Le retour à la réalité est rude et ne pas être contestataire, c’est presque faire partie d’une frange marginale de la population désormais.

Le grand rassemblement des gilets jaunes s’était appuyé sur l’augmentation du prix de l’essence il y a presque deux ans. Evoluant sur les tarifs autoroutiers en passant par la reconnaissance du vote blanc ou encore la suppression de privilèges d’élus, nous sommes désormais sur le RIP (Référendum d’initiative populaire) et le retour à l’ISF (Impôt sur la fortune). Une contestation chassant l’autre, la réforme des retraites à pris la relève puis stop … tout le monde à la maison, confinement oblige. La communication de crise gouvernementale anarchique agaçant plus d’un, le retour à la vraie vie s’annonçait mal. Toutes les strates des professions médicales battaient logiquement le pavé quand soudain, arriva l’affaire Floyd, puis Traoré, nous ne sommes pas à un amalgame près, avec son lot de manifestations antiracistes, puis anti-flics, nous savions que l’extrême gauche était en embuscade. Et comme ça ne suffisait pas, des affrontements communautaires entre Tchétchènes et «Quartiers», nom romanesque donné à une zone de non droit, où des individus brandissent des armes et tirent devant les caméras de télévision pour montrer qu’ «… ils ont voulu garantir la sécurité des habitants». Je cite Hamid El Hassouni adjoint au Maire François Rebsamen à Dijon et délégué à ce quartier désormais nationalement connu. Nous pouvons donc dormir sur nos deux oreilles, nous voici bien gardés.


Puis retour des gilets jaunes sur un autre thème, «La marche des fiertés». Il en faut également pour les LGBTQI. Tout le monde ne connaissant pas la fin de cet acronyme, le Q signifiant que la personne n’est ni hétéro ni homo. Quant au I, c’est pour les personnes pensant qu’elles n’ont pas de genre (féminin ou masculin). Comme quoi, ce n’est pas les idées qui manquent pour manifester.

Sinon il y a d’autres personnes, celles qui de manière vertueuse, sans ego démesuré et moins nombrilistes, entrainées par une démarche qui leur semble tellement évidente qu’elles n’ont pas l’esprit à philosopher, se sont engagées quatre semaines, week-ends et jours fériés compris jusqu’au 24 juillet, à l’Ecole des Officiers de la Gendarmerie de Melun pour devenir Officier dans la réserve opérationnelle. Les 30000 réservistes intégrés dans cette héritière des maréchaussées datant du 14ème siècle, a besoin de cadres pour des missions d’une journée à trois semaines. Assurer la sécurité des plus de 4000 kilomètres de côtes en période estivale demande du personnel formé, et il en est de même pour les événements de grande ampleur ainsi que les divers festivals et autres concentrations de vacanciers.

Chercheur au CNRS, commissaire priseur, prof de sport, PDG d’une boite spécialisée en cyber sécurité, pour un ancien hacker international c’est plutôt une suite logique. Conseillère bancaire, étudiante en droit ou en langues, spécialiste en fusion acquisition et expert comptable, on est à la Samaritaine des cerveaux qui tournent rond. Ils sont une quarantaine âgés de 22 à 44 ans à être venus s’adapter à une vie aux antipodes de la leur, encadrés par des pros qui leur enseignent méthodes de raisonnement tactique, intervention professionnelle, ou encore la législation et la rigueur de la prise en compte de séances de tirs et autres instructions à hauts risques. Et comme si ça ne suffisait pas, des journées et soirées entières de mises en situations durant lesquelles il leur faudra avec leurs effectifs, intervenir sur des conflits conjugaux, des déclenchements d’alarmes avec cambriolages à la clé ou encore des soirées de supporters qui dégénèrent en terrasse d’un pub. Le quotidien des forces de l’ordre est en train de devenir le leur. Les montées d’adrénaline les fatiguent, d’autant plus qu’il leur est demandé de l’analyse, du commandement en situation dégradée et un savoir être irréprochable.
Pour ces futurs officiers de réserve, il leur faudra attendre une année de plus pour prendre des vacances. Mais ce n’est pas leur souci du moment, eux qui à trois jours d’intervalle, ont observé une minute de silence sur les rangs, en hommage à un militaire de l’arme décédé du COVID19 et Mélanie Lemée, cette jeune gendarme de 25 ans, percutée par un trafiquant de drogue, au volant et sans permis d’un véhicule lancé sur elle à une vitesse estimée entre 130 et 150 km/h. C’est dans ce contexte qu’ils doivent rester concentrés car les examens arrivent et la formation n’est pas terminée.

Et si nous manifestions pour leur dire comme on est fiers de nos citoyens proactifs.

<<< À lire également : La Méthode Pour Devenir Proactif Au Travail En 4 Étapes >>>