L’industrie pharmaceutique fait partie des secteurs stratégiques où l’Italie a su investir. Et les résultats sont au rendez-vous ! Le pays est devenu le premier producteur pharma en Europe, avec pour 33 milliards d’euros de production en 2019.

Tandis que le marché pharmaceutique mondial devrait dépasser une valeur totale de 1500 milliards de dollars en 2023, avec une croissance comprise entre 3 et 6% par an, l’Italie se profile comme leader de l’industrie pharmaceutique. Le Bel Paese y bat l’Allemagne et devient le premier producteur pharmaceutique de l’Union européenne. En 2019, l’industrie pharmaceutique italienne a généré une production de 33 milliards d’euros dont 25 milliards d’exportations avec une croissance de 28% par rapport à 2018, et un solde commercial de 4 milliards. Un véritable record battu lorsqu’on se remémore qu’il y a quelques années, le pays était uniquement importateur.


Une excellence italienne acquise notamment dans les biotechnologies et les médicaments biotech (trois thérapies avancées sur six autorisées en Europe sont issues de la recherche et du développement italiens). Sans oublier la recherche sur les maladies rares (25% des études cliniques italiennes) et les vaccins.

Contre toute attente, le cœur de cette petite révolution ne bat pas au nord du pays, mais dans le centre. La région de Rome s’est rapidement développée autour de l’innovation et du pharmaceutique (43 start-up en 2013, un millier aujourd’hui) ; elle pèse à ce jour 43% du total national des exportations pharma.

Des exportations record poussent la production et l’emploi

La hausse de la production au cours de la dernière décennie a été déterminée par les exportations. L’Italie a enregistré la plus forte hausse d’exportations de produits pharmaceutiques au sein des pays de l’UE au cours des dix dernières années (107% au total contre 74%). Un volume d’exportation qui a été multiplié par quinze entre 1991 et 2019. Ses principaux clients sont les États-Unis (+ 22,3%), l’Allemagne (+ 6,8%), la France (+ 7,5%), la Belgique (+ 20,2%) et la Turquie (+ 36,6%).

Dans le classement des exportations des 119 secteurs de l’économie italienne, en 1991 les médicaments étaient à la 57ème place : ils sont aujourd’hui en quatrième position (après la mécanique et le transport routier). Au classement national des exportations de tous les pôles technologiques, les deux premières places concernent les produits pharmaceutiques. Les produits pharmaceutiques représentent 55% des exportations de technologie de pointe de la péninsule.

Ce secteur compte 66 500 salariés, dont 81% ont moins de 35 ans. Et il recrute : au cours des deux dernières années il a dépassé les +1,3% de la moyenne manufacturière, avec 4,5% d’embauches en plus par an.

En comptant l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement du secteur pharmaceutique (c’est-à-dire en ajoutant les travailleurs employés par la chaîne d’approvisionnement, ceux qui travaillent dans la distribution et dans les pharmacies) nous arrivons à un total d’environ 250 000 emplois.

Le boom des nouvelles professions 4.0 et de l’investissement en R&D (Recherche et Développement)

Les industries pharmaceutiques italiennes investissent majoritairement dans les biotechnologies, les nouveaux matériaux, les logiciels, le big data, l’intelligence artificielle et les solutions de simulation.

Le secteur pharmaceutique italien connaît un moment de grande accélération technologique comme le montrent les données de l’association Farmindustria qui indiquent que 97% des entreprises ont investi sur l’innovation 4.0 dans leur production ; en 2011 ce pourcentage s’arrêtait à 30%. Il s’agit du troisième secteur concernant les investissements en R&D et c’est aussi l’un des plus « verts ».

La R&D emploie 6 400 personnes, dont plus de la moitié sont des femmes. Et avec 3 milliards investis et une valeur ajoutée directe et indirecte de 17,5 milliards d’euros, l’industrie pharmaceutique est troisième en Italie parmi les secteurs manufacturiers pour les investissements en R&D. Ces derniers, ont augmenté de 22% au cours des 5 dernières années, plus que la moyenne des autres pays européens (16%). Quant aux études cliniques, une sur cinq dans l’UE est réalisée dans notre pays, grâce aux nombreuses excellences hospitalières et aux médecins et à tous les professionnels de santé. Les investissements des sociétés pharmaceutiques dans les essais cliniques s’élèvent à 700 millions par an, parmi les contributions les plus élevées au système national de recherche.

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