Les législateurs européens ont écrit une lettre au PDG d’Amazon, Jeff Bezos, pour lui demander si son entreprise surveille les hommes politiques et les militants syndicaux dans l’Union européenne, quelques jours après que le détaillant en ligne a supprimé deux offres d’emploi pour des « analystes du renseignement », qui décrivaient les syndicats comme des « menaces ».

 


Principaux faits

  • La lettre ouverte à Jeff Bezos – rédigée par la politicienne française Leïla Chaibi et signée par 36 autres membres du Parlement européen – exprime son inquiétude face à l’éventuel ciblage par Amazon des travailleurs cherchant à s’organiser et se demande également si le géant américain de la technologie a « espionné » les politiciens.
  • La semaine dernière, Amazon a publié deux offres d’emploi pour des « analystes du renseignement », dont le travail aurait consisté à surveiller divers éléments que la société considère comme des menaces, notamment les syndicats et les « dirigeants politiques hostiles ».
  • Les listes, qui regroupaient les syndicats avec les groupes de haine et le terrorisme, ont ensuite été supprimées après que Vice News en a fait état pour la première fois.
  • Dans leur lettre, les législateurs notent qu’ils s’inquiètent de savoir si « les syndicats européens, ainsi que les élus locaux, nationaux ou européens, sont affectés par cette approche de “surveillance des menaces”, qui vise à réprimer les actions collectives et l’organisation syndicale ».
  • Selon le Guardian, les parlementaires qui ont signé la lettre sont principalement issus de partis de gauche et de partis verts, représentant des circonscriptions de toute l’UE, notamment en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne.

 

Critique principale

Dans un fil Twitter, où elle a partagé une copie de la lettre, Leïla Chaibi a attaqué le géant du e-commerce en écrivant : « Des signes d’alerte se multiplient sur les politiques antisyndicales et antidémocratiques d’Amazon ». Ajoutant : « Jeff Bezos, la liberté d’association, la liberté d’expression et la démocratie ne peuvent être remises en cause par aucune entreprise, y compris la vôtre ».

 

Citation importante

Selon un rapport de CNBC, un porte-parole d’Amazon a déclaré que le poste n’était pas une description précise du rôle, ajoutant qu’il « avait été créé par erreur et avait depuis été corrigé ». L’entreprise a également souligné qu’elle ne voulait pas que son personnel « espionne » des groupes tiers, mais qu’elle cherche plutôt à analyser les informations accessibles au public pour comprendre l’environnement dans lequel elle opère.

Le contexte

La semaine dernière, les syndicats de la région ont demandé une enquête de la Commission européenne pour savoir si la surveillance par Amazon des travailleurs était légale après la publication des deux offres d’emploi. L’Open Markets Institute, qui étudie les monopoles, a publié un rapport sur les mesures de surveillance des employés d’Amazon, notant qu’un aspect fondamental du pouvoir de l’entreprise vient de sa « capacité à surveiller chaque aspect du comportement de ses travailleurs et à utiliser la surveillance pour créer un environnement de travail dur et déshumanisant qui produit un état constant de peur, ainsi qu’une angoisse physique et mentale ».

 

Chiffre important

19,816. C’est le nombre total d’employés de première ligne d’Amazon qui ont été testés positifs ou présumés positifs au Covid-19, selon des données partagées par l’entreprise elle-même. Les travailleurs et les coalitions de militants ont accusé l’entreprise de mettre en danger sa main-d’œuvre en pleine pandémie.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Siladitya Ray

 

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