Les troubles de la mémoire sont très fréquents chez les managers. L’Ayurvéda prodigue un ensemble de conseils pour améliorer le fonctionnement de la mémoire qu’elle considère comme un signe de bonne santé.

Un manager qui oublie un rendez-vous, qui ne se souvient plus du nom d’une personne qu’il a déjà rencontrée ou qui ne retrouve plus simplement un dossier voit son efficacité et sa crédibilité mises à mal à cause de « simples petits trous de mémoire ». Contrairement aux idées reçues, ces troubles touchent toutes les classes d’âge. Faut-il s’en inquiéter? Cela dépend. L’Ayurvéda estime qu’une bonne mémoire est indispensable à une bonne santé. Les questionnaires qui déterminent la constitution ayurvédique d’un individu comportent toujours une question en rapport avec la mémoire. Corollaire : tout dysfonctionnement de la mémoire est le signe d’un déséquilibre révélateur d’un problème de santé.


Que nous apprennent les neurosciences au sujet de la mémoire ? Les recherches dans ce domaine montrent que le bon fonctionnement de la mémoire dépend de plusieurs composants chimiques, dont l’acide gamma-aminobutyrique, sans doute le plus important. Résultat de la transformation de l’acide glutamique, cet acide apaise l’esprit et filtre les distractions, ce qui permet de mémoriser sans mal une liste de tâches à effectuer dans la journée. Sur un tout autre plan, l’imagerie cérébrale[1] montre l’implication du lobe temporal interne et de l’hippocampe pour qu’un souvenir soit revécu avec précision et plénitude, mais aussi le recours aux lobes frontaux dans le cas d’une recherche active en mémoire.

Par où le manager qui souhaite améliorer sa mémoire doit-il commencer? Selon l’Ayurvéda, il doit s’attaquer en premier lieu au stress et à la fatigue. Ce sont les principaux facteurs à l’origine des troubles de la mémoire. Ils vont souvent de pair avec des problèmes de sommeil. C’est pourquoi l’Ayurvéda recommande la pratique régulière de la méditation. N’importe quelle technique de méditation conviendrait-elle ? La réponse est non. En effet, une recherche conduite en 2015 à l’université de San Diego – et dont les résultats ont été publiés dans la revue Psychological Science- montre que la méditation de pleine conscience déstructure et transforme la relation au temps, ce qui pourrait favoriser la création de faux souvenirs et avoir un effet négatif sur les tests de mémoire. « Avec la méditation de pleine conscience, les souvenirs deviennent moins fiables » reconnaissent les auteurs de cette recherche. Ce n’est pas du tout le cas avec la méditation transcendantale. Cette dernière a fait l’objet de nombreuses recherches en rapport avec la mémoire. Dans l’une d’entre elles, les étudiants d’une université ont suivi le programme de méditation transcendantale pendant 40 jours. L’étude a montré un accroissement de la mémoire à court terme par rapport à un groupe de contrôle qui fermait simplement les yeux pendant le même temps.

 

L’Ayurvéda recommande aussi la pratique régulière de l’exercice physique et la marche matinale au lever du soleil. L’exercice physique modéré accroît le niveau de protéines PGC-1alpha dans le cerveau. La recherche montre que l’activité physique modérée réduit de 39 % le risque de développer des troubles cognitifs mineurs. A un âge plus avancé, l’exercice physique entraîne une baisse supplémentaire du risque de 32 %. Quant à l’exposition au soleil, elle est connue pour accroître le niveau de vitamine D dont le lien avec l’Alzheimer est largement documenté. Une forte corrélation entre un faible taux de vitamine D et de mauvais résultats à des tests cognitifs a été démontrée par plusieurs études. La vitamine D est également connue pour stimuler le niveau de neurotransmetteurs et d’autres messagers chimiques intervenant dans le bon fonctionnement du cerveau.

Au niveau de l’alimentationl’Ayurvéda estime qu’elle doit être adaptée à la constitution du manager et comporter en outre les aliments capables de nourrir le cerveau (les noix par exemple). Cette recommandation est en phase avec celle de la science moderne en termes de vitamine B 12 et d’Oméga 3. Ils jouent indirectement un rôle dans la qualité de la mémoire puisqu’ils sont tous deux reliés à la santé du cerveau. Ils peuvent être pris en compléments alimentaires disponibles dans toutes les boutiques diététiques. L’Ayurvéda recommande aussi l’usage du curcuma dans les préparations culinaires. Cette épice doit être cuisinée à moins de 100 ° Celsius. Pigment qui donne au curcuma sa couleur, la curcumine a une  action anti-inflammatoire et antioxydante qui protège les neurones contre les attaques de radicaux libres. Elle fait donc partie intégrante d’une stratégie d’amélioration du fonctionnement du cerveau. De récentes recherches suggèrent en effet que la curcumine s’immisce dans les membranes des cellules, ce qui les rendraient plus solides.

L’Ayurvéda recommande en outre deux plantes connues pour améliorer directement le fonctionnement de la mémoire. La Bacopa Monnieri, encore appelée « Brahmi powder », contient plusieurs composants qui aident l’organisme à produire plus d’acide gamma-aminobutyrique. Plusieurs recherches publiées dans les magazines scientifiques Phytotherapy Research, Neuropsychopharmacology et Journal of Alternative Complementary and Integrative Medicine montrent que la Bacopa Monnieri améliore la mémoire, la rétention de nouvelles informations. En outre, elle bloque les parasites qui perturbent la remémoration de listes de mots. L’autre plante conseillée est connue sous le nom botanique de Boswellia[2] ou shallaki en sanscrit. Elle a de très nombreux effets positifs sur la santé. Elle contient entre autre de l’incensole acétate, un composé que l’on retrouve dans l’encens et qui est censé protéger les cellules de l’hypocampe responsables de la mémoire et de l’apprentissage. L’incensole acétate stimule le psychisme en  activant certains canaux du cerveau.

Enfin, l’Ayurvéda propose une série d’exercices censés renforcer les muscles extra-oculaires de l’œil et favoriser ainsi les différents types de mémoires, la mémoire visuelle, la mémoire auditive, la mémoire tactile, la mémoire olfactive, la mémoire gustative ainsi que l’intuition. Des relevés électro-encéphalo-graphiques (EEG) ont montré que ces exercices augmentaient la cohérence des ondes cérébrales. La mémoire visuelle est renforcée si l’on regarde en haut et à gauche et si l’on maintient cette position oculaire pendant quinze à vingt secondes. La mémoire auditive est renforcée si l’on regarde en bas (ou à l’horizontal) et à gauche et si l’on maintient cette position oculaire pendant quinze à vingt secondes. La mémoire tactile est renforcée si l’on regarde en bas et à droite et si l’on maintient cette position oculaire pendant quinze à vingt secondes. La mémoire olfactive est renforcée si l’on regarde le nez avec les deux yeux et si l’on maintient cette position oculaire pendant quinze à vingt secondes. Idem avec la langue pour la mémoire gustative. L’intuition est renforcée si l’on regarde ce que l’on appelle le troisième œil et si l’on maintient cette position oculaire pendant quinze à vingt secondes. Ces exercices oculaires – connus sous le nom sanscrit de drishti – peuvent être répétés plusieurs fois en évitant toutefois de fatiguer les yeux.

Le manager peut entraîner sa mémoire ainsi que le suggèrent de nombreux magazines ou sites destinés aux professionnels. Exemple : il peut apprendre par cœur le discours qu’il va prononcer la semaine suivante en y associant sa mémoire visuelle. Il doit ainsi parvenir à recomposer dans sa mémoire une image identique à l’image réelle, quitte à faire pour cela quelques allers-retours entre l’image réelle et l’image mémorisée. Le manager peut également développer sa mémoire à long terme. Comment ? La méthode est simple. Elle est basée sur l’itération. Relire un texte déjà appris par cœur pendant 10 mn permet de le mémoriser pour la journée. Le relire le lendemain pendant 5 mn permet d’en garder la mémoire pour toute la semaine. Y revenir une semaine plus tard pendant 3 mn permettra de le mémoriser pour tout un mois. En répétant l’opération un mois plus tard, la mémoire sera active encore plus longtemps. Consulter à ce sujet les nombreux ouvrages qui traitent du sujet. Apprendre par cœur n’importe quel texte est une excellente habitude à l’heure où l’enseignement s’appuie de plus en plus sur la capacité mémoire de nos PC, de nos tablettes et de nos smartphones !

 

[1]                               Voir à ce sujet le livre Les Chemins de la mémoire de Francis Eustache, directeur de l’unité Inserm neuropsychologie cognitive et neuro-anatomie fonctionnelle de la mémoire humaine.


[2]                               Pour la Bacopa Monnieri et la Boswellia, assurez vous de choisir des plantes de qualité biologique. Pareil en ce qui concerne la vitamine B12. Pour l’Oméga 3, sachez que la plupart des fabricants l’extraient de sources marines (saumon notamment) polluées aux métaux lourds. Veillez là aussi à opter pour des sources exemptes de cette grave pollution.