La société norvégienne reMarkable a développé sa deuxième génération de “cahier numérique” : une tablette conçue pour écrire – et seulement écrire. Malgré quelques défauts, l’expérience de rédaction est assez stupéfiante. 

Cet article a été écrit à la main sur une tablette, avec un stylet adapté. Grâce à un algorithme, l’écriture manuelle a été retranscrite en caractères d’imprimerie, au format PDF, puis copiée-collée dans le back office de Forbes France. Et n’a nécessité que très peu de corrections.

Quand l’auteur de ces lignes a découvert il y a trois mois l’existence de tablettes dédiées uniquement à la prise de notes, il était encore très dubitatif. Voyant revenir souvent le nom de reMarkable, il a contacté cette société basée à Oslo pour tester sa dernière production : la reMarkable 2. Malgré quelques bémols, le résultat est bluffant.

La reMarkable deuxième du nom est présentée comme la” tablette la plus fine du monde avec ses 4,7 mm d’épaisseur et son poids plume de 403,5g. L’objet, au dos métallique griffonné est très élégant – “l’unboxing” a de quoi faire pâlir tout autre bien de luxe.

Derrière l’écran de 10,3 pouces, tourne un processeur ARM bi-cœur (1872×1404 pixels de résolution)

Si vous aimez écrire sur du papier et que vous n’avez jamais été convaincu par les tablettes classiques avec des stylets à bout en caoutchouc, vous allez être très très surpris par cet objet. Grâce à un “marker” dédié, livré avec l’appareil, l’expérience d’écriture, est, on ose le dire, très proche de ce que l’on ressent avec un Bic et un cahier Clairefontaine. Voire meilleure.

Le grip de la surface associée à celui du “maker” rend l’écriture très agréable et naturelle. La technologie “d’encre virtuelle “est très efficace et performante. Le décalage entre le mouvement d’écriture et l’apparition du trait est infime – et en tout cas ne diminue en rien à l’expérience. La tablette est capable de reconnaitre 4096 niveaux de pression, ce qui rend l’apparition du texte extrêmement fidèle à ce que serait une écriture sur du vrai papier. L’absence de rétro-éclairage amplifie cette impression d’écrire sur un véritable bloc-note. Avec l’inconvénient de ne pas pouvoir travailler dans le noir donc….

Car cette tablette permet aussi de faire “liseuse”, soit sur des documents PDF, soit avec des e-books au format E-pub. Il est d’ailleurs possible – et c’est très pratique – de pourvoir annoter directement les PDF avec le stylet. Toutefois, la liseuse rame assez vite quand il s’agit de lourds documents PDF ou de livres imposants. Ce n’est pas sa force, mais c’est pratique. 

La reMarkable 2 s’impose comme un formidable outil de prise de note. En plus de son confort de rédaction, elle offre des dizaines de templates pour augmenter sa polyvalence  : ici des feuilles alignées avec différents intervalles, là des tableaux pour compléter son emploi du temps, ou dresser une liste de “choses à faire”, ou divers “templates” de quadrillages pour réaliser schémas, croquis et dessins ou encore concevoir des partitions de musique ou des tablatures de guitare .

A gauche de l’écran, une barre d’outils permet de sélectionner diverses formes et épaisseurs de “crayon”, de gommer ou de zoomer sur la feuille de travail. Un “swipe” avec le doigt depuis le côté droit vers la gauche permet de créer une nouvelle page dans le “folder” utilisé. Le geste inverse vous fait revenir sur la page précédente.

Depuis le menu principal, libre à vous d’organiser comme bon vous semble vos différents feuillets dans divers dossiers. Si la seule gamme de couleurs utilisées qui va du noir au blanc en passant par le gris favorisent une bonne expérience d’écriture – et de lecture -, un panel de couleurs plus variées n’aurait pas été du luxe pour mieux se retrouver dans ses menus surtout quand les dossiers se multiplient.

Avec sa connexion wi-fi, la reMarkable permet de partager ses prises de note par envoi de mail au format PDF. Une application, téléchargeable sur ordinateur et smartphone, permet d’accéder à vos notes de partout, grâce à une synchronisation dans le Cloud. Dans la limite de 8GB de stockage, comme la tablette. Ce qui est peu. D’autant que la remarkable me supporte pas de carte SD supplémentaire.

Une des grandes forces de la reMarkable est la possibilité de convertir vos notes manuscrites en documents PDF tapuscrits. S’il faut que votre texte soit écrit relativement lisiblement, la grande praticité de cette fonctionnalité est à relever. Ainsi que son haut degré de performance.

Bref, si vous écrivez beaucoup, que ce soit pour votre travail et eu comme outil de réflexion personnelle, la reMarkable 2 sera un excellent compagnon. Elle vous évitera en outre d’accumuler les carnets papiers. Et vous permettra de vous décoincer, si comme moi, vous avez peur de noircir de votre vilaine écriture les très beaux carnets – Moleskine et autres – que vos proches vous ont offert. Son design élégant et délicat, associé au mélodique froufrou du stylet-stylo qui glisse sur sa surface rendent cette expérience éminemment satisfaisante.

Son prix élevé (399 euros) pourra refroidir les plus petits portemonnaies. Au pire, il est possible de la retourner gratuitant sous 30 jours.

La reMarkable a été testée par l’auteur de ces lignes pendant deux mois, aussi bien comme “carnet de bord” personnel, que comme carnet de note lors d’entretiens. Avec sa batterie qui dure près de deux semaines, et malgré quelques bémols (absence de rétro-éclairage, stockage limité, problème de réactivité dans la navigation entre les pages, la reMarkable 2 est un sublime objet de technologie qui offre une expérience d’écriture ravissante. En attendant au moins la possibilité de rajouter une carte SD pour sa prochaine mouture.

<<< À lire également : Reverso : Le pionnier de la traduction en ligne revient en force avec de nouvelles fonctionnalités >>>