.
Actuellement, l’UE administre en moyenne près de 3,1 millions de doses par jour (ce qui est suffisant pour vacciner environ 0,7 % de sa population), contre 590 000 pour les États-Unis (soit 0,2 % de la population), selon les données compilées par Bloomberg.
Cette inversion des tendances semble largement liée à des attitudes différentes de chaque côté de l’Atlantique. Les États-Unis ne manquent pas de doses de vaccins contre le covid-19, mais ils ont du mal à persuader leur population de se faire vacciner, et cela malgré la mise en place de programmes d’incitation et les appels quotidiens des hauts responsables de la santé publique. Selon un sondage récent de Morning Consult, les États-Unis sont à la traîne par rapport aux autres grandes nations en matière de persuasion de la population. Ils se classent au troisième rang des pays les plus sceptiques à l’égard du vaccin parmi les 15 plus grandes économies du monde, l’hésitation à se faire vacciner ayant bien moins diminué que dans les autres pays au cours des derniers mois.

L’approche plus agressive de la campagne vaccinale contre le covid-19 des gouvernements de certains pays européens pourrait également expliquer ce retournement de situation. Les taux de vaccination ont grimpé en flèche en Italie et en France après que leurs dirigeants respectifs ont annoncé de nouvelles restrictions pour les personnes non vaccinées. Les États-Unis, en revanche, se sont abstenus de prendre des mesures similaires à l’échelle fédérale, malgré les recommandations des principaux groupes de médecins.
Si les États-Unis sont encore 13 points de pourcentage en dessous de l’objectif fixé du 4 juillet, à savoir que 70 % des Américains ont reçu au moins une dose du vaccin, ils restent devant l’UE en ce qui concerne la proportion de leur population entièrement vaccinée contre le covid-19. Aux États-Unis, 49,1 % de la population est entièrement vaccinée contre 47,3 % dans l’UE.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Jemima McEvoy

 

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