Si la crise liée à la covid-19 bouleverse durablement le rapport au travail, le dernier sondage ODOXA pointe une préoccupation générale des salariés face à la menace du chômage : ils sont 71 % à ne plus vouloir télé-travailler contre 55 % en avril dernier.

 


Une France au ralenti avec presque la moitié des français qui ne travaillent plus et 3 sur 4 actifs qui télé-travaillent… une configuration où le travail à distance est passé d’une pratique anecdotique à une remise en question durable de l’organisation nombreuses entreprises françaises. Pourtant entre les deux sondages d’Odoxa réalisés en avril et septembre dernier sur le rapport au travail des français, il semblerait que les effets collatéraux économiques de la crise sanitaire commencent à se faire sentir dans l’opinion générale. Si le télétravail faisait partie d’un certain consensus pendant le confinement, aujourd’hui encouragé par le gouvernement* pour se protéger de la covid-19, les français ont peur. Dans le magazine “Challenges” le président de l’institut Odoxa explique que « Le monde l’après n’est pas le monde d’avant, mais pas non plus le monde du confinement. Le chômage est plus présent et le télé-travail beaucoup moins. ».

 

Avec certains secteurs comme l’hôtellerie, la restauration, la culture, le sport directement tributaires d’une économie « en présentiel » qui ressortent comme les secteurs les plus anxiogènes : Ils sont 75% de salariés à avoir peur pour leur emploi.

 

Le travail à distance a également été facteur d’inégalités face au travail durant la crise : avec des cadres qui  ont pu conserver leur travail en l’exerçant confortablement en télétravail (57%), tandis que les catégories populaires l’ont, soit perdu, soit été contraintes de l’exercer en « présentiel ». Si les français craignent désormais autant pour leur santé que pour leur travail, le gouvernement tente de rassurer. Il a annoncé que « 42 milliards seront dépassés d’ici fin 2021 » pour soutenir l’emploi avec l’aide à l’embauche des jeunes mais aussi le soutien aux industries les plus touchées comme l’automobile et l’aéronautique. Quant au dispositif du chômage partiel, il a été prolongé jusqu’à l’été 2021. Des mesures pour éviter le stress qui gagne les ménages tentés de ne plus dépenser « en attendant de voir venir »… et éviter d’aggraver la situation économique.

 

*communiqué du 5 octobre du ministère du Travail