Christophe Bensoussan a fondé Satisform, une entreprise qui fabrique et conçoit des dispositifs médicaux de rééducation destinés aux hôpitaux et aux centres de rééducation depuis 16 ans. Chaque année, elle investit 100% de ses bénéfices dans la recherche. Dans le contexte actuel du COVID-19 et pour participer à l’effort de solidarité, Satisform a adapté une de ses solutions, le DPA Med. L’enjeu va être d’accompagner le milieu hospitalier dans sa recherche de financement.

Pourquoi avez-vous créé Satisform ?


Je m’étais engagé dans l’armée de l’air pour devenir pilote de chasse mais la vie avait d’autres projets pour moi ! A la suite d’un accident de moto à grande vitesse, je souffrais beaucoup des jambes. Comme je n’étais pas seul dans cette situation, j’ai décidé de consacrer du temps et de l’énergie pour trouver un moyen de soulager la douleur.

Après 4 années de recherche, j’ai fondé Satisform  en janvier 2005. Aujourd’hui, l’entreprise est constituée d’un centre de Recherche et Développement situé au Mans et travaille en étroite collaboration avec des laboratoires, hôpitaux et centres de rééducation au niveau international. Un des partenaires fort pour la fabrication est le groupe Bretagne Ateliers, entreprise adaptée dont la finalité vise l’insertion socioprofessionnelle des personnes fragilisées par un handicap. L’intégralité des produits sont fabriqués et assemblés en France.

L’innovation est au cœur de notre stratégie. Depuis sa création, nous avons investi 2 millions dans la recherche et développement et en 2019, nous avons consacré 500K€ pour adapter le dispositif DPA Med et tester une solution de mobilisation précoce au lit du patient. Cette innovation a d’autant plus d’utilité dans le contexte actuel et en particulier dans les milieux hospitaliers.

Quels sont les bénéfices du dispositif DPA Med ?

Le dispositif médical DPA Med certifié Dispositif Médical est utilisé par de nombreux professionnels de santé (médecins spécialistes, kinésithérapeutes, …). C’est un outil de traitement complémentaire pour les maux de dos, les troubles de la marche, l’immobilité et la prévention des conséquences d’un alitement prolongé.

L’objectif est d’améliorer les capacités fonctionnelles de patients atteints entre autres de troubles de la marche (personnes en gériatrie, hémiplégiques post AVC, parkinsoniens) et de problématiques de dos (lombalgie chronique, hernie discale, scoliose, camptocormie).

A ce jour, Satisform a équipé plus de 120 établissements dans le monde et le dispositif médical DPA Med fait ses preuves auprès de 1400 patients traités chaque jour en rééducation. Ses innovations sont validées par un comité scientifique reconnu et font l’objet de publications internationales.

Pourquoi le milieu hospitalier vous a-t-il sollicité ?

Satisform est sollicité par de nombreux hôpitaux et de centres de rééducation pour disposer d’une solution pouvant facilement et rapidement équiper les lits des patients dans les hôpitaux en réanimation et post-réanimation, et dans les centres de rééducation.

Les personnes touchées du COVID-19 souffrir de longues périodes d’immobilisation. La situation actuelle du personnel médical ne permet pas l’optimisation de la prise en charge des patients atteints, ainsi que des autres patients hospitalisés par manque de personnel mais également par priorité. Etant particulièrement sensible à cette situation, j’ai décidé d’accélérer le développement du modèle DPA Med mobile.

Les points forts du dispositif mobile : un temps d’installation et de désinstallation de moins de 4 minutes nécessitant un seul soignant ; un temps d’utilisation de 10 à 20 minutes au lit du patient ; évite au maximum le contact avec les patients potentiellement contagieux ; le seul dispositif au monde reproduisant une mobilité du bassin proche de la marche en position allongée, stimulant la mobilité, la circulation, la plasticité cérébrale.

Comment prévoyez-vous de déployer ce dispositif ?

Nous avons décidé de mettre à disposition 10 dispositifs après une première expérimentation très positive au CH du Mans et au CHU de Blois. A ce jour, 15 établissements ont exprimé une demande pour disposer du système mais ne disposent pas du budget nécessaire.

J’ai décidé de faire appel au mécénat pour aider ces établissements à financer ces équipements. Les mécènes pourront ainsi participer à la prise en charge post réanimation COVID-19 et au delà, poursuivre la prise en charge des autres patients nécessitant une mobilisation au lit. De plus, des protocoles de recherche en réanimation et post-réanimation seront également initiés.

Quelle est l’énergie qui vous porte le plus ?

Je suis très présent dans les hôpitaux et au contact des patients pour installer et expérimenter cette technologie. Leur sourire est une belle récompense. Je reçois également beaucoup de courriers, parfois très émouvants de personnes qui me disent que cette technique a changé leur vie. Les témoignages des enfants de l’ESEAN  (Établissement de Santé pour Enfants et Adolescents de la région Nantaise) établissement sanitaire de soins de suite et de réadaptation pour enfants et adolescents sont également une belle source d’énergie !