On dit souvent que la technologie de la Blockchain peut changer le monde et, d’une certaine manière, c’est vrai. Cependant, il ne s’agit pas d’un remède miracle à tous les maux de la planète comme ses défenseurs le prétendent parfois.

Voici un aperçu des cinq problèmes majeurs de la Blockchain devant être connus de toutes personnes souhaitant se lancer dans ce secteur.

1. La Blockchain a un impact environnemental non négligeable

Ou tout du moins, c’est le cas aujourd’hui. Cette technologie s’appuie sur le chiffrement de données pour garantir leur protection et établir un consensus sur le réseau distribué. Cela signifie que les algorithmes complexes doivent être testés afin de prouver qu’un utilisateur a la permission d’écrire sur la chaîne, et cela nécessite énormément de puissance informatique et bien sûr, cette dernière a un prix. Par exemple, selon une étude britannique, l’an dernier, la blockchain du Bitcoin a consommé plus d’énergie que certains pays. La blockchain du Bitcoin est un réseau doté d’une capacité de marché de plus de 170 milliards de dollars (137 milliards d’euros). Elle est également tellement sophistiquée que sa sécurité est essentielle. Les blockchains plus petites sont beaucoup moins énergivores, comme celles mises en place par des entreprises pour surveiller et enregistrer leur activité commerciale de manière sécurisée. Cependant, il ne faut pas ignorer leur impact environnemental et leur consommation énergétique importante.

2. La quasi absence de réglementation crée un environnement à risque

Il s’agit d’un autre problème majeur du Bitcoin et des réseaux basés sur des blockchains. En réalité, de nombreuses personnes ayant investi ces derniers mois dans les cryptomonnaies ont découvert à leurs dépends que cet environnement est extrêmement volatile. Les arnaques et les manipulations de marché sont monnaie courante à cause du manque de réglementation. Par exemple, Onecoin s’est révélé être un système de Ponzi qui aurait dérobé des millions à des investisseurs qui pensaient avoir trouvé le « nouveau Bitcoin ». Tout comme pour de nombreux domaines du secteur de la tech, les législateurs n’arrivent pas à suivre le rythme des innovations et des arnaques. Les personnes sans scrupules cherchant à exploiter le FOMO (fear of missing out, peur de louper quelque chose) peuvent ainsi faire de gros bénéfices. Même si en tant qu’investisseurs spéculatifs dans les cryptomonnaies, vous avez choisi de vous en tenir aux plus connues comme le Bitcoin, le Litecoin ou l’Ethereum, il y a toujours un risque de piratage ou de clôture, sur ordre du gouvernement, de la plateforme d’échange ou de votre portefeuille en ligne. Encore une fois, ce sont les conséquences possibles du manque de réglementation du secteur.

3. Les utilisateurs finaux ont du mal à saisir les avantages de la Blockchain à cause de sa complexité

Bien que ses applications potentiellement révolutionnaires soit visibles une fois que l’on a compris les principes du chiffrement et du registre distribué, un individu lambda aura besoin de beaucoup de temps et de recherches avant de saisir l’utilité de la Blockchain. Les spécialistes de la tech parlent de remplacer les intermédiaires, pour la prévention des fraudes par exemple, souvent assumés par les services financiers. Mais les banques le font aussi bien que la Blockchain et pour un coût raisonnable pour l’utilisateur final. Ce n’est pas un hasard si la première blockchain (le Bitcoin) s’est fait connaître tout de suite après la crise financière de 2008, lorsque les médias et l’opinion publique reflétaient un mécontentement général et une méfiance croissante envers les institutions financières et leurs outils. Dix ans plus tard, et sans risque immédiat d’une nouvelle crise, existe-il toujours cette envie d’anéantir le secteur financier existant et de repartir de zéro ? Bien sûr, la crise de 2008 était inattendue et qui sait ce que l’avenir nous réserve. Les événements internationaux pourraient raviver cette envie de changement. En attendant, beaucoup seront réfractaires à l’idée d’adopter la technologie de la Blockchain.

4. Le fonctionnement des blockchains peut être lent et fastidieux

Une fois de plus, à cause de la complexité, du chiffrement et de la distribution, les transactions de blockchains peuvent être lentes par rapport aux systèmes de paiement traditionnels tels que la monnaie ou les cartes de débit. Le traitement des transactions en Bitcoin peuvent prendre plusieurs heures. Cela pourrait donc devenir compliqué de régler un café en cryptomonnaies, sauf si le commerçant est prêt à prendre des risques. Justement, cette technologie n’était-elle pas censée éviter les risques ? En théorie, on retrouve également ce genre de problèmes sur les réseaux de blockchains qui ne sont pas liés aux cryptomonnaies, comme les transactions d’authentification ou les environnements d’internet des objets (IoT). Ces chaînes (qui sont seulement des fichiers informatiques) peuvent ralentir et devenir peu maniables lorsqu’elles s’allongent et que le nombre d’ordinateurs impliqués augmente. Il faut espérer que cet inconvénient pourra être résolu grâce aux progrès informatiques concernant les vitesses de traitement. Mais pour le moment, c’est un gros problème.

5. L’establishment a intérêt à ce que la technologie de la Blockchain échoue

Soyons honnête, malgré les gros avantages de cette technologie, on entend souvent dire que le monde financier préférerait qu’elle disparaisse tranquillement. Les banques gagnent beaucoup d’argent grâce à leur rôle d’intermédiaire. Le coût de ce service étant réparti sur les millions de clients, son coût pour le client final est très réduit. En 2015, un ancien dirigeant de Barclays qualifiait de « cynique » l’intérêt et l’enthousiasme apparents du secteur car il souhaite contrôler, voire endiguer, l’usage de cette technologie émergente. 

Les banques ont un fort pouvoir de pression sur les gouvernements et les législateurs. Il est possible que le secteur financier traditionnel décide de réduire l’utilisation de la technologie ou sa disponibilité, voir de l’interdire, si c’est dans son intérêt.

Cependant, bien que ces obstacles soient des freins à son adoption, la technologie de la Blockchain va continuer d’évoluer dans les années à venir. Après tout, les progrès technologiques trouvent toujours le moyen de contourner les obstacles artificiels.