Les projets de Microsoft pour l’IA

L’adoption de l’intelligence artificielle (IA) dans les entreprises et dans la société est encouragée par les géants du numérique, qui sont à l’origine de ressources permettant de concevoir et de déployer des services au coût raisonnable et suffisamment simples pour un usage quotidien. Microsoft est l’un de ces géants, et il agit au premier plan. Cette année, les mots “intelligence artificielle” sont apparus pour la première fois dans l’énoncé des buts de l’entreprise, une façon de réaffirmer que les machines intelligentes et capables d’apprentissage sont considérées comme essentielles à tout ce que Microsoft entreprend.

Si le géant du numérique ne fait que commencer à en parler abondamment, cela fait pourtant un moment que Microsoft intègre des fonctionnalités intelligentes à ses produits et services. Les utilisateurs réguliers de Skype, d’Office 365, de Cortana et de Bing s’en sont probablement déjà aperçus.


Le machine learning, qui est ce à quoi la plupart des gens réfèrent en employant le terme “IA”, aide à générer des résultats cohérents pour des recherches, et donne à l’assistant virtuel Cortana la possibilité de s’améliorer et de devenir plus efficace au fil du temps. Sur Skype, cela permet aux chatbots (les agents conversationnels) d’être fonctionnels sur la plateforme de communication, et d’être utilisés pour le service client ou pour l’accès à des outils comme la météo ou l’information voyage.

Que ce soit pour sa suite professionnelle Office ou pour le service d’assistance Cortana, Microsoft a mis en place des fonctionnalités s’appuyant sur l’IA, conçues pour apporter une aide dans les tâches quotidiennes, en proposant par exemple la traduction en direct ou le discours enregistré.

Ce sont là de grands exemples de la façon dont l’IA spécialisée, créée pour réaliser une unique tâche et devenir au fur et à mesure excellente à cette tâche, est déjà devenue partie intégrante de nos vies. Cependant, Microsoft a signifié clairement que son ambition s’étendait encore plus loin. Le but est l’IA généralisée: des machines intelligentes qui peuvent appliquer leur talent à n’importe quelle tâche.

Harry Shum, vice-président exécutif du groupe IA et Recherche de l’entreprise, a fait le commentaire suivant: ” les ordinateurs peuvent aujourd’hui réaliser des tâches spécifiques avec excellence, mais lorsqu’il s’agit de tâches générales, l’IA ne peut rivaliser avec un enfant humain.”

Le groupe IA et Recherche a été fondé en 2016, en tant que quatrième branche d’ingénierie de Microsoft, venant s’ajouter aux équipes Office, Windows et Cloud. En mois d’un an, le groupe s’est étendu à 8 000 employés. Après avoir perdu de la vitesse lors du dernier bouleversement survenu dans le paysage technologique – l’arrivée du téléphone portable – l’entreprise fait au mieux pour ne pas se laisser ralentir à nouveau.

Mis à part les services proposés aux utilisateurs finaux, au centre des services de Microsoft se trouvent des produits qui visent les organisations souhaitant construire leurs propres outils intelligents. La structure principale est la plateforme Microsoft IA, qui rassemble un certain nombre de produits plus spécialisés comme Microsoft Cognitive Services. Ces produits fonctionnent en permettant le déploiement des algorithmes de l’IA (le machine learning) sur la plateforme d’informatique du cloud Azure, très effective et populaire, les utilisateurs n’ayant qu’à payer pour le traitement et le stockage. Le fait d’alléger les organisations du besoin d’héberger leur propre infrastructure, coûteuse et au vieillissement rapide, est la clé de la vision de “démocratisation de l’IA” qui est celle du PDG de Microsoft, Satya Nadella.

Le géant du numérique a également un intérêt dans le développement d’une technologie d’automatisation des véhicules. Cette année, il a annoncé son partenariat avec le premier moteur de recherche chinois, Baidu, afin de développer une plateforme pour les voitures sans conducteur. Le fonctionnement de ces véhicules reposera lourdement sur l’intelligence artificielle pour interpréter les données provenant des capteurs intégrés et réagir de manière appropriée aux dangers de la route.

Plus récemment, Microsoft a fait part d’une nouvelle technologie conçue afin d’accélérer les algorithmes du machine learning. Baptisée Project Brainwave, cette technologie utilise des processeurs programmables, les FPGA, pour la mise en œuvre d’algorithmes sophistiqués. Ce produit informatique peut être implémenté directement sur une puce programmable. Microsoft est en posture de capitaliser sur cette technologie du fait de l’investissement qui a été le sien dans l’installation des centres de données FPGA à l’échelle mondiale ces dernières années.

En outre, Microsoft développe des applications d’IA spécifiques à certains secteurs. L’entreprise vient en effet d’annoncer une nouvelle branche du secteur de la santé, ayant pour pilier l’intelligence artificielle, dont le but est de créer des outils d’analyse prédictive qui peuvent alerter les utilisateurs d’éventuels problèmes de santé, aider à diagnostiquer des maladies, et recommander les bons traitements et interventions.

L’ensemble de ces projets représente le point culminant d’un objectif évoqué pour la première fois par la figure la plus célèbre de l’entreprise, son fondateur Bill Gates, en 1991. Il déclarait alors croire que les ordinateurs finiraient par voir, entendre et apprendre tout comme le font les êtres humains.

Aujourd’hui, le pouvoir de l’informatique a atteint un seuil où les machines intelligentes et capables d’auto-apprentissage sont en voie de devenir réalité.

Les avancées telles que celles faites par Microsoft mettent ce type de technologie – et avec, l’opportunité de créer un monde meilleur – à la portée de millions de personne chaque jour. Nous n’en sommes certes qu’au début, et tout est encore à jouer. Si Microsoft continue d’exploiter sa solide infrastructure technologique et sa large base d’utilisateurs, il se peut que l’entreprise sorte victorieuse de la course des pionniers de l’IA.

 

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