La période est très faste pour les avionneurs en ce moment. Tous les signaux sont au vert pour les années à venir et la publication des résultats de Boeing confirme la suite de la lutte avec Airbus. Ce dernier se démarque avec l’arrivée d’un nouveau modèle sur le marché.

Boeing a affiché un chiffre d’affaires pour le quatrième trimestre de 25 milliards de dollars (US) et 93,4 milliards de dollars (US) pour l’année complète. Globalement les chiffres sont plutôt bons sur les différents segments d’activité du constructeur américain : la construction d’avions de ligne, la défense et « les services » ont dépassé les attentes des analystes mais aussi les prévisions établies par l’entreprise elle-même.

Bénéfice record 

Les marges sont stables à plus de 11% et les bénéfices d’exploitation atteignent 10,28 milliards de dollars (US) en hausse de 76%, le bénéfice net s’établit à 8,2 milliards de dollars (US) en hausse de 67%. L’année a été excellente en termes de vente d’avions civils qui ont atteint un niveau record. Les baisses d’impôt de Donald Trump ont aussi aidé l’entreprise avec un bonus de 1 milliards de dollars (US).

Boeing avait mis en œuvre un plan de restructuration portant ses fruits. D’après la direction, il devrait permettre une accélération supplémentaire en 2018. La souplesse de l’outil de production de Boeing lui a toujours permis d’ajuster sa capacité de production à la demande mondiale pour les avions civils. Les résultats de la branche militaire restent un peu décevants. La branche service, qui traite l’ensemble des activités de maintenance et d’après-vente, connaît un fort développement mais le chiffre d’affaires de cette branche a encore une contribution modérée pour l’ensemble du groupe.

Airbus remonte la pente 

Le jour de l’annonce des résultats de Boeing, Airbus a réussi son premier vol de l’A321-LR. Il s’agit d’un avion qui présente le double avantage d’être efficace sur le plan économique comme un avion moyen-courrier mais dispose des capacités opérationnelles d’un avion long-courrier. Cela offre des débouchés immenses pour les liaisons longues distances comme Paris-New-York , Sydney –Singapour ou Pékin –Dubaï. Les compagnies low-cost ont d’ores et déjà montré un intérêt fort pour cet avion qui offre de nombreuses perspectives commerciales.

Sur ce segment, Airbus marquera incontestablement des points avec l’A321-LR. L’avion n’a pas vraiment de concurrent dans la gamme Boeing : le 757 est désormais bien vieux et le concurrent direct de l’A321-LR est encore dans les bureaux d’études de Boeing. Airbus va pouvoir être seul sur le créneau pendant plusieurs années.
La tendance récente était défavorable à Airbus pour une raison essentielle : la capacité à générer du cash-flow a pendant plusieurs années été nettement supérieure pour Boeing. Durant les années précédentes, Airbus a investi (en particulier pour construire l’A321-LR), les résultats s’en sont ressentis. Le bonus fiscal et la prime, accordé par les investisseurs aux valeurs américaines, Boeing en tête, ont permis à Boeing de largement surperformé.

En 2018, la tendance devrait s’inverser, si l’Euro reste dans les niveaux actuels. Airbus devrait désormais surperformer Boeing, car l’entreprise bénéficie désormais de ses investissements passés. La direction d’Airbus a clairement laissé entendre qu’elle investirait moins à court-terme pour générer de nouveau du cash-flow.
Il semble néanmoins qu’espérer qu’Airbus rattrape complètement le retard accumulé face à Boeing soit trop ambitieux à court-moyen terme.
Conclusion : pour 2018, préférez Airbus à Boeing pour profiter de la dynamique commerciale du constructeur européen…pour la suite, il faudra voir comment Boeing réagit pour lancer un concurrent au A321-LR.