C’est une des introductions en Bourse les plus attendues de l’année. La messagerie d’entreprise Slack est devenue, en 2014, la plus jeune licorne de l’histoire en dépassant le milliard de dollars de valorisation. Elle vaut aujourd’hui autour de 10 milliards de dollars.

A titre de comparaison, Amazon est entrée en bourse en 1997 pour moins de un milliard de dollars, et a culminé, 20 ans plus tard, à près de 1 000 milliards de dollars.

Créée sur le modèle d’une simple messagerie de jeu vidéo, Slack est devenue en 5 ans l’application de référence du monde du travail.

Son secret ? « Slack, ce sont aujourd’hui 200 000 développeurs actifs qui ont contribué à en faire une des plateformes les plus connectées, avec 1 500 applications disponibles en seulement 3 ans – contre 5 000 (en 15 ans) pour Salesforce ou moins de 10 pour Yammer » explique le cabinet d’étude Fabernovel.

Slack s’est imposé comme le guichet unique du monde du travail en proposant la plateforme la plus complète pour partager et rechercher des fichiers. Le tout synchronisé sur tous les appareils. Elle combine les avantages du courrier électronique, la réactivité d’une messagerie instantanée et l’accessibilité des réseaux sociaux, le tout présenté au sein d’une belle interface minimaliste qu’un salarié peut maîtriser en quelques minutes.

Petit plus : « Tout est fait pour en créer un usage « fun », à l’image des statuts personnalisés, de l’ajout de nouveaux émojis pour créer un langage propre à l’entreprise – ou encore du « Slackbot », un robot aux rôles d’animation divers comme mettre en relation deux employés pour les faire se rencontrer et créer ainsi plus de proximité entre les utilisateurs », expliquent les analystes de Fabernovel.

L’App de messagerie professionnelle vient d’annoncer une nouvelle mise à jour qui facilite la recherche de fils de discussions, même si les utilisateurs ne connaissent pas le nom exact de ceux-ci ou ne savent pas s’ils existent. Ces groupes de discussion sur Slack consacrés à un sujet ou à un groupe de personnes spécifique, sont l’un des principaux moyens par lesquels les personnes discutent et échangent sur le service. Cette nouvelle fonctionnalité aide à s’y retrouver en identifiant des mots clés ou des sujets.

Mais le succès de Slack vient du fait que la plateforme permet de repenser et de digitaliser les entreprises. Selon Fabernovel, « Slack accélère le passage d’une entreprise pyramidale à une entreprise horizontale où toutes les personnes, à tous les niveaux, peuvent interagir entre elles avec moins de barrières hiérarchiques. Les entreprises sont ainsi décloisonnées, allant vers plus de transparence et de transversalité. Slack va jusqu’à étendre le périmètre de travail pour embarquer les clients ou freelances avec qui travaillent les entreprises. »

Seul frein au développement de cette plateforme, la sécurisation des données. Pour parer aux failles détectées, la société vient d’annoncer un outil qui devrait plaire aux entreprises travaillant dans les industries réglementées, baptisé Enterprise Key Management (EKM). Il devrait permettre aux utilisateurs de la plateforme d’améliorer la sécurité des messages et des fichiers partagés en améliorant le cryptage de leurs données et le contrôle des clés de chiffrement dans la version professionnelle de l’application.

Si l’introduction en Bourse de Slack fait déjà saliver les investisseurs, c’est que les chiffres donnent le tournis : 10 millions d’utilisateurs dont 38 % d’utilisateurs payants, 2 h 30 de temps actif par jour (soit 125 millions d’heures cumulées par semaine) sur Slack.

Les experts anticipent une valorisation entre 10 milliards et 20 milliards de dollars selon le mode d’introduction qui sera choisi.

De quoi effrayer ses concurrents, y compris les plus puissants comme Google. Avec la refonte de Gmail présentée en 2018, Google pourrait intégrer Hangouts Chat, un concurrent de Slack, sur cette barre latérale, ce qui permettrait d’accéder à ce service sans quitter Gmail.