Mardi, lors de son point presse quotidien, Donald Trump a annoncé qu’il s’apprêtait à signer un décret présidentiel pour suspendre l’immigration légale aux États-Unis pendant 60 jours.

La mesure concerne les détenteurs d’une carte de résident permanent et devrait, selon le président, aider l’économie américaine à se relancer pendant la pandémie. Cette décision coïncide également avec son programme présidentiel, dont l’une des mesures clefs consistait à limiter l’immigration sur le sol états-unien.


Le décret suspend la résidence permanente aux États-Unis pour les étrangers, mais ne concernera pas les travailleurs intérimaires, qui sont nombreux à évoluer dans les milieux de la santé et de la production alimentaire. Pour information, on estime qu’environ 25 % des médecins américains sont issus de l’immigration. Cependant, selon CNN, un document officiel du gouvernement semblerait indiquer que même les intérimaires pourraient être concernés par la mesure. Donald Trump lui-même a annoncé qu’un « deuxième décret » pourrait être signé, ajoutant de nouvelles restrictions au premier.

Pour justifier sa décision, le président des États-Unis a déclaré qu’il ne souhaitait pas que ceux qui ont récemment trouvé du travail dans le contexte de pandémie soient « remplacés » par des migrants. Pour de nombreux Américains, cette mesure est en réalité destinée à déresponsabiliser Donald Trump pour sa gestion de l’emploi depuis l’arrivée du Covid-19.

Le président assure qu’il procédera à une réévaluation après 60 jours, mais lorsqu’un journaliste lui a demandé sous quelles conditions le décret pourrait être annulé, il a expliqué pouvoir « le renouveler pour 30 jours ou le renouveler pour bien plus que 60 jours », en fonction de la situation économique.

Depuis le début de la pandémie, l’immigration est déjà ralentie aux États-Unis. Les demandes de visa aux ambassades sont interrompues et les tribunaux de l’immigration ont fermé leurs portes. Ceci concerne à la fois les résidents temporaires et permanents.

Lors de sa campagne présidentielle, Donald Trump avait mis un point d’honneur à dénoncer l’immigration illégale sur le sol américain. Mais depuis son élection, l’immigration légale a également été visée par le président, notamment à cause du décret anti-immigration de 2018, qui interdit le territoire aux ressortissants de six pays majoritairement musulmans. En février, le gouvernement a imposé des restrictions strictes aux citoyens en provenance de plusieurs pays, comme le Nigeria, dont les ressortissants doivent prouver qu’ils ont suffisamment de moyens financiers pour immigrer aux États-Unis.

Lundi soir, Donald Trump avait annoncé sur Twitter son intention de signer un décret présidentiel suspendant l’immigration. Il s’était alors attiré les foudres de nombreux opposants, notamment Bernie Sanders, qui avait réagi : « Donald Trump diffame une nouvelle fois les immigrants afin de cacher sa propre incompétence ». Pour justifier la réponse tardive du gouvernement fédéral face au virus, le président américain accuse à tort et à travers, à commencer par l’OMS et Barack Obama. Il rappelle avoir restreint l’accès aux ressortissants chinois sur le territoire dès le 31 janvier, une preuve selon lui qu’il aurait pris les choses en main rapidement. Cependant, en février et mars, alors que le coronavirus se propageait sur le sol américain, Donald Trump n’a pas pris d’autres mesures préventives, ce que lui reprochent de nombreux citoyens.

Les États-Unis sont en tête des pays les plus touchés, avec plus de 826 000 cas confirmés et 45 376 décès. Depuis le début du mois d’avril, plus de 22 millions d’Américains ont demandé à toucher les indemnités chômage.

 

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