Dans le cadre des élections régionales qui se tiendront du 20 au 27 juin 2021, la rédaction Forbes France vous propose un décryptage des régions à forts enjeux. Pour notre neuvième et dernier épisode, nous proposons un focus sur la région Hauts-de-France, où le président sortant et candidat à la présidentielle 2022, Xavier Bertrand (/LR/UDI) est candidat à sa propre succession. 


Les éléments clés 

  • Habitants : 6 millions 
  • Départements : 5
  • Chef-Lieu : Lille 
  • Budget du Conseil régional : 3,68 milliards

Née de la fusion entre les deux anciennes régions du Nord Pas-de-Calais et de la Picardie, la région a longtemps été marquée à gauche. En 2015, les Hauts-de-France basculent non seulement à droite mais la gauche disparaît du conseil régional suite à son retrait pour faire barrage au Front national. Cette élection avait été particulièrement médiatisée car deux personnalités politiques d’envergure nationale s’affrontaient en la personne de Xavier Bertrand et Marine Le Pen. Le premier cité avait récolté 57,77% des voix au second tour, soit quinze points de plus que son adversaire (42,23%). 

Depuis 2015, le Rassemblement national a continué son implantation dans le territoire. Lors de l’élection présidentielle de 2017, Marine Le Pen était arrivée en tête au premier tour (31%) et son résultat final était bien plus important que dans le reste de la France (47%). Cette année, le parti sera représenté par Sébastien Chenu, transfuge de l’UMP. S’il représente le principal concurrent de Xavier Bertrand, son manque de notoriété pourrait s’avérer être un obstacle à la victoire finale. 

 

La droite et l’extrême droite font la course en tête 

Sur les 7 listes présentées dans la région, 4 devraient être susceptibles de se maintenir au second tour. Selon le dernier sondage Ifop-Fiducial, Xavier Bertrand arriverait en tête au premier tour avec 34% des intentions de vote. Il peut s’appuyer sur un bilan perçu positivement par 66% des habitants de la région mais pas que… Le président sortant jouit d’une notoriété importante, 91% des personnes interrogées le connaissent. Dans une campagne où la sécurité est érigée comme l’une des principales priorités, derrière la santé, par les habitants, la liste de Sébastien Chenu n’entend pas se laisser distancer. Créditée de 32%, l’écart s’est resserré d’un point depuis le précédent sondage. 

Loin derrière ces deux listes on retrouve la liste de Karima Delli (20%) qui a réussi l’exploit de réunir écologistes, socialistes, insoumis et communistes dès le 1er tour, une première à l’échelle nationale. Celle menée par Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État au retraite, devrait tout juste obtenir le seuil à atteindre se qualifier au second tour (10%). La présence de cinq ministres, dont Éric Dupont-Moretti, le Garde des Sceaux et Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur, n’a pas réussi à insuffler de dynamique. 

 

L’Elysée en embuscade

Le rôle de la majorité au second tour pourrait s’apparenter à celui de faiseur de roi. En cas de retrait de liste LREM, le président sortant l’emporterait haut la main (43%) face au RN (35%) et à Karima Delli (22%). A l’inverse, l’incertitude est forte car la liste de Xavier Bertrand arriverait à parfaite égalité avec celle de Sébastien Chenu (35%). Un véritable dilemme car si mettre Xavier Bertrand en position d’avoir besoin de soutien peut s’apparenter comme un triomphe pour la macronie, la victoire d’un concurrent direct au président de la République pour 2022 serait tout aussi dangereux. De plus, le président sortant a annoncé qu’en cas de défaite il renoncerait à la présidentielle et à la vie politique. Une seule chose est sûre, les résultats du 20 juin au soir seront scrutés de très près du côté de l’Elysée.

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