La Chine est-elle devenue une valeur refuge ? 

En quelques années, la Chine s’est hissée au rang des marchés incontournables. Sur le plan des performances, la comparaison avec l’Europe apparaît même cruelle. Depuis 2015, le marché européen affiche une progression annualisée de 3 %, contre 13,8 % pour le marché chinois. Paradoxalement, cet essor a été confirmé par la crise sanitaire, pourtant née à Wuhan. Dans la tourmente mondiale, la Chine, capable de cantonner l’épidémie en quelques mois, s’est muée en valeur refuge. Au pire de la crise, en février, mars, les valeurs chinoises n’ont plongé que de 20 %. Et à fin novembre, le rebond du marché chinois (+29 %) se comparait sans rougir avec celui du Nasdaq (+33 %). Sur la même période, les valeurs européennes affichaient un morose -5 %.

Dans les épisodes de forte volatilité mondiale, les émergents ont tendance à dévisser. Ainsi lors de crise de 2008, les marchés chinois s’étaient effondrés de 67 % alors même qu’ils étaient peu exposés aux « subprime ». La stabilité de la Chine cette année démontre que le pays a changé de catégorie, notent les gérants de Natixis IM Solutions. En termes de perspectives d’investissement, la Chine et les Etats-Unis leur semblent désormais presque faire jeu égal. 

Cette conviction est partagée chez DNCA. Avec 6 % de la capitalisation mondiale, la Chine se positionne déjà à la troisième place sur le podium des plus grandes capitalisations, derrière les Etats-Unis (55%), et le Japon (7 %). Le poids chinois devrait toutefois rapidement croître. D’abord car à fin 2020 seulement 20 % des actions domestiques chinoises étaient prises en compte dans les indices mondiaux. Les 80 % restant seront intégrés au fil des prochaines années. Les introductions en Bourse, régulièrement supérieures à 50 milliards de dollars, participent aussi au développement du marché. 

En Asie, quels secteurs seront porteurs en 2021 ? 

Parmi les titres favoris de DNCA, se retrouvent sans surprise les champions de la tech. La croissance exponentielle de la tech chinoise s’appuie sur la loi des nombres, avec des applications qui séduisent d’emblée 800 millions d’utilisateurs, mais aussi sur la permissivité chinoise quant à l’exploitation des données personnelles. 

Afin de profiter de l’impressionnante montée en puissance de la classe moyenne chinoise, les gérants recommandent encore d’acquérir des valeurs liées aux nouvelles consommations, dans le domaine de la mode ou du sport, par exemple. DNCA conseille encore de jouer sur les axes tracés par le dernier plan quinquennal du pays, « Dual Circulation », qui vise à la fois, à l’exportation, une montée en gamme et une réduction, côté importations, de la dépendance du pays aux puissances étrangères. Cette volonté devrait se traduire par la ré-internalisation de chaînes logistique, notamment des semi-conducteurs ou des smartphones. Avec à la clé, la constitution de nouveaux groupes qui pourraient rapidement devenir des leaders mondiaux. 

 

Retrouvez toutes les perspectives sur le site « Placements financiers : Quelles opportunités en 2021 ? ».

Propos recueillis entre le 25 et le 27 novembre 2020.

Les perspectives mentionnées sur ce site sont susceptibles d’évolution et ne constituent pas un engagement ou une garantie de la part de Natixis Investment Managers International.

Les analyses et les opinions mentionnées représentent le point de vue de l’auteur. Elles ont été émises entre le 25 et le 27 novembre 2020 et sont susceptibles d’évoluer. Elles ne sauraient être interprétées comme possédant une quelconque valeur contractuelle.