Alors que le Bitcoin connaît une poussée «populaire» depuis quelques semaines grâce à sa récente (sur) médiatisation, il ne faudrait pas perdre de vue le fait que la réelle révolution est bien celle liée à la blockchain.

Qu’une monnaie numérique (le Bitcoin est d’ailleurs plutôt un étalon-or qu’une monnaie) se détache du lot est une première étape indispensable, mais les changements structurels proviendront de projets ayant un impact direct (et réel) dans la vie de «Madame Michu». En ce sens, la blockchain a une valeur ajoutée, encore trop insoupçonnée, concernant les produits bancaires et le monde des assurances.


Banques versus blockchain, entre craintes et changement de dimension

En quelques mots, l’un des principes de base de la blockchain concerne sa décentralisation (et son inviolabilité). Dans cette optique, le modèle bancaire ultra-centralisé n’aurait plus lieu d’être (en tout cas sous la forme actuelle). À ce titre, la disparition d’un tel tiers de confiance va directement réduire le nombre d’intermédiaires. In fine, selon Capgemini, ce changement structurel permettrait aux clients des banques d’économiser environ 420 euros par an de frais «divers».

Que ce soit pour les frais de gestion «habituels» (et toujours peu compréhensibles…), des frais liés à des demandes de crédit ou regroupement de crédits, ou encore des frais liés à des incidents bancaires, la donne a clairement changé. Ces «contrats intelligents» accélèrent significativement le processus de documentation, de vérification (KYC notamment) et de validation. Concrètement, le temps nécessaire pourrait être divisé par 2, voire par 4 dans un futur (très) proche.

Cette économie substantielle est notamment liée à l’automatisation des «smart contracts» et des procédures d’authentifications (processus plus court = frais moins élevés). L’auditeur a d’ailleurs indiqué que ces changements auront un impact « significatif » sur la «vie» des clients finaux, de quoi stresser les clients qui ont encore du mal à se connecter à leur compte bancaire en ligne!

Il n’est donc pas étonnant que toutes les plus grandes banques (dont la BNP Paribas) testent actuellement de nouveaux produits liés à la blockchain (proposés à partir de l’été 2019 ?).

Assurances versus blockchain, le grand chambardement

Clairement, c’est bien le monde de l’assurance qui va connaître un véritable tremblement de terre (les premières secousses ont déjà lieu). En effet, la puissance des contrats intelligents cités plus haut rend l’entièreté du processus plus transparent et la fraude à l’assurance est désormais impossible.

Récemment, Axa a mis en place une assurance «retard de vol» spécifique. Tout est calibré sur la blockchain et, seul l’oracle, à savoir un outil centralisant tous les horaires officiels d’atterrissage des vols, est «off-blockchain». Le processus d’indemnisation n’est plus le chemin de croix d’antan puisque tout est automatique (la phase déclarative disparaît à 95%), un réel plus pour le passager ayant déjà subi le désagrément d’un vol plus long que prévu.

Soyons honnêtes, la blockchain est une source exceptionnelle d’économies pour les assureurs : les coûts transactionnels diminuent et la fiabilité augmente. Plus largement, les applications potentielles sont presque illimitées : assurance «sécheresse» dédiée aux agriculteurs, assurance «dégâts des eaux» dédiée aux particuliers (via des capteurs), assurance décès ou hospitalisation,…Espérons que le prix payé par les assurés va également diminuer! À noter que dans ce nouveau paradigme, même la Caisse des Dépôts, pourtant jugée rigide, a lancé des tests grandeur nature…. C’est dire!

Bien entendu, au-delà de l’adaptation (obligatoire pour leur survie) des acteurs historiques, de nouveaux entrants tirent leur épingle du jeu. C’est notamment le cas de iXLedger («anciennement» Insurex) dont l’ICO estivale avait connu un vif engouement. De véritables «game changer» voient le jour, et, espérons que l’utilisateur final en sera le grand gagnant, car, ne l’oublions pas, la vision «philosophique» de la blockchain est de dé-cen-tra-li-ser pour mieux «servir»!