Une fois encore, Waymo obtient les meilleures statistiques d’autonomie sur leurs gammes de véhicules autonomes. Les tests effectués en Californie sont plus que concluants, cependant la concurrence est rude. En 2019, Cruise, soutenu par General Motors, avait d’ores et déjà obtenu de très bons résultats. Somme toute, ces statistiques ne sont pas définitives, mais elles sont encourageantes pour le futur du véhicule autonome.

Les véhicules autonomes de Waymo ont parcouru un total cumulé de plus de 160 millions de km sur les routes californiennes au cours de l’année 2019. Les rapports montrent que les « interruptions » — lorsqu’un humain a dû prendre le volant — ne se sont produites qu’une fois tous les 21 273 km. En 2018 les interruptions se produisaient une fois tous les 17 730 km. Quant à Cruise, ils déclarent que leur flotte de véhicule autonome a parcouru 1 337 430 de km l’an dernier, pour une moyenne d’une interruption tous les 19 667 km.


Cependant, au cours de la deuxième moitié de l’année, les interruptions des véhicules autonomes de Cruise ont atteint un taux d’interruptions d’une fois tous les 32 363 km ce qui reviendrait à conduire de San Francisco à New York sept fois. Tandis que l’entreprise chinoise Baidu, l’un des géants sur le marché, dit que sa flotte de quatre véhicules de la Silicon Valley a parcouru 174 291  km en Californie l’an dernier avec seulement six interruptions, pour une moyenne d’une tous les 29 048 km. Un total de 60 entreprises de véhicules autonomes sont recensées par le rapport 2019 du Département des Véhicules motorisés californien. Waymo et Cruise représentent à eux seuls 79 % des 2,88 millions de miles tests parcourus par la totalité de ces véhicules.

Pour éviter la corrélation des chiffres entre les entreprises, seules les statistiques d’interruptions sont disponibles au public et leur utilisation est limitée à l’analyse. C’est d’après ces données que les programmes les plus importants sur le marché prouvent que cette technologie fait un pas en avant vers la commercialisation. 

« C’est comme les commentaires Yelp d’un restaurant : les informations peuvent être utiles, mais elles ne sont pas définitives », explique Mike Ramsey, directeur de Gartner. « Il est clair que Cruise fait beaucoup d’efforts pour s’améliorer, sachant qu’ils testent leurs véhicules dans un environnement complexe. »

En termes de zone de test, Waymo jongle entre la Silicon Valley, les quartiers de Bay Area ou de San Francisco, tandis que Cruise est restreinte à l’affluence de la ville de San Francisco. En juillet dernier, Dan Ammann le PDG de Cruise avait expliqué qu’il ne pensait pas pouvoir commercialiser leur service d’ici fin 2019, mais qu’il comptait doubler leurs tests, ce qu’il a fait. En janvier, Cruise a lancé the Origin, une capsule électrique sans pédales ni volant, qui servirait de véhicule taxi. Par ailleurs, l’entreprise a obtenu un permis pour lancer un service de véhicule autonome en Californie, même s’ils ne peuvent pas encore être payés par les clients. 

Sur le marché on trouve aussi Tesla. A l’aube de lancer son réseau commercial de véhicule autonome, l’entreprise a déclaré : « en avril nous avons lancé un véhicule autonome pour enregistrer un circuit démo de 19,6 km autour du siège de Tesla à Palo Alto. Le circuit contenait aussi bien des quartiers résidentiels que des autoroutes. Nous n’avons pas enregistré d’interruptions, c’est pourquoi nous n’avons pas de rapport d’interruptions à fournir pour 2019. » On trouve aussi Apple, qui effectue des tests pour des véhicules autonomes en Californie pendant quelques années et qui a enregistré 12 140 km parcourus l’an dernier et 64 interruptions, une tous les 189 km. Mais aussi Zoox, une start-up qui veut concurrencer Waymo et Cruise et qui a enregistré 107 826 km de conduite autonome dans la ville de San Francisco l‘an dernier. Avec une interruption tous les 2 575 km. 

« La mesure d’interruptions ne permet pas de distinguer les performances de Waymo ou Cruise ni de les différencier des autres véhicules autonomes du marché. » D’après l’entreprise californienne The Mountain View, les données d’interruptions « ont longtemps été considérées comme le seul et unique rapport d’informations pour les voitures autonomes. Mais comme nous l’avons déjà dit, ne se fier qu’à ce genre de statistiques peut mener à l’erreur “, explique Chris Urmson PDG de la compagnie de voiture autonome Aurora. « Les différentes équipes que j’ai dirigées au cours des 17 dernières années ont toutes fait leurs preuves. Mais bien que les résultats des tests soient impressionnants, c’est l’expérience qui me permet de savoir quelles approches nous mèneront au progrès et lesquelles ne sont que des mirages. »

Dans le cas d’Aurora, l’entreprise dit se concentrer sur les tests virtuels, en utilisant des simulations par ordinateurs plus complexes que des scénarios réels. Aujourd’hui ils en sont à 735 000 tests virtuels par jour, 100 fois plus qu’il y a ans. 

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