Les fintechs, assurtechs et autres regtechs attirent de plus en plus les projecteurs : médias, investisseurs et clients s’intéressent à un domaine d’activité qui appréhende la finance autrement. Alors que les levées de fonds dans cette filière ont atteint des sommets en 2018 avec 365 millions d’euros levés en France et 57,9 milliards de dollars sur la première moitié 2018 dans le monde, quelles seront les tendances structurantes en 2019 ?

 

Le début de l’année est généralement un bon moment pour regarder dans le rétroviseur et chercher à anticiper les tendances à venir. Depuis 5 ans, le secteur financier se transforme profondément. Le secteur de la fintech au sens large s’est imposé comme un élément majeur de cette disruption. Ce qui distingue les fintechs, assurtechs et autres regtechs des acteurs traditionnels de la banque, finance, assurance, repose avant tout sur une combinaison de connaissance métier et de maîtrise d’une ou plusieurs technologies particulières.
Alors que Paris s’apprête à accueillir à la fin du mois de janvier les fleurons de ce secteur lors du Paris Fintech Forum, il est possible de dresser l’inventaire des tendances qui devraient marquer l’année 2019 :

Les écosystèmes et les plateformes seront incontournables

Les écosystèmes s’imposent progressivement dans la distribution de produits financiers. Ce phénomène initié par l’assureur ZhongAN en Chine en 2013 s’est matérialisé par la distribution en masse d’assurances auprès d’Alibaba. Depuis cette date, la plupart des grands acteurs du secteur financier ont initié des travaux pour mettre en place des écosystèmes équivalents. Les banques et assureurs devraient continuer à bâtir des alliances et des réseaux diversifiés pour concevoir et distribuer de nouvelles solutions financières. Les fintechs seront donc amenées à coopérer avec les acteurs en place. La transformation du secteur reposera sur un modèle partenarial de co-innovation.

L’intelligence artificielle passera aux travaux pratiques

Au-delà des annonces révolutionnaires ou apocalyptiques, l’intelligence artificielle commencera (enfin) à être utilisée de manière opérationnelle pour le business.
En effet, l’intelligence artificielle peut être utilisée afin d’améliorer les parcours client sur la gestion des sinistres, la distribution, la souscription, la tarification des produits financiers. Des sociétés technologiques proposent aujourd’hui par exemples des chatbots basés sur le traitement automatique du langage naturel et des algorithmes de machine learning permettant d’optimiser le coût de traitement d’opérations basiques (répondre à n’importe quelle heure de la nuit à une réclamation client par exemple).

Les produits et services seront plus simples et plus utiles

Les nouveaux entrants souhaitent apporter plus de transparence dans les produits et les couvertures. Cette démarche est affichée et revendiquée par des acteurs tels que Lemonade. Souscrire le bon produit financier ou la bonne assurance au bon moment. Ne payer que pour le service consommé. Autant d’attentes des consommateurs que les fintechs continueront de vouloir satisfaire en 2019 sur le modèle des Netflix ou autres Spotify.

Les fintechs devront s’adapter pour satisfaire aux exigences réglementaires

Les start-up sont des sociétés innovantes cherchant à révolutionner un secteur. Pour autant le secteur financier est très régulé. Les fintechs, au-delà des environnements sandboxes, doivent se conformer aux nouvelles règles en vigueur. La protection des données personnelles est notamment un des enjeux majeurs pour de petites structures souvent démunies de conseils juridiques ou de fonctions conformité. Les fintechs devront faire preuve d’exemplarité sur ces sujets et cela représentera un coût non négligeable ainsi qu’un choc culturel à ne pas négliger pour certains acteurs.

Seules les meilleures fintechs survivront

2019 verra émerger plus de fintechs en séries A ou B. Les investissements se concentreront sur ce qu’il est convenu d’appeler des scale-up au détriment des sociétés en early-stage. Cette rationalisation est logique car le secteur nécessite des investissements importants et du temps pour construire des sociétés à succès. Plusieurs centaines de fonds sont aujourd’hui actifs dans ce domaine et la tendance est à la concentration des investissements sur les sociétés à fort potentiel démontrant une traction réelle. Les enjeux pour les fintechs seront de sortir de leurs zones géographiques afin de devenir des acteurs réellement globaux et profitables.

Les fintechs devront mieux expliquer leurs visions

Si les levées de fonds sont importantes, les fintechs oublient trop souvent de communiquer et d’expliquer pourquoi elles existent. Simplifier la vie des consommateurs, mieux les accompagner au quotidien, rendre des services plus accessibles au plus grand nombre sont des missions au cœur de l’ADN des fintechs. Ces dernières doivent être fières de ce qu’elles représentent en véhiculant un message et une image positive du secteur financier.