Facebook vient d’annoncer que ses employés ne seront pas sanctionnés s’ils vont manifester contre la loi anti-immigration de Trump le 1er mai prochain. 

La marche protestataire du 1er mai sera sûrement la première d’une longue liste de revendications auxquelles une grande partie des employés de la Silicon Valley pourront assister. Cette nouvelle politique de « congés payés » vise à rassurer les travailleurs qui seront accompagnés dans leur démarche civique par leurs employeurs. « Chez Facebook, nous favorisons des conditions de travail participatives et ouvertes où nos employés peuvent se sentir à l’aise et libres d’exprimer leurs opinions et revendications qui leur semblent justes et importantes », indique un porte-parole de la plateforme.

Des salariés à défendre

Le géant du réseau social sera touché de front par la mesure pro-Trump visant à supprimer la délivrance du visa H1-B, qui permet l’entrée temporaire sur le territoire de travailleurs immigrés hautement qualifiés et diplômés, ce qui concernait 15% de ses employés en 2016. Un pourcentage plus important que chez les autres acteurs de la tech comme Google, Apple ou Amazon, eux aussi touchés par cette mesure. Un coup de massue pour la Silicon Valley.
Par ailleurs, le groupe Facebook a également annoncé qu’il veillera à ce que leurs collaborateurs et partenaires suivent l’exemple en encourageant la diversité salariale du secteur et en protestant contre ces lois réductrices et anti-productives. Dans le cas où leurs sous-traitants ne respecteraient pas les droits des travailleurs, la société s’autorisera à réévaluer le maintien de leur collaboration.

Une mobilisation grandissante

Des start-up comme Atipica (solutions digitales) ou d’importantes firmes comme Turbine Labs (logiciels destinés à l’architecture)  et Jelly Industries (moteurs de recherche) appliquent également la politique du « congé protestataire payé » et encouragent leurs employés à marcher pour la diversité le 1er mai prochain. Plus tôt cette année, pas moins de 120 entreprises dont les géants Apple, Microsoft ou encore Intel, se sont ralliées à la cause et ont entrepris une action en justice pour contrer les mesures anti-immigration dans le pays.

Pas tous logés à la même enseigne 

À contre-courant, d’autres pôles tels que Uber, Disney et IBM, ont, eux, décidé de rejoindre la rive Trump. Sans surprise, ce ralliement controversé a engendré de vives protestations de la part de leur semblables et au sein même de leurs structures. « Ils prennent des décisions économiques calculées et basées sur les choix politiques de leurs actionnaires », explique Peter Capelli, professeur de management à l’École de commerce de Pennsylvanie, à Bloomberg. En d’autres termes, ces entreprises préfèrent taire leurs revendications face aux mesures trumpistes en faveur de leur avantages lucratifs adressés par le gouvernement. Ce parti pris peut avoir des conséquences dramatiques sur l’image de marque mais aussi sur leur management interne et le respect de l’égalité des chances en entreprise.