Depuis plusieurs décennies, on prend conscience de l’impact de nos modes de vie polluant sur l’environnement. On se rend compte qu’il suffit quelque fois d’aborder notre quotidien avec un angle différent, et ce, sans que cela nécessite de notre part un effort important, pour vivre plus intelligemment et s’inscrire dans une démarche d’économie responsable. Depuis 2010, Opisto, éditeur logiciel et de solutions e-commerce, est monté dans le train des pièces d’occasion automobiles. Laurent Assis Arantes, co-fondateur d’Opisto, fait le point sur une filière qui a le vent en poupe pour sensibiliser les consommateurs sur une autre façon de réparer leur véhicule. La démocratisation des PRE -pièces de réemploi- s’inscrit dans une économie circulaire en passe de devenir la norme en France et en Europe.

 


Comment se porte le marché du recyclage automobile en France ?

Je dirais fort bien et durablement car le marché est en croissance constante. Les préfectures traitent environ 1,5 million de VHU – véhicules hors d’usage- par an, répartis dans les 1 700 centres de recyclage agréés appelés CVHU.

Aujourd’hui, nous sommes capables de recycler plus de 95% d’un véhicule. La décomposition se fait en 3 étapes : la dépollution, l’expertise et le démontage des pièces, le tri des matières (plastique, métal, tissu). C’est après ces étapes que la carcasse est broyée. Le tri intervient également post broyage afin d’atteindre un taux de revalorisation plus important.  

Les PRE -pièces de réemploi- pèsent 5% du marché de la réparation suivant une courbe en constante évolution (de 2% en 2012, et de 4% à 5% à ce jour) sous l’impulsion de la réglementation (prime à la conversion, arrêté PIEC…) et de l’évolution raisonnée des comportements de consommation. A titre d’exemple, la PRE américaine, très prospère, représente plus de 20% du marché de la réparation. En France, le marché de la pièce d’occasion s’est métamorphosé et professionnalisé. La digitalisation de la PRE a permis de qualifier et quantifier l’offre. Elle a pris une dimension nationale, tant à destination des particuliers que des professionnels. Sur ce point, depuis 2019, un arrêté impose aux réparateurs de communiquer à leurs clients, via un affichage clair, leur capacité à proposer des pièces issues de l’économie circulaire, d’occasion ou refaites à neuf, pour réparer leur véhicule.

Opter pour des PRE peut générer jusqu’à 70% d’économie sur le prix d’une pièce neuve et participe à réduire les déchets issus de l’automobile en favorisant le recyclage.

Quelles sont les missions d’Opisto au sein de ce marché si porteur ?

Le rôle d’Opisto est de rapprocher l’offre et la demande en connectant tous les acteurs de cette économie circulaire. Nous accompagnons les CVHU dans l’informatisation de leur stock, grâce à notre solution logicielle, et développons les circuits de vente en ligne pour démocratiser l’accès à ces pièces à travers une offre nationale étendue, au service des réparateurs et des automobilistes.

Nos outils et services accompagnent les CVHU agréés (centres de véhicules hors d’usage) dans la mutation industrielle et digitale à tous les niveaux de leur activité.

A ce jour, nous avons constitué un stock mutualisé de 3 millions de pièces de réemploi, disponibles sur Opisto.pro, site dédié aux professionnels de la réparation et sur Opisto.fr, réservé aux particuliers.

L’automobiliste qui recherche une pièce de réemploi sur Opisto.fr peut effectuer une recherche par pièce et se faire livrer directement chez lui ou auprès de son réparateur.

 

Quelles sont les valeurs maîtresses d’Opisto ?

La première valeur est celle du partage dans le sens où Opisto se veut acteur d’une économie circulaire vertueuse en mutualisant l’offre de pièces de réemploi.

Nous sommes aussi dans une approche de transparence pour offrir de la visibilité à la filière, la valoriser et la promouvoir. Nous nous positionnons en tant que partenaire de nos clients, les centres de recyclage. Nous leur apportons des solutions innovantes pour améliorer leur quotidien, effectuer un travail de qualité et accroître leur rentabilité.

Opisto a la volonté de réhabiliter l’image de la casse automobile en professionnels de la pièce de réemploi avec une offre claire, qualitative, des garanties de traçabilité et de services. La transformation du marché est déjà bien engagée et Opisto fédère déjà 450 CVHU, soit 50% des centres en France. Près de 200 d’entre eux ont franchi le pas de la vente en ligne en intégrant nos marketplaces.

 

Quelle est votre vision de l’avenir ?

Nous croyons à la démocratisation de la pièce de réemploi et sa place sur certains marchés indique un fort potentiel de croissance. Les Français sont de plus en plus sensibles à la notion d’économie circulaire et à l’affût des bonnes pratiques écoresponsables, d’autant plus s’il allie écologie et économie. Rappelons qu’une PRE est environ 70% moins chère qu’une pièce neuve et que l’automobile occupe le 2e poste de dépense des ménages français.

L’évolution du marché est portée par le numérique, un contexte réglementaire incitatif, la demande du consommateur mais également par l’innovation automobile (l’hybride, l’électrique) qui va développer de nouvelles techniques de recyclage.

Dans ce contexte, Opisto poursuit le développement de ses outils informatiques et se tourne vers les marchés internationaux qui suivent la même tendance en faveur du recyclage et de l’économie circulaire.

 

La crise sanitaire de la Covid-19 a-t-elle impacté le secteur de la VHU ?

Bien entendu, nous avons subi un sacré coup de frein. L’activité des professionnels s’est arrêtée nette pendant le début du confinement mais les recycleurs ont vite réagi en se réorganisant et en privilégiant le e-commerce avec nos outils de distribution. Rapidement, nos stocks se sont reconstitués et les ventes ont repris avec un certain regain. La crise sanitaire n’a bien sûr pas épargné le secteur de la pièce d’occasion mais elle a également ouvert de nouvelles perspectives d’avenir. La prime à la casse mise en place après le confinement, a, par exemple, stimulé le stock de pièces avec l’augmentation des entrées des véhicules hors d’usage dans les centres.