Google+ n’a jamais vraiment émergé comme un concurrent de taille face à Facebook et Twitter comme Google l’avait espéré. Aujourd’hui, moins de huit ans après son lancement, Google+ n’a officiellement plus d’espoir en ce qui concerne cet objectif. Google a déclaré qu’ils commençaient à supprimer le contenu des comptes d’utilisateurs Google+. Il y a de plusieurs explications à cette soudaine fermeture, notamment le fait qu’il s’agissait d’un terrain vague plutôt que d’un réseau prospère, mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase était en fait un bug de code ayant des implications sur la vie privée des utilisateurs.

Alors que Facebook a jusqu’à présent largement résisté aux problèmes de confidentialité des utilisateurs, Google+ n’avait ni la quantité de membres ni l’élan de la communauté pour survivre à l’exposition potentielle de 52 millions de données des utilisateurs. Google a même admis que Google+ a été un échec, la version grand public ayant un « faible taux d’utilisation et d’engagement » et 90 % des sessions utilisateurs de Google+ ayant une durée inférieure à cinq secondes. C’est cependant la combinaison de ce bug et de la décision de ne pas le divulguer pendant de nombreux mois qui a signé l’arrêt du réseau social.

Le bug de code a été effectif entre 2015 et 2018, exposant les informations de profil, y compris le sexe, l’âge, la profession et autres, à des développeurs tiers même si l’utilisateur les a marquées comme privées. Le bug a finalement été découvert et corrigé en mars 2018, mais ce n’est qu’en octobre que Google l’a révélé. La décision de retarder la divulgation a été prise en partie, selon le rapport du Washington Post qui a annoncé la nouvelle, « par crainte d’attirer l’attention des organismes de réglementation et de nuire à la réputation de la société. »

C’est une leçon à retenir pour chaque organisation : lorsqu’il s’agit de protection de la vie privée et de sécurité des utilisateurs, l’honnêteté et l’urgence sont les meilleures politiques. Même s’il y aurait inévitablement eu des répercussions sur la réputation, cela aurait probablement été de courte durée et facile à contenir. En effet, bien que Google ait admis que « le bug a eu un impact sur environ 52,5 millions d’utilisateurs », il a également été souligné qu’il n’y avait aucune preuve que l’un des développeurs ayant accès à ces données utilisateurs pendant six jours était réellement au courant. Selon Ben Smith, vice-président de l’ingénierie chez Google, les chiffres définitifs se sont avérés être 438 applications qui utilisaient le code bugué qui donnait potentiellement accès à « jusqu’à 500 000 comptes Google+ » plutôt que plus de 50 millions.

Si vous étiez utilisateur de Google+, vous avez dû avoir amplement le temps de sauvegarder votre contenu Si ce n’est pas le cas, il n’est probablement pas trop tard pour accéder à vos messages. Internet Archive sauvegarde depuis quelques semaines les messages visibles au public, les images et les vidéos étant stockées en basse résolution, et l’on peut voir comment cela évolue grâce à un tracker en temps réel.

Google+ n’est pas encore complètement aux abois. Les utilisateurs commerciaux seront heureux d’apprendre qu’il fait toujours partie de Google GSuite en tant que réseau de communication interne.