Les métiers du digital sont parmi les plus dynamiques de nos jours. Se former dans ces métiers, c’est s’assurer un travail et un bon salaire. Pourtant, ils sont méconnus du grand public. Deux professionnels du digital viennent de faire paraître un guide pour s’y retrouver. 
 
Data Analyst, UX designer… Ces métiers sont bien connus des entreprises et des start-up, qui ont fait du numérique un potentiel eldorado. Mais pour le grand public, ces professions aux dénominations anglo-saxonnes peuvent paraître très obscures. Pourtant, ces métiers assurent de bonnes situations professionnelles et pourraient intéresser bon nombre de jeunes gens en quête d’un travail stimulant et rémunérateur. C’est pourquoi Julien Oudart, entrepreneur en série, et Clément Vérité, data analyst pour le New York Times, ont fait paraître un guide intitulé Les 20 métiers du digital, présentant les jobs du numérique les plus dynamiques, au travers d’entretiens réalisés auprès de professionnels et d’experts.
 
Forbes France : Comment vous est venue l’idée de ce livre ? 
Julien Oudart : C’est une idée qu’on avait en tête depuis 2 ans ; premièrement, nous n’avons pas vu de de tel guide détaillé avec des interviews de pros nulle part et on s’est dit que cela pourrait être très utile aux étudiants notamment ; deuxièmement j’ai travaillé dans plusieurs pays (UK, Japon, Pays Bas, US) et je me disais que c’est un projet que je pourrais réaliser grâce à mon réseau international.
 
Quels informations proposez-vous concernant ces 20 métiers  ? 
On a analysé chacun des métiers et développé une sorte de fiche métier par fonction qui analyse ce qu’est le job, quelle formation est la plus adéquate pour y parvenir, et les perspectives d’évolution – certains jobs sont apparu il y a 1o ans comme SEO Manager, d’autres plus récemment, par exemple Growth Marketer, et certaines de ses fonctions n’existeront peut être plus dans 5 ans en tant que telles.
 
Y a-t-il des surprises dans votre liste ?
Pour ceux qui connaissent le monde du business en général et du digital en particulier, pas de surprise ! Pour les plus novices, certains métiers leur paraîtront sûrement comme des nouveautés : je pense à Customer Success Manager, Product Owner ou Growth Marketer.
 
Selon vous, il y a un manque en France d’informations sur ces métiers du digital ? 
On voit beaucoup d’infos sur le sujet du digital, mais en nous mettant par exemple à la place d’un étudiant qui s’intéresse a ces métiers, on s’est dit qu’en effet pas grand chose ne lui donnait des infos sur ce qu’est un Project Manager ou UX designer au jour le jour : quelles qualités cela requiert, quels sont les outils à maîtriser, les softs skills à avoir etc.
 
Bonnes feuilles : un exemple avec le Customer Success Manager : 

#6 Customer Success Manager

« Il est crucial de savoir se remettre en question en permanence, ce qui requiert au préalable de bien se connaître – c’est à dire régulièrement analyser ce qu’on fait bien et ce sur quoi on est moins à l’aise. »


Nicolas Fatout, Adform

La fonction de Customer Success Manager est relativement récente dans le secteur du Marketing Digital et probablement un des 5 profils les plus recherchés sur le marché à ce jour.

C’est une fonction hybride entre Chef de Projet et Account Manager qui est apparue avec la multiplication des start-up qui offrent des solutions d’outils en mode SaaS.

Le CSM prend le relais une fois que le commercial a signé un client qui a pris un abonnement sur l’outil proposé. Il va tout d’abord gérer l’onboarding du client, c’est-à-dire la mise en place du projet qui va de la création des comptes utilisateurs, la définition des règles d’utilisation de l’outil jusqu’à la formation des équipes client. Son rôle est ensuite, comme l’indique son titre, de faire en sorte que le projet soit un succès, autrement dit que le client utilise l’outil ou le service de façon optimale. Si le client est satisfait, celui-ci a toutes les chances de renouveler la licence d’utilisation en fin d’année. Le taux de renouvellement (ou a contrario le taux de churn) est donc le principal KPI de mesure de l’efficacité du CSM.

Le Customer Success Manager n’est donc pas qu’un chef de projet, il est aussi partie prenante dans le renouvellement du contrat client. Il est généralement rémunéré sur la base d’un fixe plus un bonus lié à la qualité de son travail, et surtout sur sa capacité à faire renouveler le client en fin de période. À ce titre, il se rapproche de la fonction d’Account Manager.

S’il a souvent un profil école de commerce ou équivalent, le CSM doit tout de même avoir une bonne connaissance, bien évidemment de son produit, mais aussi des grandes problématiques techniques. En effet, il est en contact quasi permanent avec ses équipes produit pour remonter et faire le suivi sur les nouvelles demandes clients ou sur les remontées de problèmes sur l’outil.

Exemple de témoignage :

Takuji Kawamura

Titre : Customer Success Manager

Entreprise : Hubspot

Ville : Tokyo

Âge : 33 ans

Que faites-vous chez Hubspot ?

Takuji : Je suis CSM chez Hubspot, une solution en CRM et Marketing Automation. J’ai un profil un peu atypique car je suis ingénieur, ce qui me permet de très bien comprendre la technique, ce qui aide dans mon rôle. Mon job est d’aider les clients à utiliser Hubspot et faire en sorte qu’ils restent avec nous.

Que faites-vous au jour le jour ?

Takuji : La moitié de mon temps est consacrée aux clients avec qui je suis en contact en permanence. Je passe ensuite un bonne partie de mon temps sur de la coordination interne avec les autres équipes.

Quels outils utilisez-vous quotidiennement ?

Takuji : Nous utilisons le Health score pour la gestion des demandes clients, des outils pour la gestion des tâches en interne puis un ensemble d’outils de communication, notamment emails, chat, etc