L’objectif premier d’une innovation, comme l’intelligence artificielle, est toujours d’augmenter certains de nos attributs. Donner des supers-pouvoirs à nos différentes capacités. Pourquoi ? 

 


La volonté de toujours s’adapter à un environnement potentiellement hostile. Des hiéroglyphes au livre : une extension de notre mémoire. De la loupe à aux lunettes augmentées : une extension de notre vision. De la selle pour cheval à l’avion : une extension de notre capacité à transporter et voyager. Du marteau à la grue : une extension de notre force. De la machine à écrire au clavier : une augmentation de notre capacité à écrire. Du pigeon voyageur à l’email en passant par whatsapp : une extension de notre communication. De la machine à calculer à excel : l’extension de notre capacité de calcul. De l’ordinateur au téléphone : une extension de notre capacité de stockage et de traitement de l’information en même temps.

Puis internet : la capitalisation ultime de l’information créée en combinant par un lien virtuel (réseau) les extensions individuelles de chaque ordinateur : une augmentation radicale de notre capacité de stockage, de traitement mais aussi de transmission de l’information.

 

Si on suit l’évolution de ces innovations, on remarque des tendances intéressantes :

Une innovation a toujours pour objectif d’étendre la capacité de l’attribut et d’en améliorer l’efficacité (souvent en améliorant la rapidité). Bien entendu, toute innovation entraîne ensuite une peur de l’automatisation, une destruction créatrice d’emplois (d’après Schumpeter) et un besoin de formation pour de nouvelles compétences encore plus techniques.

 

Alors pourquoi créer l’intelligence artificielle ? 

C’est l’extension finale. L’extension de ce qui nous permet de construire une innovation en premier lieu. un fractale d’innovation : l’extension de notre intelligence même. Imaginez pouvoir effectuer toutes les tâches cognitives de façon plus efficace. En terme de productivité, c’est le Graal. L’ambivalence avec l’innovation, c’est que le progrès modifie et complexifie l’environnement, qui nous oblige à trouver de nouvelles innovations pour nous protéger encore mieux.

 

Comment ?

En innovant ! On crée une pyramide de Ponzi du progrès. La création de l’épée a entraîné celle du bouclier. La création d’internet a favorisé l’émergence de la cybersecurité. Fondamentalement, une innovation n’est pas mauvaise. C’est un vecteur, un outil. On peut faire bouger ce vecteur dans le sens que l’on veut avec la force et le poids associés. Alors, l’objectif n’est pas tant de chercher à freiner le progrès, mais d’orienter le progrès dans un sens positif. Comment ? En le régulant. Réguler ne signifie par freiner le progrès mais l’encadrer. L’encadrer pour que le sens du vecteur soit exactement parallèle à celui des valeurs humaines.

 

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