Des milliers de Cubains sont descendus dans la rue dimanche pour protester contre les pénuries de nourriture et de médicaments essentiels, les restrictions à la liberté et la gestion par le gouvernement de la pandémie de Covid-19, dans ce qui constitue le plus grand soulèvement public que l’État communiste ait connu depuis plusieurs décennies.

 

Principaux faits

  • Les manifestants ont scandé « liberté » et appelé le président Miguel Diaz-Canel à démissionner lors de manifestations de rue qui ont éclaté dans plusieurs villes du pays, dont la capitale La Havane, rapporte Reuters.
  • Des vidéos des manifestations partagées sur plusieurs plateformes de médias sociaux ont montré des résidents exprimant leur colère face aux pénuries alimentaires qui sévissent dans le pays tout en demandant l’accès aux vaccins contre le coronavirus.
  • Selon CNN, plusieurs manifestants ont été arrêtés par la police qui a utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestations, dont un photographe travaillant pour l’Associated Press qui a été blessé.
  • En réponse aux protestations, Miguel Diaz-Canel a prononcé une allocution télévisée dans laquelle il a accusé les sanctions commerciales américaines d’être à l’origine des difficultés économiques de Cuba.
  • Le dirigeant cubain a déclaré qu’il pensait que de nombreux manifestants étaient sincères, mais qu’ils avaient été manipulés par des campagnes américaines sur les médias sociaux et par des « mercenaires contre-révolutionnaires ».

 

Chiffre important

10,9%. C’est le pourcentage par lequel l’économie nationale de Cuba s’est contractée en 2020 alors qu’elle faisait face à la pandémie de Covid-19, selon Reuters. En juin 2021, l’économie cubaine s’est contractée de 2% supplémentaires, entraînant d’importantes pénuries de produits de base.

 

Citation importante

« Les États-Unis soutiennent la liberté d’expression et de réunion à travers Cuba, et condamneraient fermement toute violence ou tout ciblage de manifestants pacifiques qui exercent leurs droits universels », a tweeté le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan.

 

Le contexte

Au cours des deux dernières années, Cuba a été confrontée à une crise économique majeure, aggravée par la pandémie et les sanctions strictes imposées par le gouvernement américain. Après un bref dégel des relations entre les États-Unis et Cuba sous Obama, celles-ci ont atteint leur point le plus bas depuis des années après que l’administration Trump a adopté des mesures économiques strictes, accusant l’État communiste d’héberger des fugitifs américains et son soutien au dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. Jusqu’à présent, l’administration Biden n’a donné aucune indication de son intention de les lever. Entre-temps, les mesures de confinement et les contrôles aux frontières qui ont été imposés dès le début de la pandémie ont gravement entravé le secteur lucratif du tourisme du pays. Jusqu’à présent, Cuba a signalé 238 491 cas de Covid-19 et 1 537 décès depuis le début de la pandémie. Le ministère cubain de la Santé affirme avoir entièrement vacciné environ 15% de sa population avec des candidats vaccins développés localement.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

 

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