Vous annoncez aujourd’hui la sortie de votre livre. Pourquoi avoir eu envie d’écrire sur votre parcours et votre engagement politique ?

Mickaël Nogal : Ce premier livre s’inscrit dans la continuité de mes actions pour faire de la pédagogie sur le rôle des parlementaires et mon souhait de reconnecter les citoyens et leurs représentants. Il faut apprendre pour connaître, connaître pour comprendre, et comprendre pour juger.

J’ai été séduit par Rocambole, cette nouvelle plateforme de streaming littéraire, qui offre une nouvelle expérience de lecture. Si les lecteurs prennent du plaisir à le lire et apprennent des choses, alors le pari sera réussi. Avec mon co-auteur Jean-Baptiste Bonaventure, nous avons fait le choix d’écrire à la première personne, pour immerger le lecteur dans cette histoire, et lui faire toucher du doigt ce qui apparaît comme étant lointain ou obscur pour beaucoup de Français. Cette co-écriture m’a permis de prendre le recul nécessaire par rapport à une histoire qui se construit au présent.

 

Le Président de la République signe pour la première fois la préface d’un livre écrit par un député. Pourquoi le vôtre ? 

M. N. : C’est à lui qu’il faudrait poser la question ! (rires). Je reviens dans le livre sur notre première rencontre en 2014, puis la création des Jeunes avec Macron en 2015, mes responsabilités locales au sein d’En Marche et enfin mon élection en 2017. Je lui suis très reconnaissant de la confiance qu’il m’a accordé, dans un pays plus habitué aux vieilles baronnies locales qu’à l’émergence des jeunes en politique. Aujourd’hui, nous échangeons régulièrement et les mots qu’il écrit à mon endroit m’ont beaucoup touché.

 

« Mickaël Nogal nous conte la destinée d’une famille qui a choisi la France pour y vivre, aimer, travailler. […] Il nous fait vivre l’aventure d’un jeune qui croit fermement que la valeur n’attend pas le nombre des années, et qui le prouve. […] Ce qu’on lit dans ces pages, c’est un journal intime de notre démocratie. […]

Dès la première heure, Mickaël Nogal m’a honoré de son soutien au sein des JAM avant de prendre des responsabilités dans les rangs d’En Marche et de rejoindre les bancs du Palais Bourbon. Je suis fier que notre jeunesse sache susciter et murir des vocations politiques aussi convaincues, et je souhaite que ce témoignage donne à beaucoup d’autres l’envie de s’engager. ».

Extrait de la préface du Président de la République, Emmanuel Macron.

 

Quels messages souhaitez-vous véhiculer à travers cet ouvrage ?

M. N. : Je veux montrer que la politique est l’affaire de tous, et qu’il est important que chaque citoyen s’engage, d’une manière ou d’une autre. La société avance quand l’ensemble de la population participe à un projet collectif. En tant que députés, on ne vote pas les lois que pour les gens qui nous ont élu, on le fait pour tous les Français. On s’engage en politique, au niveau local ou national, pour être utile aux autres et améliorer le quotidien de tous. J’ai volontairement fait le choix d’un récit transpartisan, d’abord parce que tous les députés ont la même légitimité quelle que soit leur étiquette, et parce que les Français doivent savoir qu’ils ont des représentants pleinement à leur tâche. Là encore, ce n’est pas une question de parti. Les évolutions concernant la limitation du cumul des mandats ou encore l’élection d’Emmanuel Macron en 2017 ont bouleversé le paysage politique, aujourd’hui plus féminisé, plus jeune et plus représentatif de la société.

 

Dans votre livre, vous invitez le lecteur dans des lieux inconnus du grand public voire même uniquement réservés aux parlementaires. Quel est votre lieu favori au coeur du Palais Bourbon ?

M. N. : Question difficile… car chaque lieu correspond à des moments, des activités différentes. Même si l’hémicycle est le lieu central, où vit la démocratie et où s’écrit la loi, j’aime m’isoler dans la bibliothèque. Avec ses arches et ses plafonds peints par Eugène Delacroix, ses rayonnages de livres auxquels on accède grâce à des échelles de bois, ses longues tables et ses lampes à la lumière douce, c’est peut-être le lieu le plus agréable du Palais Bourbon. J’aime beaucoup m’y retirer quand j’ai besoin de calme pour écrire un discours ou une intervention.

 

Emmanuel Macron salue dans sa préface votre expertise sur le logement, domaine dans lequel vous vous êtes imposé comme l’un des spécialistes à l’Assemblée nationale. Quels sont vos projets en cours ? 

M. N. : J’explique dans le livre pourquoi j’ai fait le choix de m’impliquer sur ce sujet majeur, qui est pour moi un sujet du quotidien par excellence, qui suscite beaucoup d’attentes de la part des Français. J’ai été responsable pour la majorité de la loi ELAN (Evolution du logement, de l’aménagement et du numérique, adoptée fin 2018) avant d’être chargé par le Gouvernement d’une mission sur le parc locatif privé et l’amélioration des relations entre propriétaires et locataires. En octobre 2020, j’ai été nommé par la ministre Emmanuelle Wargon président du Conseil national de l’habitat (CNH), l’instance qui réunit en France tous les acteurs du logement, de la Fondation Abbé Pierre aux agences immobilières, en passant par les associations d’élus, les organismes HLM, les professionnels du bâtiment, etc. A l’Assemblée, nous venons d’adopter en première lecture la loi Climat et résilience, qui vise notamment à accélérer la rénovation des passoires thermiques, ces logements très consommateurs d’énergie et qui émettent beaucoup de gaz à effet de serre. Ce travail se poursuit dans les prochains mois et la loi devrait être adoptée définitivement à l’automne.

 

La fin du mandat approche… serez-vous candidat à un deuxième mandat ? 

M. N. : Je reviens sur cette question dans le dernier épisode de « La séance est ouverte ». D’abord, il reste un an de mandat et je souhaite mener à bien l’ensemble des missions sur lesquelles je suis engagé. J’évoquais le logement, je suis également engagé auprès de la filière aéronautique pour laquelle j’ai participé avec le Gouvernement à l’élaboration du plan de relance. Le secteur est particulièrement fragilisé depuis le début de la crise et il importe d’accompagner toutes les entreprises, des grands donneurs d’ordre aux sous-traitants, pour traverser les turbulences et retrouver un horizon plus serein.

Faire un deuxième mandat, c’est signer pour cinq ans supplémentaires, et pas question pour moi de partir en cours de route. C’est un choix qui doit être mûrement réfléchi, discuté aussi avec ses proches, … Je prendrai donc ma décision en 2022, pas avant. 

 

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