Depuis quelques années, le secteur de la santé connaît un grand bouleversement – de nouvelles thérapies émergentes s’appuient sur des avancées dans le domaine de la biologie (immunothérapie, thérapie cellulaire, séquençage et édition de l’ADN…), des progrès en matière d’équipements médicaux (robots-chirurgiens, imagerie médicale, outils de diagnostic, nanotechnologies…) et des innovations multiples du numérique (Big Data, Internet des Objets, Impression 3D…). Ceci permettra bientôt de guérir des maladies qui sont aujourd’hui incurables, d’alléger le quotidien de patients souffrant de pathologies invalidantes et d’accroître l’espérance de vie de chacun.


Cette révolution du secteur  médical se nourrit de multiples innovations de rupture issues de la BioTech et de la MedTech.

Avec plus de 600 entreprises positionnées sur le créneau de l’innovation santé dont les premières d’entre elles développent des produits prometteurs qui pourraient concerner à terme 11 millions de patients en France et 250 millions dans le monde, la France dispose d’une exceptionnelle dynamique en matière de Health Tech (source france Biotech).

Cependant la compétition à l’international s’intensifie, avec l’arrivée de nouveaux acteurs, notamment asiatiques et israéliens, qui viennent disputer l’hégémonie américaine sur le créneau de l’innovation santé.

Aujourd’hui, le marché des robots médicaux spécialisés dans la chirurgie est dominé par le pionnier américain Intuitive Surgical qui conçoit et produit des machines aux Etats-Unis. Il commercialise notamment le robot Da Vinci. Ce robot a encore la limité d’être commandée par un chirurgien pour réaliser des opérations, principalement au niveau de l’abdomen. En avril 2011, l’entreprise indiquait que 1 750 exemplaires étaient en service dans le monde.

Ce domaine qui émerge de la chirurgie assistée par la robotique promet de révolutionner le mode opératoire des médecins, et Israël est l’un des leaders mondiaux dans ce domaine.

À l’heure actuelle, seuls quelques robots chirurgicaux sont approuvés par les hôpitaux, et certains d’entre eux ont été développés par des Israéliens.

Le professeur Alon Wolf, directeur et fondateur du laboratoire de Biorobotique et de Biomécanique du Technion-Israel Institute of Technology, Mazor Robotics de Shoham, l’une des plus grandes start-up Medtronic, a signé un accord en vue de racheter le fabricant israélien d’équipements médicaux Mazor Robotics pour 1,64 milliard de dollars.

Le prof. Alon wolf a fait ses armes aux côtés du prof. Moshe Shoham du Technion, l’un des pionniers de la robotique. Ils ont développé SpineAssist pour une chirurgie de la colonne vertébrale peu invasive. Cet appareil révolutionnaire a par la suite servi de base à l’aventure.

Avec la tragédie du 11 septembre 2001, des robots ont été utilisés pour la première fois à la recherche de survivants dans l’effondrement des tours jumelles. Mais les robots étaient encore trop encombrants selon Alon Wolf, et c’est pourquoi il a eu l’idée de se baser sur les serpents afin de développer un robot capable de se déplacer dans les espaces les plus complexes. Les premiers prototypes ont été fabriqués en 2007.

Israël est très respectée dans le monde entier pour ses robots chirurgicaux.

Le robot « serpentb», ou SnakeRobot, de recherche et de sauvetage que Wolf a présenté au président Obama lors de sa visite en Israël en 2013 a inspiré le système robotique Flex. Il peut atteindre les cavités corporelles cachées à la vue du chirurgien, notamment les structures de la tête et du cou.

 

Robot serpent
e-santé
Serpent de la faculté de Biomécanique

Jusque-là, la chirurgie avait des instruments rigides qui pouvaient avoir un impact sur les organes pendant les opérations. Lors d’une conférence à Vérone, l’idée était de miniaturiser les serpents robotiques en les réduisant à un diamètre de 1 cm et une longueur de 40 cm afin qu’ils prennent la forme des petits et complexes volumes du corps humain. Un pari scientifique, technique et mécanique.


A l’aide d’un écran et un joystick, le chirurgien dirige le serpent à l’intérieur du corps. La procédure permet souvent de faire sortir les patients de l’hôpital le même jour.

Il apparaît de plus en plus clair que le cloisonnement des disciplines, des industries, des technologies utilisées n’a plus de raison d’être. Le distinguo entre Biotech, Medtech, e-Santé s’estompe, à l’ère de l’interdisciplinarité, de l’hybridation et de la convergence tous azimut. Conscients de l’importance de ces sujets, les acteurs clefs de ce secteur médical ont créé un Forum International à Monaco, E-health World Monaco, qui établit chaque année un état des lieux des progrès technologiques dans le domaine de la santé et du bien-être.