La NASA vient de lancer sa mission robotique (Mars 2020) sans encombre. Cependant quel sera le nombre d’humains requis pour y vivre et créer une colonie autonome et prospère ?

Ce pourrait être l’une des questions les plus importantes jamais posées lorsque la NASA enverra enfin des gens sur la « planète rouge ».


Après tout, l’humanité pourrait être menacée d’extinction en raison d’un événement cataclysmique : le réchauffement climatique, une pandémie plus meurtrière, une guerre totale sur Terre ou une frappe d’astéroïde.

Si jamais nous devenions – peut-être devons-nous devenir – une espèce multi-planétaire, combien de colons exactement faudrait-il pour survivre sur une autre planète ?

Environ 110 personnes, selon un article publié dans Scientific Reports.

Le nombre de personnes qui pourraient être envoyées sur une autre planète serait plutôt limité, affirme Jean-Marc Salotti de l’Institut national polytechnique de Bordeaux et auteur de « The Minimum Number of Settlers for Survival on Another Planet » (Le nombre minimum de colons pour survivre sur une autre planète).

« Un modèle mathématique peut être utilisé pour déterminer le nombre minimum de personnes et le mode de vie pour la survie sur une autre planète », écrit Jean-Marc Salotti. « Le nombre minimum a été calculé et le résultat est de 110 individus. » Ce chiffre est intéressant. SpaceX travaille actuellement sur son Starship, une sorte de vaisseau spatial interplanétaire réutilisable qui serait capable d’envoyer 100 passagers à la fois sur Mars. Cependant, M. Salotti a des doutes quant à la réutilisabilité et pense que le développement d’un véhicule qui peut à la fois atterrir et redémarrer depuis Mars pourrait prendre plusieurs décennies.

Les concepts de missions martiennes avec un équipage prennent environ six mois pour qu’entre trois et six astronautes atteignent la planète, avec quelques dizaines de tonnes de produits de consommation. Bien qu’il soit possible d’obtenir certaines ressources de Mars – le dioxyde de carbone de l’atmosphère, la glace d’eau du sol pour produire de l’oxygène et des composés organiques, l’hématite pour produire du fer, les silicates pour produire du verre – nous sommes à des décennies de comprendre si tout cela serait pratiquement possible.

Les calculs de Jean-Marc Salotti sont basés sur la capacité d’un groupe d’individus à survivre si les livraisons en provenance de la Terre étaient arrêtées. Cela pourrait être dû au fait qu’une colonie deviendrait trop chère pour y envoyer des cargaisons, à cause de la guerre sur Terre, ou parce que les colons décideraient de faire cavalier seul et de déclarer une république martienne indépendante.

Il tient compte de facteurs tels que le temps que les colons devraient passer à exploiter des mines, à produire du métal, de la céramique et du verre, des produits chimiques et des vêtements, et recommande aux colons d’utiliser trois principes généraux :

  • Rendre les choses simples : minimiser le besoin en objets complexes. Tous les individus doivent vivre sous un dôme (recouvert de quelques mètres de terre pour protéger les colons des radiations) et partager le même système de survie. Les plantes seront cultivées dans des serres, l’eau sera extraite de la glace, les panneaux solaires serviront à produire de l’électricité et le méthane sera utilisé pour alimenter les moteurs. M. Salotti pense que la production de nouveaux panneaux solaires et de nouvelles combinaisons spatiales constituerait pour les colons un défi majeur à relever.
  • Maximiser le partage : tout le monde doit partager l’écosystème du dôme – l’air, l’eau, la nourriture, l’énergie, les outils, les combinaisons spatiales, les véhicules et les industries. Ce « facteur de partage » serait essentiel, selon M. Salotti.
  • Développer étape par étape : accepter des conditions de vie difficiles à court terme, accumuler des ressources, créer de nouvelles bases et de nouvelles industries afin de parvenir à une société moderne après quelques siècles.

« Si ce nombre relativement faible était confirmé, la survie sur une autre planète pourrait être plus facile que prévu », écrit Jean-Marc Salotti.

 

<< Article traduit de Forbes Us – Auteur (e) : Jamie Carter >>


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