Tribune proposée par Cyril Zimmermann – serial entrepreneur de la scène Tech française et président de CityBird/Felix.

Le patron d’Uber le reconnaît lui-même : « La voiture n’est plus adaptée à la mobilité urbaine » –  Un bouleversement se dessine dans nos villes et il était temps ! Les services de transport ont de tout temps été créés pour simplifier la vie, mais voici qu’aujourd’hui ils rétrécissent notre horizon et nous rapatrient vers un rapport espace-temps moins ambitieux, celui du temps perdu à franchir les derniers kilomètres…


En tant qu’entrepreneur je me suis intéressé à ce sujet à partir de 2011 et j’ai parié sur le transport urbain à 2 roues, et plus particulièrement sur le segment des motos taxis. A la fois, parce que les véhicules à 2 roues me semblaient beaucoup plus adaptés au déplacement urbain que la voiture dans une majorité de cas, et parce que j’ai acquis au fil des années la conviction que le digital permettait avant tout une revitalisation de pratiques traditionnelles transitoirement abandonnées. Le fait de voir encore autant de motos à 2 passagers en Afrique ou en Asie quand en Europe nous avions abandonné cette pratique au profit de la voiture m’a rendu confiant sur l’avenir du transport à 2 roues avec chauffeur.

Force est de constater que les nouvelles offres de transport, et en particulier les offres de mobilité à 2 roues électriques (scooter et vélos électriques), investissent avec succès l’expérience utilisateur (ou UX ) pour redonner le goût des transports.   

Le changement majeur en termes d’expérience (UX) c’est évidemment le gain de temps et de sérénité. Grâce aux 2 roues électriques, vous pouvez par exemple vous déplacer à Paris sans perdre de temps dans les embouteillages et sans avoir la fatigue et la tension de la conduite en deux roues.  Respirez, vous circulez !

Une toute autre expérience comparée aux 2 roues thermiques car les véhicules électriques roulent sans vibration, sans odeur et sans bruit.

La mobilité à 2 roues électriques c’est aussi une nouvelle expérience en termes de tarifs. Grâce aux économies de carburant et d’équipement que les scooters électriques permettent de réaliser, les prix des trajets en moto taxi s’alignent sur les prix des VTC pour les déplacements intramuros et dans la « petite couronne ».

Enfin, la mobilité à 2 roues électriques c’est évidemment une démarche d’éco-responsabilité. Promouvoir un mode de transport « vert » dans les grandes agglomérations est une nécessité et une urgence. Par ailleurs le bénéfice en termes de qualité de l’air respirable est rapide pour tous et s’apparente là aussi à un impératif d’UX. 

Les innovations de la mobilité urbaine sont pour la plupart basées sur des innovations d’expérience utilisateur (UX) autorisée par les outils digitaux : la multiplication des  VTC a été rendue possible grâce à un nouveau support (mobile) et une nouvelle « UX » de réservation ;  le co-voiturage est une « UX » génialement modernisée du stop ;  le partage de véhicule est une « UX » ancienne dont l’échelle d’utilisation a changé grâce au digital ; les voitures, vélo ou scooter en free floating ne sont pas des nouveaux modes de transport mais une « UX » renouvelée permise par le numérique et liée à l’entrée des véhicules individuels dans la catégorie des « consommables à la demande ».  Le 2 roues électriques n’est pas un nouveau mode de transport non plus, mais il est le fruit d’un investissement dans une évidence : moyennant une bonne expérience utilisateur, les 2 roues permettent de gagner du temps et de la sérénité pour se déplacer dans les villes embouteillées. GoJek a rencontré un succès impressionnant en Asie du Sud-Est, il était temps que des offres émergent aux Etats-Unis et en Europe.