Une épuration largement anticipée des hauts fonctionnaires du gouvernement américain, considérés comme pas assez loyaux envers Donald Trump, est en cours. Au moins 12 membres de haut rang du gouvernement ont quitté leur poste (volontairement et involontairement) peu après l’élection.

Chris Krebs, le directeur de la Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) du département de la Sécurité intérieure, est la dernière victime de cette purge. Il a été licencié par Donald Trump le 17 novembre dernier après la publication d’une déclaration dans laquelle son agence réfute les allégations du président concernant la fraude électorale généralisée.


Deux autres fonctionnaires du département de la Sécurité intérieure (Bryan Ware, directeur adjoint de la CISA, et Valerie Boyd, secrétaire adjointe aux affaires internationales) ont également été contraints de quitter leur poste la semaine dernière.

Le chef de cabinet du département de la Défense, Jen Stewart, a été remplacé le 10 novembre par Kash Patel, ancien collaborateur de Devin Nunes, qui a joué un rôle dans l’aide apportée aux républicains pour discréditer l’enquête sur la Russie.

Le même jour, le sous-secrétaire à la défense du Pentagone, Joseph Kernan, un Navy SEAL à la retraite, ainsi que le principal responsable politique du Pentagone, James Anderson, ont tous deux démissionné de leur poste, sans doute sous la pression du président. Le média Politico a rapporté que James Anderson était tombé en disgrâce après avoir repoussé une tentative de la Maison-Blanche d’installer plusieurs loyalistes de Donald Trump au sein du département de la Défense. 

La veille de ces départs au Pentagone, Donald Trump avait déjà révoqué le secrétaire à la Défense Mark Esper, qui, bien qu’initialement ridiculisé sous le nom de « Yesper » pour son adhésion aux directives de la Maison-Blanche, a finalement irrité le président pendant l’été en s’opposant au déploiement de troupes en service actif pour réprimer les manifestations à la suite de la mort de George Floyd, et pour avoir fait pression en faveur du changement de nom d’installations militaires, en hommage à des généraux confédérés.  

Le chef de la division criminelle du département de la Justice, Richard Pilger, qui occupait ce poste depuis 10 ans, a lui aussi démissionné le 9 novembre dernier pour protester contre la note de service du procureur général Bill Barr, autorisant des enquêtes pour des « allégations substantielles » de fraude électorale avant même que les résultats de l’élection ne soient certifiés. Ceci contredit les directives du département de la Justice visant à empêcher toute interférence avec les élections. 

Entre le 6 et le 8 novembre, le gouvernement Trump a également congédié en toute discrétion les dirigeants des trois agences fédérales chargées de superviser les armes nucléaires, la réglementation de l’électricité et du gaz naturel, et l’aide à l’étranger : Lisa Gordon-Hagerty, directrice de la National Nuclear Security Administration ; Bonnie Glick, directrice adjointe de l’Agence des États-Unis pour le développement international ; et Neil Chatterjee, président de la Federal Energy Regulatory Commission. Ce dernier a déclaré que son licenciement pourrait bien être une mesure de représailles pour les récentes actions de son agence encourageant une réponse au changement climatique. 

Le gouvernement Trump a également démis de ses fonctions Michael Kuperberg, le scientifique en charge du changement climatique au sein du United States Global Change Research Program, le 6 novembre dernier. Selon le New York Times, la place devrait être léguée à un climatosceptique.

Josh Rogin, chroniquer au Washington Post, a commenté la situation avec ironie : « Attachez vos ceintures. Les prochains mois pourraient être chaotiques ». Il ajoute que « la purge postélectorale de Trump a commencé ». 

De nombreuses publications, citant des sources anonymes proches du président, ont averti que d’autres hauts fonctionnaires qui ont contrarié le président pourraient être démis de leurs fonctions dans les semaines à venir, alors que le gouvernement Trump poursuit ses efforts de dernière minute pour mener à bien son programme. Le New York Times a indiqué que les responsables de la santé publique en particulier pourraient être visés, tandis que CNN place en première ligne de tir la directrice de la CIA Gina Haspel, ainsi que le directeur du FBI Christopher Wray, envers qui Donald Trump a ouvertement exprimé son ressentiment. 

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Jemina McEvoy

 

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