Le gouvernement américain a essayé une nouvelle fois d’empêcher Apple et d’autres sociétés de technologie de protéger les données de leurs utilisateurs par des cryptages des données.

Lundi, NBC a délivré un rapport selon lequel le FBI s’était adressé à Apple par écrit pour leur demander de décrypter deux iPhone appartenant à un étudiant de l’aviation saoudite, Mohammed Saeed Alshamrani, qui est soupçonné d’avoir tué trois personnes sur une base aérienne à Pensacola en Floride, avant d’être lui-même tué par balle en décembre. Cet événement risque de raviver un conflit avec Apple, qui avait commencé par une attaque terroriste à San Bernardino en 2015. Apple avait alors refusé d’aider le gouvernement en débloquant l’iPhone du tireur, menant à une longue bataille judiciaire qui s’était terminée seulement lorsque un anonyme était parvenu à mettre la main sur les informations contenues dans l’appareil.
Hier, c’est l’avocat texan Joseph Brown qui a fait une déclaration disant que le gouvernement devrait “faire une loi pour s’assurer l’accès légal à toute preuve criminelle, en accord avec la traditionnelle protection de la vie privée.”  Il a cité notamment une affaire d’exploitation infantile où il avait fallu plus d’un an pour arrêter le suspect, dû à l’attente d’obtention des données de son appareil. Selon Brown, ce n’était que lorsque de “nouvelles techniques étrangères” avaient été utilisés que les investigateurs avaient pu avoir accès aux données de l’iPhone et découvrir des images de maltraitance d’enfants.

“ Des preuves contenues dans un iPhone ou un pc portable ne devraient pas être plus protégées que des preuves dans une maison, qui a toujours été considérée comme l’endroit le plus privé,” explique Brown. “En permettant aux criminels de cacher leur communications derrière un bouclier numérique impénétrable, le déploiement des technologies cryptées impose un grand coût à la société.

De l’autre côté du débat, les groupes de protection des droits du numérique ont longuement argumenté que forcer les compagnies à modifier leur technologie pour donner l’accès au gouvernement laisserait des brèches utilisables par les criminels, qui pourraient alors les exploiter pour s’introduire dans la vie des utilisateurs. Par exemple, si Apple devait créer un accès dans son système d’exploitation iOS, un criminel pourrait utiliser le même accès et voler des informations aussi longtemps qu’il resterait ouvert.

Le gouvernement américain a déjà accès à beaucoup d’outils qui permettent d’obtenir des données provenant d’iPhone, de terminaux Android, et des myriades d’autres systèmes mobiles. Par exemple, Cellebrite et Grayshift GrayKey sont capables de s’emparer de données des iPhone depuis longtemps, et le FBI est l’une des nombreuses agences qui détiennent des technologies de hacking. 

Forbes a récemment obtenu un mandat de perquisition de l’Ohio, signé en octobre 2019, montrant qu’une GrayKey du FBI pouvait extraire des données provenant d’un iPhone 12.5, bien que l’appareil n’existe même pas (ni même iOS 12.5). Dans la demande de mandat, le gouvernement ne précise pas de quel modèle d’iPhone il s’agissait, mais l’image montre que l’appareil a trois caméras. Seuls les derniers modèle d’iPhone 11 Pro et 11 Pro Max ont trois caméras. Bien qu’il ne soit pas prouvé que l’iPhone ait été bloqué avant la demande du FBI, une photo de la face de l’appareil montre un écran verrouillé et plusieurs appels manqués. 

Dans l’affaire Pensacola, il apparaît que le gouvernement avait testé ses méthodes, qui peuvent prendre plusieurs mois pour déchiffrer le code. Les investigateurs en sont toujours à essayer de deviner le code de déblocage, selon le rapport de NBC. Il y aurait aussi des problèmes d’intégrité de l’appareil : il aurait été détérioré, selon le FBI.

Ni le FBI ni Apple n’a répondu aux demandes de commentaires à propos du rapport de la NBC. Apple a déclaré avoir déjà transmis les données importantes sur cette affaire le mois dernier. 

 

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