Les spécialistes parlent de « l’effet iceberg ». Pour parler des conséquences sanitaires du coronavirus, les médias parlent essentiellement des hôpitaux et des Ehpad, alors que 94,5% des seniors vivent à leur domicile où ils ne sont pas protégés pour autant.

 


Et cet « effet iceberg » fait froid dans le dos ! Selon l’Observatoire d’Ergocall, une plateforme nationale dédiée à la protection des seniors isolés à domicile, réalisé avec AG2R La Mondiale, 41% de ces seniors n’ont reçu aucune visite depuis 2 mois, se retrouvant ainsi complètement isolés. Alors que les risques auxquels ils sont potentiellement confrontés sont bien réels.

Car si le domicile est un terrain familier et de confiance pour les seniors – 93% des personnes appelées ne se sentent pas en danger dans leur logement -, les difficultés physiques et solitude entraînant une baisse des capacités cognitives, le risque de chutes et d’accidents domestiques est considérablement aggravé. 38% des sondés disent avoir fait une chute récemment. « La chute est une des premières portes d’entrée dans la dépendance. Risque important entraînant une dégradation phénoménale, c’est la première cause de mortalité chez les seniors », précise le Dr Jérôme Marty, Médecin gériatre et Président du syndicat de l’Union française pour une médecine libre.

Toujours selon l’observatoire, 75 % des seniors disent respecter les consignes de confinement. Pourtant ils sont 68% à sortir plusieurs fois par semaine, notamment pour faire leurs courses (55%) mais aussi pour se changer les idées et sortir de l’enfermement (13%).

Une situation qui peut s’expliquer par le fait que 85% des personnes âgées interrogées vivent seules, 50% reçoivent moins de visites qu’avant le confinement et 41% ne voient plus personne.

Car plus d’un senior sur deux n’a pas d’aide de professionnels à domicile et 34% ont vu leurs interventions diminuées ou supprimées. Du coup, 56% des seniors se disent angoissés et redoutent son prolongement.