PRESIDENTIELLE 2022 // Il y a déjà deux mois, Marc Zuckerberg faisait cette déclaration fracassante : Facebook changeait de nom et d’orientation. Il s’appellerait désormais « Méta » et serait dédié en priorité à l’établissement d’un monde aux fonctionnalités infinies nommé le métavers. Avons-nous mesuré la portée d’une telle annonce ? Non. En France, aucun candidat à la présidentielle n’a repris cette thématique. La France doit prendre l’initiative, dans le cadre européen, d’un vaste plan d’investissement de 20 milliards d’euros pour soutenir le développement du métavers. Si rien n’est fait d’urgence, la France et l’Europe raterons une nouvelle fois le train de l’innovation et des bouleversements structurels à venir.

 

Au même titre que la métaphysique est l’au-delà de la physique, le métavers sera le pendant de notre univers. Il décidera de potentiellement tout. Au sein de « sa » réalité, nous dialoguerons en temps réel, sous l’aspect d’avatars, dans des environnements imaginaires, en s’affranchissant de beaucoup de nos contraintes habituelles, nos capitaux y circuleront sans entraves et nous y élaborerons l’essentiel de ce qui constitue nos vies. Il n’est pas excessif de dire que d’ici cinq à dix ans, l’espace et le temps, tels que nous les connaissons aujourd’hui, en seront bouleversés.

 

Le rythme de l’innovation numérique est d’une telle rapidité que d’ici dix ans, le volume de l’économie du métavers devrait être situé entre 10 000 milliards et 30 000 milliards de dollars ! Qu’en sera-t-il dans vingt ans ? Et s’il supplantait carrément le volume de nos échanges traditionnels qui s’évalue aux environs de 80 000 milliards de dollars ? 

 

Reste que le métavers commence. Il exige encore des investissements de taille et des infrastructures d’avant-garde pour tout à fait prendre forme (casque 3D, réseau 5G, etc.). À ce stade, ce sont des banquiers et des techniciens qui s’affairent. Autant d’emplois et de perspectives, autant de trains en marche et de places à prendre. 

 

Le monde est donc une nouvelle fois sur le point de changer de visage. Et ni la France ni les pays européens ne sont à la manœuvre. Le constat est flagrant et pour le moins inquiétant : aucune des vingt premières entreprises technologiques du monde n’est européenne. 

 

La Corée du Sud, elle, a déjà bien compris ce qui se joue, puisqu’elle a créé une convergence entre le secteur public et le secteur privé, placée sous l’égide de son ministère des Sciences, dans le but avoué de garantir la liberté des Coréens face à la domination sans partage des Big Tech américains. Baptisée « Métaverse Alliance », elle regroupe 200 acteurs, dont Samsung. Et nous, qu’attendons-nous ? Pourquoi une telle initiative n’a-t-elle pas encore vu le jour en France ? 

 

Un plan d’investissement de 20 milliards d’euros pour le Métavers, voilà donc ce que je proposerais… si j’étais candidat.

 

Par Fabrice Zerahpdg d’Ubisolutions, membre de ConnectWave

 

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