Les super- sportives sont souvent conçues pour être adaptée de la route vers le circuit. Quand McLaren a conçu cette 600 LT, il semble que ce soit le raisonnement inverse qui a été choisi. Véritable voiture de piste, elle sait pourtant se montrer confortable et civilisée. Alors est-ce vraiment une auto vivable au quotidien ou un jouet destiné uniquement à user les vibreurs ?
Essai McLaren 600LT SPIDER (169) Une personnalité marquée d’efficacité
Les ingénieurs de McLaren sont de véritables sorciers du vent, l’aérodynamisme dicte les lignes de la 600 LT. De face le nez plongeant avec ses larges entrées d’air est résolument sportif, il semble ouvrir sa gueule pour avaler l’asphalte. Le dessin des feux contribue à adoucir le profil de l’aile avant, le résultat est dynamique et élégant. Les éléments noirs ne sont pas en carbone mais en composite. Le choix de ce matériau semble judicieux pour cette super-sportive, en termes de légèreté et également de coût en cas de remplacement. Les flancs sont marqués par les prises d’airs destinées à alimenter le moteur et le refroidir. Grâce à la position de la cellule de pilotage plutôt en avant, la 600 semble être en mouvement même à l’arrêt. Cette architecture n’est en rien due au hasard ou à la recherche esthétique mais à un savant calcul de répartition des masses et de positionnement du centre de gravité. Le moteur est placé juste derrière les sièges, le poids est parfaitement réparti entre les deux axes de roues.
Un travail tout particulier a été mené par les concepteurs sur l’arrière de cette version dénommée « LT » pour « Long Tail ». Grâce aux modifications de la poupe, la McLaren se trouve rallongée de quelques centimètres. Comme sur une Formule-1 ou un Sport-Prototype, le but est de faciliter l’écoulement de l’air et de minimiser les turbulences. Les échappements ont été remontés au niveau du couvre moteur, cela a un double intérêt, tout d’abord en diminuant la tubulure on économise du poids, ensuite cela permet un échappement plus direct. Les gaz ayant moins de distance à parcourir, le moteur est plus libre. Plaisir supplémentaire, la mélodie du V8 est encore plus présente, surtout en version Spider. L’énorme extracteur sous la voiture a toute la place nécessaire pour un rendement maximum.
Essai McLaren 600LT SPIDER (8) La McLaren se sent à l’aise partout
En ville le moteur sait se montrer silencieux et délicat, sous la barre des 3000 tours, c’est une voiture presque discrète. Grâce au lift permettant de remonter la hauteur de caisse, on passe les dos d’ânes aisément, et la très bonne visibilité à 360 degrés permet une conduite plutôt sereine. Le confort est étonnamment bon pour une sportive de ce rang, on est très loin des voitures qui brisent le dos et nécessitent des bras de bucherons pour manœuvrer. La suspension se montre souple et les sièges offrent un très bon compromis confort/maintien.
Pour profiter pleinement de sa monture il faut sortir de la ville. Dans les lacets des routes sinueuses c’est encore meilleur, le train avant est ultra précis et place la voiture au centimètre près. Les sorties de virages sont explosives, le train arrière colle au bitume et la puissance passe quasiment sans déperdition, c’est bluffant. Le V8 bi-turbo dérivé de la 570 équipe la 600, et comme son nom l’indique il offre 600cv. Comme toujours avec McLaren la sonorité est démoniaque, à partir de 3000 tours, c’est la chevauchée des Walkyries ! Quelques accélérations franches permettent de comprendre à qui on a affaire : une super-sportive. Le 0 à 100 est abattu en moins de 3 secondes, cela vous colle littéralement au siège.
Une ambiance intérieure racing
Essai McLaren 600LT SPIDER (106) L’habitacle est recouvert de matériaux composites, d’alcantara, quelques plastiques moins flatteurs ici et là ternissent un peu le tableau. L’instrumentation comprend le régulateur mais pas d’aides à la conduite, pas de radar anti collision, ou de maintien dans la voie, cela semble logique dans une sportive de ce calibre. Sur autoroute, à vitesse stabilisée, le V8 ronronne tranquillement et la consommation se stabilise autour des 9 litres. Etonnamment beaucoup de voitures doublent la super-car, mais à y regarder de plus près, c’est pour prendre la McLaren en photo ou pour envoyer un pouce levé, cette voiture suscite l’admiration et la sympathie. Partir sur les routes quelques jours en 600 LT c’est agréable, la voiture est confortable, on y est bien installés, sans avoir l’impression d’être dans un bunker. On peut y loger quelques bagages souples dans le coffre avant, et quelques manteaux dans le couvre-tonneau. Si le soleil arrive, c’est cheveux aux vents et accompagné d’une symphonie en V8 majeur que la route défilera.
Essai McLaren 600LT SPIDER (3) Grandes émotions automobiles
Avec l’entrée en vigueur de nouvelles normes et taxes toujours plus drastiques nous vivons certainement les derniers tours de roues de telles autos. La McLaren 600 LT est une vraie voiture de gentleman-driver, elle vous emmènera de votre demeure au circuit et retour. A son volant vous vivrez de grandes émotions et d’intenses moments de plaisir. C’est sur un circuit que la belle anglaise pourra exprimer tout son potentiel mais sans être pilote elle permet de profiter au quotidien d’une chose désormais rarissime, le vent de la liberté automobile !

La McLaren 600 LT Spider en quelques chiffres :
• Dimensions : 4,60mx1,93mx1,20m
• Poids : 1400Kg
• Moteur : V8 4L Biturbo 600cv couple 620nm
• Tarif : à partir de 252000 Euros, Malus maxi
• Consommation constatée sur route mixte : 13L/100km
• 0 à 100 km/h : 2,9 sec
• Vmax : 294 km/h

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