À l’heure de la Blockchain et de la domotique ultra-connectée, il semble essentiel de ne pas manquer les différents trains technologiques du moment. Oui, le monde change et l’accélération de ces profondes avancées ne fait que commencer ! Les vêtements intelligents, avenir de la mode 2.0 ?

En cette période de fin d’année où les cadeaux les plus offerts sont les produits technologiques et les vêtements, il apparaît pertinent d’aborder le sujet des vêtements intelligents. Véritable serpent de mer depuis plusieurs années (décennies ?), le bon moment semble enfin arrivé pour que ce marché si particulier puisse se développer. Chronique d’un succès annoncé.


Vêtements intelligents, tissus intelligents et wearables

Cela est un secret de polichinelle : tous les grands acteurs du numérique ont mis en place une équipe de travail dédiée aux vêtements intelligents. Le marché est tellement colossal (40 milliards d’euros rien qu’en France et 1200 milliards d’euros dans le monde) que les budgets R&D sont de plus en plus conséquents. De récentes études évoquent un marché en croissance exponentielle lors des 4 années à venir (marché de 1,5 milliard d’euros en 2021). Enjeu majeur de l’Internet des Objets, le fameux IoT, le marché du «smart textile» est apprécié par les entrepreneurs hexagonaux.

Toutefois, rappelons que ces vêtements sont avant tout conçus pour récupérer des données. Après le smartphone et la smartwatch, quoi de plus naturel que de voir fleurir dans nos rayons des smartclothes. À ce jour, le monde du sport est le premier concerné puisque ces vêtements sont capables d’analyser les foulées, d’enregistrer votre fréquence cardiaque, ou encore de prendre la température corporelle au cours de l’effort. Même des marques comme Ralph Lauren (PoloTech) et Levi’s (avec l’appui de Google) ont développé une gamme grâce à des vêtements en fibres d’argent. À noter que ces données sont ensuite envoyées vers une application dédiée dont l’analyse permettra aux sportifs d’améliorer leur entraînement.

Pour aller plus loin, soulignons qu’une nouvelle gamme de vêtements intelligents est en train de voir le jour. En effet, le suivi des données est un plus, mais la personnalisation est un must. Depuis quelques mois, Google (encore lui !) collabore avec H&M pour permettre à leurs clients de s’habiller, notamment, en fonction du temps, des déplacements (géolocalisation) et de leurs habitudes vestimentaires.

En soi, l’application sera capable de proposer un total look à l’utilisateur… de quoi éviter de passer des heures devant sa garde-robe ! Dans un autre registre, et pour être le plus complet possible, il y a même des gammes de psychotextiles dont l’objectif est d’agir sur l’humeur via une puce électro-chimique (amateurs de la série Black Mirror bonjour !)… sans oublier les vêtements composés de mini-panneaux solaires permettant, par exemple, de recharger son téléphone portable !

Et la sécurité, on en parle ?

Comme toute nouvelle technologie, et au même titre que le Bitcoin, la régulation se fait attendre. Alors que les marchés des jouets et de l’électroménager sont très encadrés, celui de l’industrie textile jouit toujours d’une certaine souplesse.

Pourtant, les vêtements connectés n’ont rien de «classique», les enjeux ont attrait à la sécurité, à la fonctionnalité (quid de l’utilité réelle des produits vendus ?) et à la durabilité (quid de l’usure des fibres métalliques ?). Ces wearables seront en contact direct avec la peau et les nouvelles fibres textiles créées doivent être approuvées via des procédures parfaitement délimitées.

Un véritable travail de fond est à réaliser par des acteurs connus dans le domaine de la sécurité et de la qualité (article pertinent sur le sujet par Worms Safety). Leur tâche ne sera pas aisée, car, face à l’engouement général (côté consommateur), et, compte tenu les parts de marché à glaner (côté entreprise), il faudra avant tout assurer la sécurité des acheteurs (…et de leurs données). Le recul actuel ne permet aucunement d’être certain de l’absence d’impact des vêtements intelligents sur notre peau, voire sur notre cerveau.

Au même titre que la Blockchain, ces sujets ne sont plus du domaine de la science-fiction… mais bien une réalité proche d’envahir «nos quotidiens» !