Un conflit peut saborder une équipe, un projet, une collaboration, une entreprise. La méditation transcendantale et l’Ayurvéda apportent une réponse à ce problème délicat qui incombe à tout manager.   

Le conflit est le résultat d’une vision étriquée engendrée par la peur, capable de vous faire prendre une corde pour un serpent. Dans l’entreprise, le conflit agit comme un poison. Il peut être larvé, noyé dans un bain d’harmonie artificielle ou carrément ouvert, avec les risques de dérapage que cela suppose si les protagonistes en viennent au stade de l’affrontement. Ne perdons pas de vue que le terme « conflit » vaut aussi pour les situations de guerre entre nations. De nombreux psychologues considèrent le conflit inhérent à la nature humaine, et donc, inévitable. D’où l’idée de le traiter à la racine avant qu’il ne prenne de l’ampleur. Le Wall Street Journal rapporte que de plus en plus d’entreprises américaines cherchent à embaucher des managers capables d’affronter habilement la multitude de situations conflictuelles de l’entreprise plutôt que de les éviter.


Un  conflit peut éclater à tout moment dans une entreprise. C’est le cas lorsque les individualités s’affrontent, les générations ne se comprennent pas, les opinions divergent et les intérêts s’opposent. Un conflit peut être également le résultat d’une mauvaise planification, de responsabilités mal délimitées, d’objectifs irréalistes ou plus simplement de lutte pour le pouvoir. De nombreux auteurs, coaches et psychologues proposent une palette de conseils sur la meilleure façon de résoudre les conflits dans la sphère professionnelle. Ils ont leurs mérites, mais aussi leurs limites. Quand un conflit éclate dans une équipe, la recommandation essentielle que l’on retiendra sera de séparer les faits objectifs du ressenti et des émotions. Un employé peut se sentir humilié sans que l’intention de l’accusé n’ait été réellement de l’humilier. Résoudre un tel conflit nécessite une bonne capacité d’écoute active de la part du manager. Attention, car les émotions ne sont pas le seul enjeu. Le respect, l’éthique et les compétences sont souvent impliqués dans un conflit.

Il ne faut pas oublier non plus qu’un manager a ses propres « angles morts » qui peuvent colorer son analyse de la situation et la rendre partielle, et donc partiale. S’il a tendance à être de mauvaise humeur ou s’il est d’une sensibilité extrême, cela peut impacter sa capacité à manager un conflit. Les américains Kenneth Thomas et Ralph Kilmann, auteurs du  Thomas–Kilmann Conflict Mode Instrument, ont identifié cinq modes de gestion des conflits. Ce sont l’évitement, le compromis, la collaboration, la compétition et l’adaptation. Chacun a ses avantages et ses inconvénients. Dans son livre Conversational Intelligence, Judith Glaser explique que le manager qui évite la confrontation a tendance à envenimer les problèmes et à rendre les décisions plus difficiles à prendre. S’il est animé par le désir de s’entendre avec les autres, cela peut être un frein à la résolution du conflit. Et ainsi de suite.

Face à ce problème, les traditions orientales et notamment la tradition védique apportent un tout autre éclairage. Cette dernière sépare le fait qu’il y a autant de point de vue que d’individus – ce qui représente un  terreau fertile de richesses pour l’entreprise –, du conflit proprement dit. Confrontation n’est pas forcément conflit. L’entreprise où chacun exprime son point de vue est une entreprise agile où les risques d’une mauvaise décision sont réduits au minimum. L’exemple de Ray Dalio, fondateur de Bridgewater Associates, le plus important « hedge fund » au monde, est révélateur. Il encourage en permanence ses collaborateurs à exprimer leur point de vue, quitte à lui porter la contradiction. C’est cette « confrontation créatrice » qui lui a permis de prédire dès 2007 la crise des « subprimes » qui a éclaté en 2008, jetant ses concurrents dans la tourmente et propulsant son fond Pure Alpha aux sommets. Ce fond a vu sa valeur nette multipliée par neuf et demi !

Séparer les faits objectifs de l’aspect émotionnel n’est qu’une étape. La tradition védique cherche à prévenir le conflit, à détruire l’ennemi avant qu’il ne naisse. Elle considère le conflit comme le résultat d’une vision étriquée causée par la peur. Or, dans l’entreprise, de multiples facteurs peuvent alimenter ces rétrécissements générateurs de conflits, à commencer par le stress. Un manager qui travaille trop, qui gère mal son temps et qui est interrompu en permanence verra son Vata et son Pitta se déséquilibrer rapidement[1]. Ce manager finira par se montrer irascible et devenir toxique en créant, par ses exigences et son attitude intérieure, un climat de conflit avec ses collaborateurs. Autre facteur à prendre en compte, les nouvelles technologies modifient la perception du temps et alimentent une forte pression nerveuse. En déséquilibrant Vata, ces NTIC contribuent à cette dérive, d’où l’augmentation générale du stress dans toute l’entreprise avec sa cohorte de conflits. Face à cette situation, l’Ayurvéda propose des solutions pour apaiser les déséquilibres de Vata et Pitta qui alimentent les conflits.

L’Ayurvéda recommande plus particulièrement la pratique de la méditation, qui est reconnue par la science comme le moyen le plus efficace pour dissoudre les peurs et le stress qui alimentent les conflits. Une étude parue dans l’Academy of Management Journal (17: 362–368, 1974) a montré chez des employés pratiquant la méditation transcendantale une amélioration de la satisfaction dans la vie professionnelle ainsi qu’une diminution de l’impulsivité. Du côté des managers, des résultats similaires ont été enregistrés, notamment une amélioration des relations professionnelles. Comment la méditation transcendantale favorise-t-elle l’apaisement des conflits? « Au cours de la pratique de la méditation transcendantale, vous stimulez le fonctionnement de la totalité du cerveau, et lorsque vous revenez dans l’activité, vous êtes plus patient, plus souple et moins stressé » explique le spécialiste en neurosciences Fred Travis. Si la méditation transcendantale apparaît comme l’antidote à la vision étriquée qui nourrit tous les conflits, ses bienfaits ne s’arrêtent pas là.

La personnalité du manager est déterminante en matière de gestion de conflits. Celle des collaborateurs compte aussi. Nous avons tous connu le cas où un collaborateur fraîchement embauché suscite par sa simple présence de nombreux conflits. Ces personnalités clivantes cherchent à avoir systématiquement raison afin d’être respectées. « Je crois que le plus gros problème auquel l’humanité doit faire face est l’obsession de l’ego à savoir s’il a raison ou non » explique à ce sujet Ray Dalio. Le fondateur de Bridgewater Associates ne fait pas mystère de sa pratique de 42 ans de la méditation transcendantale, la base de ses succès professionnels selon ses propres termes.

La méditation transcendantale améliore la personnalité

Les bienfaits de la méditation transcendantale en matière de développement de la personnalité ont fait l’objet de trois études entre 1972 et 1974. Les résultats ont été mesurés sur la base du Personal Orientation Inventory, test développé par Shostrom pour mesurer le concept d’actualisation de soi du célèbre psychologue américain Abraham Maslow. Ils ont été publiés dans le Journal of Counseling Psychology et dans Perceptual & Motor Skills. Ces tests ont montré des améliorations significatives en à peine deux mois de pratique de la technique. D’autres études menées en Europe en 1976 et en 1982 ont confirmé ces premiers résultats. Ainsi, après seulement un mois, les sujets pratiquant la méditation transcendantale ont expérimenté une amélioration de leur concept d’identité personnelle ainsi qu’un rapprochement entre leur « moi actuel » et leur « moi idéal » alors qu’aucune amélioration ne fut observée dans le groupe contrôle.

La pratique de la méditation transcendantale conjuguée aux conseils de l’Ayurvéda[2] permet d’apaiser le niveau de conflits tout en permettant à chacun d’exprimer son point de vue en toute confiance. Point essentiel, lorsqu’une décision est prise après que chacun ait pu exprimer son point de vue, tous les collaborateurs l’acceptent, particulièrement ceux qui avaient un point de vue opposé. Rapidement et sans efforts particuliers, le potentiel destructeur des conflits diminue. Le climat de paix favorise le développement de l’entreprise, sa cohérence, sa productivité, sa créativité et sa compétitivité.

 

 

 

 

[1]                              Voir à ce sujet l’article « L’Ayurvéda, Une Connaissance Millénaire Au Service Du Manager » paru sur le site Forbes.fr.

[2]                              Ces conseils personnalisés en fonction de la constitution de chacun sont prodigués par des professionnels de l’Ayurvéda, de plus en plus nombreux en France.