Il y a quelques jours seulement que je suis rentrée et déjà les vacances me semblent lointaines. Vous connaissez sans doute ce sentiment. 

Tout de même et c’est heureux, à mon retour quelle énergie ! Avoir échappé quelque temps au tumulte. Les plus chanceux d’entre nous ont pu oublier l’agitation du monde. Retrouver le calme, la famille, la nature, se couper de l’actualité : se reposer. Et revenir… les batteries rechargées, rattraper le temps qui lui n’a pas cessé de courir. Rentrer de congés… reprendre sa place, reprendre sa course.

 

« L’intelligence c’est la capacité à choisir et à évoluer »

 

Je me souviens de mon état d’esprit au milieu de l’été. Préparant mon départ, entre joie et fatigue caractéristiques des fins d’année, j’écoutais une intervention de Vandana Shiva, dont j’admire l’engagement, dans l’émission de France Culture « La Grande Table ». Au micro d’Olivia Gesbert, Vandana Shiva, Prix Nobel Alternatif 1993, écologiste, écrivaine, activiste d’honneur de l’ONU et militante féministe indienne, s’exprimait au sujet de plusieurs de ses ouvrages. Mais aussi et surtout elle était interrogée sur l’actualité du développement durable, notamment son point de vue concernant la décision des Etats Unis, par la voix de Donald Trump, de se retirer de l’Accord Climat de Paris.

 

En l’écoutant parler de ses actions en faveur de ce qu’elle appelle la « démocratie de la Terre », une phrase a particulièrement retenu mon attention : « La nature fonctionne grâce à son intelligence. Dans la racine d’une plante il y a plus d’activités neurologiques que dans le cerveau de l’homme, dans le sol il y a plus d’interconnexions que dans le World Wide Web. […] L’intelligence c’est la capacité à choisir et à évoluer ».  Pour résumer : l’intelligence de la matière organique est bien supérieure à celle que l’Homme crée à partir de ses réflexions. Pourtant me disais-je, ce qui est encourageant c’est qu’il contient en lui ce même savoir. Encore faut-il le mobiliser.

Je trouve intéressant de constater l’essor du marché du développement personnel d’une part, et celui du développement durable d’autre part, car cela ne me semble pas décorrélé. Sans doute n’y a-t-il pas de différence entre la nécessité d’une gestion efficiente des ressources de la Terre et la volonté grandissante de l’être humain de répondre au besoin de se reposer, de se « ressourcer ». A bien y regarder, la planète comme ses habitants expriment de plus en plus clairement la nécessité de ralentir la cadence.

 

Dérèglement climatique et « burn-out », même combat ?

C’est via un article de La Tribune posté au mois d’août sur les réseaux sociaux que j’ai découvert un reportage faisant écho à cette idée. « Speed, à la recherche du temps perdu » est un documentaire réalisé par Florian OPITZ, un journaliste qui se posait une question que nous sommes nombreux à ressasser toute l’année : « Alors que je dispose d’outils de plus en plus performants pour gagner du temps, comment se fait-il que j’aie sans cesse le sentiment d’en manquer ? ».

Ce qui m’a frappé c’est de voir le journaliste découvrir de fil en aiguille que le syndrome d’épuisement professionnel, ou « burn-out », ne viendrait pas uniquement de la surabondance d’actions à réaliser par l’individu mais d’une agitation intérieure qui trouverait sa source dans la difficulté qu’il rencontre à identifier ses priorités. Sensation de devoir tout gérer, tout suivre en même temps, au plus vite, ne rien vouloir rater de ce qui se déroule partout. Cette boulimie d’informations qui épuise viendrait en réalité de la volonté de faire la course avec la montre d’un temps artificiel : celui de l’informatique. La conclusion de son enquête est que dans cette sorte de délire généralisé nous avons oublié, semble-t-il, que la vie impose de faire des choix et de respecter un rythme naturel qui n’est pas celui des machines et du temps de la nanoseconde.

En cette mi-septembre, observant avec effroi les catastrophes météorologiques qui s’abattent sur les Antilles (Ouragans José, Irma, Maria…), mon esprit revient sur l’émission de radio citée plus haut. Au cours de celle-ci, Olivia GESBERT cite Naomie Klein, journaliste, essayiste et réalisatrice canadienne : « C’était du vent l’idée que nous étions les maîtres de la nature ! ». Triste écho… L’augmentation continue de la violence des catastrophes naturelles comme injonction à capituler, à retrouver, dirais-je, l’humilité du « vieux sage » qui, parce qu’il écoute, sait et vit en harmonie avec son environnement. S’il y a véritablement une urgence, c’est bien de redonner vie à ce « vieux sage » en chacun de nous. Procrastiner sur cette question n’est plus possible. En fait, repousser l’échéance de l’action concrète pour le retour au calme est devenu à proprement parler un acte d’autodestruction.

 

Prendre le temps d’écouter, d’observer, de créer

Nous épuisons nos ressources humaines comme nous épuisons nos ressources naturelles. Nous surexploitons nos corps comme nous surexploitons notre Terre. Sous toutes ses formes la vie nous appelle de plus en plus fort à observer son intelligence et respecter son tempo. Sans cette sagesse point de prospérité. Les difficultés caractéristiques de notre époque en sont la preuve manifeste.

Alors ralentir… pour « choisir et évoluer ». Cela peut sembler effrayant… Mais concrètement, tout le prouve, cette peur-là est absurde. Notre responsabilité aujourd’hui est de nous faire confiance. Nous avons déjà tout pour faire mieux.  Se mettre au calme est une condition sine qua non pour écouter, observer, créer. Ralentir pour innover… Révéler sa propre connaissance, son potentiel unique, plutôt que copier ce qui l’a été par le voisin. Prendre le temps de faire autrement : se faire confiance pour faire mieux plutôt que plus.

Yasmina Sahed-Granger, Fondatrice de Genyendo

 

« Depuis bientôt 5 ans je mets ma méthodologie de création de valeur durable au service de mes clients. Mon travail : faire la lumière sur les croyances et perceptions des individus, distinguer leurs capacités et obstacles réels de ceux qui sont perçus, les confronter de façon à obtenir une vision objective de leur contexte. Car c’est à partir de là, en traduisant les besoins et les attentes en opportunités puis en objectifs communs, que l’on révèle les solutions adaptées à un groupe. Après avoir travaillé plusieurs années auprès des universitaires, des étudiants et des enseignants, j’ai à cœur d’accompagner les personnes qui, dans les entreprises, souhaitent se mettre autour de la table et faire de leur authenticité le socle de leur réussite. »