Vahana, le véhicule électrique autonome volant en cours de développement par la filiale de capital-risque d’Airbus dans la Silicon Valley, a officiellement décollé. Mercredi dernier, le nouvel aéronef, croisement entre une voiture volante et un drone de course, s’est envolé pour la première fois durant 53 secondes à Pendleton, le site d’essai de l’entreprise dans l’Oregon, démontrant ainsi les chances de réussite du projet.

Vahana voudrait faire de cette technologie le premier appareil volant autonome certifié pouvant transporter des passagers. Il pourrait ainsi permettre à une personne ou à des marchandises d’être acheminées en tout autonomie en passant par des points de contrôle ou un itinéraire prédéterminé, tout comme le métro transporte des usagers entre des stations fixes.  

Mais Airbus Ventures doit faire face à une forte concurrence. Deux ans auparavant, Ehang a lancé son concept 184 pour produire un appareil similaire et Volocopter, associé à Intel, a de son côté commencé les vols d’essai. Ces dernières années, grâce à l’expansion de la recherche et développement en matière de multicoptères, le phénomène du Do It Yourself (faites-le vous-même) a pris de l’ampleur. Par exemple, en décembre dernier, un groupe de constructeurs allemands a fixé un moteur et des hélices sur une baignoire et l’a fait voler au-dessus d’un champ. D’autres groupes de passionnés arrivent à créer des appareils similaires à l’aide de contrôleurs de vol assez simples et de plusieurs moteurs. De son côté, Vahana est soutenu par Airbus et sa filiale de capital-risque dans la Silicon Valley. Bien qu’il soit encore trop tôt pour mesurer la performance de l’appareil, le gros avantage de Vahana par rapport à la concurrence est sa portée augmentée grâce à la poussée générée par la rotation du moteur. En revanche, le 2X de Volocopter peut effectuer des vols de 30 minutes grâce à ses moteurs électriques. La portée au sein des zones de réglementation peut devenir un avantage concurrentiel pour les services de taxi volant. Jusqu’à maintenant, seul Dubaï a approuvé la mise en place de tels services. Afin d’étendre l’utilisation des ces appareils, il est nécessaire de travailler en étroite collaboration avec les organes régulateurs comme la FAA (Federal Aviation Administration) ou la DAC (Direction de l’aviation civile).

De toute manière, Vahana a encore un peu de temps pour répondre à ces questions. Selon sa documentation, l’entreprise espère pouvoir commencer la production d’ici 2020.