Depuis la crise financière de 2008, l’inflation est aux abonnés absents dans les pays occidentaux. D’une année sur l’autre, les prix ne progressent presque plus. La pandémie avec son halo de mesures restrictives pesant sur l’économie a encore renforcé cette tendance. Ainsi, en France, entre octobre 2019 et octobre 2020, l’inflation a été parfaitement nulle. Aux Etats-Unis, elle s’établissait sur la même période à un très modéré 1,2 %.

Y a-t-il un risque de retour de l’inflation en 2021 ? 

2021 devrait toutefois marquer une rupture, avance Ostrum. Ses gérants tablent sur une lente remontée de l’indice d’inflation pour un faisceau de raisons politiques, techniques et sanitaires. Le rebond restera toutefois mesuré car les facteurs de long terme qui poussaient jusqu’ici les prix à la baisse, comme la mondialisation ou le vieillissement démographique, n’ont pas disparu. Mais ces forces déflationnistes seront contrées par les généreuses politiques budgétaires de relance, que les gouvernements en Europe comme aux Etats-Unis comptent bien prolonger. Elles finiront par se traduire en surcroît de consommation. 2021 bénéficiera aussi mécaniquement d’un effet de base favorable. En raison du premier confinement et de la baisse des cours de pétrole, les prix avaient en effet atteint un point bas au printemps 2020. 

Le rôle du secteur des ‘services’ dans le retour de l’inflation

Les services, qui devraient enfin retrouver leurs clients en 2021 après une année difficile, pèseront également dans la balance. Or les services présentent un profil structurellement plus inflationniste que le reste de l’économie. Tout dépendra en fait de la saison estivale. Si un vaccin est disponible à temps, les loisirs et le tourisme retrouveront à ce moment-là la capacité d’augmenter leur prix, sans affecter leur demande. Le quatrième relais de l’inflation viendrait du secteur de l’habillement. La montée en puissance du commerce en ligne, qui réduit les coûts de distribution, a été ces dernières années un important moteur déflationniste dans les pays occidentaux. Après ces mois de restriction, Ostrum table sur un retour de balancier, avec un rebond de la distribution physique, qui pousserait les prix à la hausse. 

Comment profiter de cette évolution de l’inflation ?

Pour profiter de cette remontée attendue des prix, les épargnants pourraient acquérir des obligations indexées sur l’inflation, comme les titres de dette souveraine française, les OATi. En effet, le capital de ces obligations, remboursé à l’échéance, est indexé sur l’inflation. Leur coupon est versé annuellement, il est calculé sur le capital au moment du détachement, le tout majoré de l’indexation. Au-delà de ces titres spécifiques, Ostrum mise en 2021 sur une bonne valorisation des actifs risqués. A contrario, la société ne joue pas des titres à la baisse dans l’attente du réveil de l’inflation. Le mouvement ne devrait en effet pénaliser aucune catégorie d’actifs en particulier. Théoriquement une augmentation des taux longs des obligations d’Etat serait attendue mais cette valorisation sera contrée par les interventions des banques centrales, qui, sauf revirement inattendu, maintiendront en 2021 leurs politiques expansionnistes. 

Retrouvez toutes les perspectives sur le site « Placements financiers : Quelles opportunités en 2021 ? ».

Propos recueillis entre le 25 et le 27 novembre 2020.

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