La start-up Zenchef veut digitaliser les restaurants en les aidant à reprendre en main la gestion de leurs clients. Un marché colossal qui fait saliver les géants du secteur !

Mauvaise nouvelle pour les SDF et autres quêteurs du métro. Les tickets restaurant en papier vont disparaître dans trois ans. C’est Julien Tanguy, le directeur général pour la France d’Edenred, géant des services prépayés dans le monde du travail, qui l’affirme. « On va passer très vite au 100 % digital », a-t-il assuré à La Tribune. Alors cinq ans après la création de la carte Ticket Restaurant, Edenred a décidé de tout miser sur le numérique et d’innover en investissant dans des start-up prometteuses comme Zenchef.


Et si Edenred a mis un ticket lors de la dernière levée de fonds de 6 millions d’euros de l’entreprise, c’est que le géant du ticket restaurant en est sûr : Zenchef est le futur « Doctolib » des restaurateurs. Et l’entreprise, créée par Xavier Zeitoun, Thomas Zeitoun et Julien Balmont, a le profil pour devenir une future licorne, comme la plateforme de rendez-vous médicaux désormais valorisée un milliard d’euros.

Car dans la restauration, le ticket en papier et le bon vieux carnet de réservations, c’est terminé !

Comme Doctolib pour les médecins, Zenchef veut faire entrer les restaurants dans l’ère du digital. « Grâce à notre plateforme et nos outils de réservations et d’e-réputation, les restaurants peuvent sortir de la logique low cost des sites actuels de réservation » explique Xavier Zeitoun. Dans son viseur, les Groupon, Tripadvisor et autres la Fourchette.

« Le premier enjeu pour les 4 000 restaurants qui travaillent avec nous est de lutter contre les no-show » explique Thomas Zeitoun, en charge du commercial.

Les gens qui ne viennent pas alors qu’ils ont réservé, c’est 30 % du chiffre d’affaires des restaurants en manque à gagner.

La solution ? Zenchef propose une gamme d’outils efficaces. En moyenne 30 % des clients réservent 7 jours avant de venir. « Le principal motif de no-show reste l’oubli » rappelle Xavier. Les clients qui réservent via Zenchef sont alertés par un mail de rappel. Et depuis peu, grâce à un partenariat signé avec Waze, ils reçoivent même tous les détails pour effectuer le trajet jusqu’au restaurant.

Plus contraignant, Zenchef propose aux restaurateurs un système de prise de garantie via une « empreinte » de la carte bancaire. Chaque chef peut choisir de prélever tout ou partie de la somme bloquée par les clients.

Et pour accompagner la digitalisation des restaurants, Zenchef a conçu des outils de gestion de la relation client : outil de reconnaissance des clients par téléphone, centralisation des outils clients, envoi d’e-mailings ou de sms aux habitués pour proposer des tables disponibles le soir-même, etc.

« Nous aidons aussi nos clients à lutter contre les faux avis en automatisant le processus de collecte d’avis auprès de personnes qui sont réellement venues dans le restaurant avec un outil de mesure de satisfaction client et de contenus, à publier sur le site internet du restaurant. Cela permet aussi d’éviter que les consommateurs aillent publier des avis ailleurs. Nous créons également les sites internet des restaurants si besoin en aidant à leur référencement sur Google, » explique Julien Balmont, en charge de la technique.

La société vient d’ailleurs d’annoncer un partenariat stratégique avec Google via le système Google Reserve qui permettra à ses futurs clients restaurateurs de recevoir, sur leur cahier de réservation Zenchef, les réservations (sans commissions) effectuées sur la fiche Google de leur établissement, via le bouton Google Reserve. « Et nous serons bientôt sur Instagram », promet Julien Balmont.