L’innovation collaborative et sa dynamique sont au coeur de la croissance économique. Pour autant, de manière à l’appréhender pleinement, il importe d’adopter une approche renouvelée , en s’appuyant sur la notion éclairante d’écosystème. On définira cette notion comme une forme assimilable à un réseau d’affaires au sein duquel différents acteurs et parties prenantes interagissent de manière coopérative, mais aussi sous forme coopétitive (d’où le terme de coopétition), de manière à faire émerger des innovations. Cette notion sera concrètement illustrée à travers la présentation de deux tableaux qui se combinent et en constituent les grilles de lecture. La combinaison de ces cinq composantes et de ces quatre niveaux d’agrégation, nous éclaire sur une approche renouvelée de l’innovation collaborative, fondée sur un nouvel écosystème prometteur.

 

1. Les cinq composantes combinées d’un écosystème innovant (voir tableau I)

On en dénombre cinq en interaction : le contexte général, les lieux, les liens, les acteurs et les projets. Il s’agit alors dans ce cadre, pour les organisations de favoriser dans la mesure du possible, la prise en compte de ces différentes composantes en vue de leur articulation, afin de favoriser les pratiques d’innovation collaboratives. Le tableau I ci dessous, les synthétisent.

 

2. Les quatre niveaux d’agrégation combinés et articulés de cette dynamique écosystémique favorable à l’innovation collaborative (Tableau II)

Ainsi, de manière complémentaire, ces différents niveaux articulés, s’emboitent et s’agrègent pour favoriser cette dynamique, de niveau Méta, sur un large territoire, au niveau Micro, dans le cadre d’espaces dédiés au sein d’entreprises. Le tableau II ci dessous, les présentent.

 

Tableau I : Les cinq composantes d’un écosystème innovant

Contexte général

Environnement nécessairement favorable à l’innovation autour d’une “atmosphère” technologique, intellectuelle, de business, à l’exemple des clusters.
Lieux  Espaces géographiques dont l’étendue varie suivant les différents niveaux : Méta, Macro, Méso et Micro (voir leur présentation dans le tableau II).
Liens  De différentes nature, éventuellement combinés : 
Acteurs Impliqués dans cet écosystème et le plus souvent constitués d’organisations et de travailleurs professionnels du savoir.
Projets Prometteurs, à caractère souvent disruptifs, issus de productions interactives entre les quatre composantes précédentes.

 

Tableau II : Les quatre niveaux d’agrégation de cette dynamique écosystémique

Méta-Ecosystémiques

Espaces géographiques concentrés dans le cadre d’agglomérations économiques et de clusters.
Macro-Ecosystémiques Partenariats coopétitifs innovants, gravitant autour d’une firme leader, dont le coeur est le plus souvent positionné au sein d’espaces Méta-Ecosystémique.
Méso-Ecosystémique Entreprises dont les dirigeants favorisent et promeuvent un climat favorable à la culture de l’innovation ouverte et à la prise de risque (entrepreneurial et intrapreneuriale).
Micro-Ecosystémique Espaces dédiés d’entreprises, inspirants et transformants, relativement permissifs, dédiés spécifiquement à l’innovation collaborative, voire disruptive. C’est le cas typique des fablabs internes.

 

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