Il y a un an, Ford s’est fixé un objectif : proposer en 2021 des modèles de véhicules autonomes. Aujourd’hui, avec son nouveau directeur Jim Hackett, le constructeur de voitures voit encore plus grand et amplifie ses ambitions avec maintenant l’objectif de créer un offre de véhicules de livraisons commerciales autonomes, ce qui lui permettra aussi d’optimiser la rentabilité du développement de son offre de services  de mobilité et de l’accélérer.

« Pour créer une offre de produits, nous nous concentrons sur les marchés et les utilisateurs. Nous voyons une opportunité en chacun d’eux» a déclaré à Forbes Sherif Marakby, le nouveau président des véhicules électriques et autonomes. « Nous prévoyons une offre commerciale et un service de conduite autonome en 2021. »

Sherif Marakby est un ingénieur historique de Ford, chez qui il est retourné en juin après avoir passé un an chez Uber à Pittsburg. Il nous présente ses prospectives pour les véhicules autonomes, que l’on retrouve aussi dans un article sur le site medium.com titré « Building a Business Enabled by Self-Driving Technology. » Bien qu’il n’ait pas donné de détails plus précis à propos du véhicule que Ford envisage de créer, on imagine que « celui-ci aura un groupe motopropulseur hydride-électrique ainsi qu’un design flexible, pour préserver les passagers humains et les transports de marchandises » a déclaré Sherif Marakby.

L’échelle est aussi la clé  avoir le plus de véhicules possible sur les routes, le plus rapidement. « Cela réduit les coûts bien sûr», confirme Sherif Marakby. « Et en plus de cela, avec l’électrique et notre connaissance des marchés l’utilisant potentiellement, que ce soit la police, les taxis ou tous les autres secteurs pour lesquels nous travaillons depuis bien des années, nous comprenons mieux ce que nous devons améliorer, c’est à dire la fiabilité, la durabilité et la longévité des véhicules. »

Les actions de Ford ont chuté de 13 % cette année, celles de GM sont stagnantes et quant à Toyota, elles ont chuté de 3,8 %. Au contraire, la vision enivrante d’Elon Musk, qui prévoit l’année prochaine d’ajouter la conduite autonome au développement de l’électrique, a aidé Tesla à augmenter les siennes de 58 % à ce jour.

Mark Fields, ancien directeur de Ford, avait fixé son objectif de conduite autonome à août 2016, projet qui devait aboutir à grand renfort de technologies et d’investissements en mobilité qui incluaient d’une part l’achat d’une part de 75 millions d’euros dans LiDAR, fabricant de Velodyne, d’autre part de racheter Chariot, un service livraison basé à San Francisco, et enfin de doubler la taille de son entreprise, de son centre de recherche et de son équipe dans la Silicone Valley. En début d’année, l’entreprise a aussi créé Argo AI, une entreprise de technologie autonome à Pittsburgh, pour concevoir un logiciel de voitures autonomes en s’engageant à le financer à hauteur d’1 milliard de dollars sur cinq ans.

Avant qu’il ne remplace Mark Fields en mai dernier, Jim Hackett avait passé l’année précédente à diriger Ford Smart Mobility, une filiale créée pour contrôler la plupart des acquisitions technologiques du constructeur et ainsi rester compétitif dans l’ère d’UberLyft, Tesla et Waymo (qui appartient à Google).

Maintenant qu’il est directeur, il prévoit de rentabiliser ces investissements, à savoir la production de véhicules individuels et de transport de groupes mais bien sûr aussi les ventes..

La mobilité « n’est pas en orbite adjacente dans le système solaire Ford, » a déclaré Jim Hackett à Forbes durant le City of Tomorrow Symposium, conférence tenue à San Francisco ce mois-ci. « L’entreprise a mis de côté tout ce qui ne faisait pas partie du secteur automobile historique et a appelé ça mobilité, car la mobilité est le futur… Au contraire il faut réintégrer ce marché dans nos perspectives, c’est cela Ford»

L’option pourrait être la maîtrise du trafic routier en temps réel ainsi que les télémétries des véhicules Ford qui rendent les villes « plus intelligentes » dans le contrôle de la route, pour empêcher les embouteillages de se former. Jim Hackett a refusé de donner plus de détails et de partager des informations sur les projets futurs de l’entreprise.

« Parce que chez Ford nous proposons maintenant des véhicules intelligents — et nous ne sommes pas les seuls — nous pensons que la conception d’un environnement intelligent est indispensable à son développement et nous voulons être les pionniers sur ce secteur. »