Le marché obligataire suspendu à l’évolution des taux

Le marché obligataire est le lieu où les Etats, collectivités locales ou entreprises peuvent rencontrer des investisseurs en mesure de leur prêter des capitaux. Souscrire des obligations revient pour le créancier à consentir un prêt à un taux d’intérêt et sur une durée (10 ans, 20 ans…) fixés dès le départ. Le souscripteur reçoit une rémunération annuelle, appelée coupon, au taux d’intérêt prévu (fixe ou variable). Sauf faillite de l’émetteur, il récupère sa mise à l’échéance. Le rendement d’une obligation est donc composé de deux éléments : d’un côté, le coupon, et de l’autre l’évolution des titres. Un titre obligataire pouvant être revendu à tout moment sur les marchés. Or en 2020 aucun de ces deux leviers ne devrait fonctionner. Les coupons offerts par les émetteurs sont en effet proches de zéro et le potentiel d’appréciation des titres, qui dépend de l’évolution des taux d’intérêt, quasiment nul. En effet, après des décennies de baisse des taux, accentuée ces dernières années par les banques centrales, un plancher semble avoir été atteint.


 

Première option : les marchés obligataires internationaux

Les experts de DNCA tirent franchement les leçons de cette nouvelle donne. Selon eux, pour chercher de la performance à long terme sur ces marchés, les investisseurs peuvent désormais choisir entre deux options. La première stratégie consiste à se tourner vers les marchés internationaux, en se méfiant toutefois des risques de change. Les gestionnaires pensent en particulier aux Etats-Unis ou la Grande-Bretagne. Seconde alternative : les obligations indexées sur l’inflation qui permettraient de se protéger de la future remontée des taux. Ces stratégies sont aujourd’hui très peu chères car les anticipations d’inflation à court terme restent faibles, autour de 1 %. Or l’inflation devrait retrouver des couleurs d’ici vingt ou trente ans, sous l’influence de plusieurs facteurs structurants : le lent recul de la mondialisation, la montée en puissance dans l’économie des services, par nature peu délocalisables, ou encore la transition climatique, qui réclame de lourds investissements.

 

Seconde option : les marchés obligataires risqués

Le même environnement inspire une analyse différente aux gestionnaires d’Ostrum qui ne croient pas à une remontée, à court terme, des taux. Selon la société, l’action de la Banque centrale européenne (BCE), qui s’apprête à reprendre ses achats de titres, devrait en effet continuer de faire baisser les rendements. Malgré ce contexte, Ostrum incite les épargnants à ne pas délaisser les titres obligataires, qui peuvent offrir des performances, à condition bien sûr de cibler des obligations d’entreprises offrant une prime de risque additionnelle par rapport au rendement des titres sans risque. Les obligations d’entreprise à fort rendement dites « high yield », comportant un risque de défaut de paiement, peuvent aussi représenter des opportunités, avec des rentabilités de l’ordre de 3 %. Pour Ostrum, c’est une bonne allocation entre ces différents actifs qui permettrait de dégager un surcroît de rendement pour l’épargnant.

Pascal Gilbert, Gérant chez DNCA et Axel Botte, Stratégiste International chez Ostrum.

 

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Propos recueillis entre le 25 et le 29 novembre 2019.

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