Le numéro 1 mondial du luxe LVMH a dévoilé des résultats trimestriels d’excellente facture, avec pour point d’orgue la division mode-maroquinerie qui a surpassé les attentes. Seul bémol, le pôle vins-spiritueux, victime d’un ralentissement sans conséquence, l’action du groupe de Bernard Arnault trustant la tête du CAC 40 ce mardi.

Les publications se suivent et se ressemblent pour LVMH qui continue sa marche en avant et, de facto, accentue la pression – s’il en était besoin – sur la concurrence. Ouvrant le bal de la saison des résultats du secteur, le numéro 1 mondial n’a pas failli et a rendu une copie quasi parfaite. Ainsi, LVMH a surpassé les attentes les plus optimistes, enregistrant une croissance organique à deux chiffres, 12% en l’occurrence, lors du troisième trimestre. Soit une progression largement supérieure aux anticipations du consensus Inquiry Financial qui ne tablait « que » sur 9%. Mais s’il y a bien une division qui tire son épingle du jeu et qui affiche une santé flamboyante, c’est bien le pôle ô combien stratégique de la mode-maroquinerie qui, ici aussi, a surpassé les attentes, en dépit de comparatifs difficiles. Ainsi, ce pôle au sein duquel le malletier Louis Vuitton pèse pour plus de la moitié du résultat opérationnel global a vu sa croissance s’apprécier de 13% sur la période, contre 14% au premier semestre et, surtout, bien loin des 9% espérés par le marché.  

« La performance de cette division permet d’effacer les craintes d’un ralentissement par rapport au deuxième trimestre et de démontrer la poursuite de solides tendances pour Louis Vuitton et Fendi », saluent les analystes de Citi, toujours cités par Reuters.  Le malletier, dont les ventes sont estimées à plus de 8 milliards d’euros et qui vient de lancer sa première montre connectée, profite à plein du rebond de la demande chinoise depuis le second semestre 2016. Pour le reste, la tendance est peu ou prou similaire dans les parfums et cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy), avec un bond en avant de 17%, et sont restées très solides (+14%) dans les montres et la joaillerie (Bulgari, Tag Heuer, Hublot). Enfin, dans la distribution sélective (+14%), Sephora, désormais deuxième marque du groupe par la taille, continue d’accélérer. Et LVMH de cueillir les fruits de sa « stratégie gagnante ».  

La division vins-spiritueux « traîne la patte »

Doux euphémisme au regard des ventes du groupe qui se sont envolées de 14% depuis le début de l’année (en prenant en considération l’intégration de la maison de couture Christian Dior et du bagagiste Riwoma) pour atteindre les 30,09 milliards d’euros depuis le 1er janvier. De son côté, le bureau d’études Deutsche Bank donne un satisfecit à Dior, qui prend une large part dans le succès de la division.  « La contribution de Dior a été plus élevée que notre prévision de 12%, ce qui suggère que le marque a connu une forte croissance sur le trimestre ».  

Seul (légère) tache dans cette publication de haut vol, le ralentissement constaté au sein de la division vins-spiritueux qui empêche LVMH de réaliser le grand chelem (toutes les autres divisions du groupe peuvent s’enorgueillir d’une croissance à deux chiffres). Certes, sans conséquence mais qui devrait enjoindre le numéro 1 mondial du luxe, soucieux des performances de toutes ses « ouailles », à œuvrer au redressement de ce « mauvais élève », pourtant considéré comme le deuxième pôle le plus rentable du groupe, et qui abrite notamment les marques Moët & Chandon, Dom Perignon ou encore Hennessy. Dans le détail, celui-ci est tombé à 4%, pénalisé par un recul des volumes dans le cognac lié à des contraintes d’approvisionnement de Hennessy pour les bouteilles de type « VS (catégorie la moins chère d’eaux-de-vie jeunes) très prisées sur le marché nord-américain.

La concurrence sous pression

Mais ce recul n’a pas ému outre mesure les analystes qui s’y attendaient, ayant « capté » des signaux en ce sens dès le début de l’année. « Cela ne représente pas une surprise car la direction avait signalé des contraintes d’approvisionnement dans le cognac depuis janvier » abonde Deutsche Bank, toujours cité par Reuters.  Au-delà ce « petit » accroc, LVMH a, comme évoqué en préambule, sérieusement accentué la pression sur la concurrence avec une publication  (presque) sans fausse note qui, d’ailleurs, recueille l’onction du marché, le titre du groupe de Bernard Arnault étant solidement arrimé à la première place du CAC 40 à mi-séance. 

La « locomotive » LVMH (+2,22%) entraîne d’ailleurs dans son sillage Kering (+1,64%), le tandem surpassant allègrement un indice parisien proche de l’équilibre. Toutefois Hermès et Richemont, autres challengers de l’ogre LVMH, ne sont pas en reste et progressent respectivement de 1,07% et de 0,79%. Prochain « révélateur » : le 24 octobre, jour de la publication des résultats de Kering, plus forte progression du CAC 40 depuis le début de l’année.  Soit une quinzaine de jour de répit pour un secteur en pleine effervescence. Et ce n’est que le début…