L’appât du gain serait une bonne chose ? Le dernier motto de Wall Street semble préférer l’Intelligence Artificielle (IA) et les chatbots.

Les robots sont en train de conquérir le monde, et nous n’aurons plus de travail. Attendez, ça ne va quand même pas arriver dans un futur proche, si ? Eh bien, nous savons maintenant que les industriels en technologie de l’information travaillent à appliquer petit à petit la robotique et l’automatisation dans nos vies, en gardant le contrôle de ces changements, de manière à ce que nous ayons toujours du travail, mais en nous concentrant sur des technologies à plus forte valeur ajoutée.

L’être humain et son merveilleux illogisme algorithmique

Les robots sont bons pour la répétition et la logique… et s’améliorent maintenant en apprentissage et en analyse. Mais les humains excellent là où il faut de l’intuition, du relationnel, de l’empathie et tous les autres aspects de la créativité qui ont besoin d’un merveilleux illogisme algorithmique. Les dernières avancées en Machine Learning et en intelligence artificielle renforcent quotidiennement notre compréhension de la différence entre l’humain et la machine.

Nous mettons maintenant cette différence, qui fait pour l’instant consensus, en application, et nous verrons de plus en plus de robots qui sont en fait des logiciels (souvent simplement appelés bots). En termes d’application, les bots logiciels cherchent à « imiter » et remplacer certaines fonctions jusqu’ici dévolues aux humains, exactement comme le font les robots matériels. Ils s’acquittent de leurs tâches en silence, ou avec une certaine dose de reconnaissance vocale et de capacité à communiquer avec nous autres humains… d’où le terme de « chatbot ».

Des robots à Wall Street

AiX, basé au Royaume-Uni, cherche à développer ces robots, ou chatbots, jusqu’au cœur de la bourse new-yorkaise. Cette entreprise a conçu un « courtier » chatbot doté d’intelligence artificielle, pour rapprocher le monde des blockchains et des crypto-monnaies des marchés financiers traditionnels opérés par des humains.

Le chatbot d’AiX conclura des accords à la place des traders et permettra de réduire les commissions sur ces accords jusqu’à 95 %. Il utilisera les technologies de machine learning pour trouver automatiquement les meilleures affaires. Ses concepteurs claironnent fièrement qu’il pourrait s’agir là de l’aube d’un nouvel âge des systèmes financiers démocratisés.

« J’ai travaillé plus de dix ans en tant que trader et courtier, pour finir en développant et vendant ma propre entreprise de courtage. Je sais, d’expérience, que les courtiers intermédiaires sont coûteux, inefficace et peu transparents. Ils sont les vestiges des années 1980, expliquait ainsi Jos Evans, ancien courtier, fondateur et actuel PDG de AiX. Le courtage en criant à la volée, comme on le voit dans les films, a été presque entièrement remplacé par les marchés électroniques. L’heure est maintenant venue de faire disparaître ces vieux dinosaures de courtiers intermédiaires ».

Cette technologie est-elle sécurisée ?

L’impact des blockchains sur les marchés financiers électroniques serait potentiellement très important. On verrait arriver de nouveaux échanges, de nouveaux tokens à échanger, de nouvelles plateformes technologiques et de nouvelles monnaies. AiX explique qu’ils utiliseront cette technologie pour obtenir des preuves des échanges et davantage de transparence, de manière à pouvoir suivre à la trace tous les échanges, inscrits de manière indélébile sur la blockchain sous forme « d’arbre de preuve » (evidence tree). Cette « arbre », ou système d’archivage, met à disposition des archives complètes et consultables des données et des décisions relatives aux échanges.

« Le poids des crypto-monnaies se rapproche rapidement des 170 milliards d’euros en capitalisation des marchés, continue M. Evans. Pour l’instant, c’est anecdotique à l’échelle des marchés financiers mondiaux, mais les investisseurs et les traders commencent à le remarquer. Nous allons franchir le fossé qui sépare les crypto-monnaies des marchés financiers traditionnels, pour permettre des échanges entre ces marchés à travers la plus simple des interfaces, c’est-à-dire un chatbot. Et surtout, nous allons utiliser l’intelligence artificielle pour optimiser chacun de ces échanges ».

Jon Evans et son équipe estiment que l’IA s’est maintenant développée au point de pouvoir remplacer les courtiers traditionnels dans leur rôle de recherche du meilleur prix et d’opération entre les marchés, même pour les marchés gré-à-gré ou les plateformes d’échange anonymes. Le moteur d’intelligence artificielle d’AiX est alimenté par Rainbird, une technologie louée pour son moteur de raisonnement cognitif particulièrement accessible.

Qui d’autre se lance dans le courtage robotique ?

AiX est-il le premier sur ce marché ? Pas vraiment… On peut déjà échanger des actifs sur Facebook Messenger avec des chatbots, et le Watson d’IBM a des compétences spécifiques dans les domaines de courtage financier. Et ce ne sont pas les seuls. AiX garde pour lui les fonctions de discussion et d’accessibilité, et cherche à se creuser une niche qui lui soit propre.

La vraie question pourrait être : la progression de ces bots nous aide-t-elle à prévoir si nos propres emplois sont menacés par l’automatisation robotique ?

Demandez-vous si vous êtes d’un merveilleux illogisme algorithmique, de la façon la plus humaine qui soit, au travail, et vous aurez votre réponse.