La pratique de la méditation en groupe produit des effets positifs sur toutes les organisations. C’est ce qui ressort des plusieurs études et observations réalisées avec la pleine conscience et la méditation transcendantale.

L’étude publiée en mars dernier dans le Journal de l’Academy of Management[1] montre que même si les défis et les différences d’opinion sont inévitables lorsque l’on travaille en équipe, ils peuvent être réduits, voire évités, grâce à la pratique de la pleine conscience en équipe. Conduite à la Sauder School of Business à l’Université de Colombie-Britannique, cette étude a porté sur deux groupes distincts : un premier constitué de 394 étudiants du niveau Maîtrise en Administration des affaires aux Etats-Unis et un second constitué de 292 travailleurs dans le secteur de la santé en Chine. Les deux groupes ont appris la technique de méditation de pleine conscience et développé une vigilance d’équipe née de la conviction partagée que se concentrer sur le moment présent et s’assurer que les membres de l’équipe interagissent les uns avec les autres sans porter de jugement apporterait des résultats positifs. « Il a été prouvé que la pleine conscience augmentait la satisfaction au travail et le bien-être psychologique et diminuait le stress chez les employés. Nous nous sommes donc demandé comment ces avantages pouvaient être mis à profit dans l’environnement d’une équipe », explique Lingtao Yu, co-auteur de l’étude. « Nous avons constaté que lorsque les équipes étaient plus attentives, cela réduisait les conflits interpersonnels et aidait les équipes à mieux se concentrer sur la tâche à accomplir. »

Autrement dit, lorsque les équipes sont plus conscientes du moment présent, le degré de conflit interpersonnel diminue. Les membres de l’équipe sont également moins susceptibles de transformer leur frustration liée à une tâche particulière en conflit personnel avec leurs collègues. Cela a aidé les membres de l’équipe à se détacher et éliminer les émotions fortes et les sentiments de préjugés. « Notre recherche confirme que les conflits peuvent déborder sur les comportements interpersonnels, nuisant au travail d’équipe dans son ensemble », rappelle Mary Zellmer-Bruhn de l’Université du Minnesota, également co-auteur de l’étude. « La vigilance en équipe peut agir comme une protection contre cela et garantir que la tâche, plutôt que la personne, reste au centre des réactions. Elle peut également limiter l’intensité de l’opposition et des émotions négatives, limitant ainsi la possibilité d’escalade. » Sur la base de ce constat, les chercheurs ont franchi un cap. Ils affirment que les entreprises devraient se  mobiliser pour introduire la méditation de pleine conscience dans leurs équipes et non plus, comme c’est le cas chez Google ou Target, à titre de pratique individuelle. Elles pourraient ainsi bénéficier de l’effet en groupe. Principale raison : « A l’heure où les entreprises s’organisent en équipes et où les niveaux de stress deviennent plus élevés, nous espérons concevoir un programme de vigilance d’équipe basé sur des preuves scientifiques », anticipe Lingtao Yu.

Méditation, une pratique « win-win »

La méditation transcendantale n’est pas en reste, loin s’en faut. Dès le milieu des années 70, période où l’on disait simplement que la méditation était une pratique  « win-win » pour le salarié et l’entreprise, l’effet de groupe été observé et mesuré à plus large échelle. Exemple révélateur : dans une usine américaine du secteur de la chimie, le suivi des plusieurs paramètres a montré qu’à mesure que le nombre d’employés apprenaient la technique de méditation transcendantale, la productivité augmentait et le nombre de jours d’arrêt au motif de maladie diminuait[2].

Cette observation a été faite de manière systématique sur de nombreux cas réels. Mais c’est toujours sur la base de résultats objectifs[3] que la méditation transcendantale était introduite en tant que programme de développement dans des centaines d’entreprises de toutes tailles de par le monde. Rappelons que les recherches effectuées sur les personnes qui pratiquent la méditation transcendantale indiquent qu’elle réduit le stress, améliore la santé, enrichit le fonctionnement mental, améliore les relations personnelles et accroît la satisfaction et la productivité au travail. L’employé devient plus productif et plus créatif[4]. De tels résultats sont essentiels dans un contexte de compétition mondiale.

 

L’effet de groupe est parfaitement visible

Le groupe métallurgique Sumitomo Heavy Industries au Japon a été parmi les premiers à faire l’expérience[5] de la pratique en groupe. Plus de 300 PDG ont appris la méditation transcendantale ainsi que de  très nombreux cadres. Plusieurs conseils d’administration ont suivi : celui des grands magasins Matsuya, l’un des plus grands centres commerciaux du Japon, celui de la chaîne de restaurant Skylark ou encore celui du fabricant Kyocera pratiquent la MT. Le secteur bancaire au Canada a également suivi, partant souvent de l’expérience d’une seule personne. Ainsi, Dan O’Donnel, responsable du département de planification et de croissance des marchés à la Royal Bank of Canada a constaté que « La technique était simple, naturelle et très efficace ».

Il l’a présentée à ses collègues. Depuis, plusieurs groupes y pratiquent la méditation transcendantale. Idem chez BNP au Canada : Mike Wilson, vice-président adjoint du département Import-Export Financing témoigne : « Les défis à relever dans notre secteur sont la concurrence, les nouvelles connaissances et les nouvelles technologies dans une économie qui change et qui évolue. Ceux d’entre nous qui pratiquent la méditation transcendantale ont découvert que ces défis pouvaient nous faire aller de l’avant au lieu de nous briser ». Plusieurs banques canadiennes ont suivi l’exemple de ces pionniers, au point que la Canadian Banker Association a consacré un article entier sur la méditation transcendantale dans son journal interne[6].

En Europe, le groupe Volvo en Suède a même servi de base à de nombreuses études sur la créativité. Le magazine européen Times rapporte que plusieurs entreprises européennes, désireuses d’améliorer le niveau de leurs cadres et de réduire leurs pertes financières, se tournaient vers la méditation transcendantale, « Le programme le plus simple et le plus rentable des programmes de développement des ressources humaines et de réduction du stress ». Cette remarque s’applique depuis au Royaume Uni, mais aussi à l’Allemagne, le France, l’Espagne, l’Italie, les Pays Bas ainsi que les pays nordiques.

 

EEG d’une personne méditant seule et en groupe

Les observations effectuées dans ces entreprises où un grand nombre d’employés pratiquent la méditation transcendantale en groupe ont montré une progression de la productivité et du chiffre d’affaires, une diminution de l’absentéisme et une régression des problèmes de santé. La raison de cet effet de groupe résulte d’un accroissement de la cohérence globale du cerveau  des personnes qui méditent (voir EEG d’une personne méditant seule et en groupe). « Le résultat cumulé de ces bienfaits conduit à la création d’une organisation plus cohérente et dynamique, à même de faire face aux changements sans subir la pression du stress » affirment les consultants qui ont conduit l’implémentation de tels programmes. Arianna Huffington, présidente du groupe de presse Huffington Post Media conclut en ces termes : « Les entreprises où l’on pratique la méditation transcendantale en groupe ont un véritable avantage compétitif sur les autres ».

 

[1]  Lingtao Yu, Mary Zellmer-Bruhn. Introducing Team Mindfulness and Considering its Safeguard Role Against Conflict Transformation and Social Undermining. Academy of Management Journal, 2018; 61 (1): 324 DOI: 10.5465/amj.2016.0094

[2]   Sanford & Oates: Building High Performance People.

[3] Longitudinal effects of the Transcendental Meditation program on cognitive ability and cognitive style, Perceptual and Motor Skills 62: 731-738, 1986.

[4]  Transcendental Meditation and improved performance on intelligence-related measures: A longitudinal study, Personality &individual differences 12: 1105-1116. 1991.

[5]   Japanese Journal of Industrial Health 32: 656, 1990

[6]   L’article de la Canadian Banker Association, Volume 98 N° 6.52-56, 1991