BPI group, société de conseil RH spécialisée dans l’accompagnement des transformations, mène l’enquête auprès des salariés français avec BVA, au sujet des relations dans l’entreprise vues par les manageurs, et notamment leur ressenti quant à leur prise sur les grandes prises de décision stratégiques de leur entreprise. 

Les principaux enseignements de l’étude :  

  • 1 manageur sur 2 ne se sent pas associé à la construction de la stratégie de son entreprise
  • Pour plus des 3/4 des manageurs, le management des équipes génère du stress
  • La valorisation du travail fourni est considérée par plus d’1 manageur sur 2 comme l’outil le plus important pour développer l’engagement dans l’entreprise

Les manageurs, salariés peu sollicités dans les enquêtes d’opinion alors même qu’ils représentent un échelon central tant dans la mise en œuvre de la stratégie de l’entreprise que dans son organisation sociale, sont à l’honneur dans la dernière étude publiée par BPI group en partenariat avec l’institut de sondage BVA. L’étude s’intéresse à la vision quant les cadres sur les relations au sein de leurs entreprises. 

1 manageur sur 2 ne se sent pas associé à la construction de la stratégie de son entreprise

Les manageurs ne sont au final que peu (51 %) à être associés à l’élaboration de la stratégie de l’entreprise. Ils ne sont également que 36 % à s’estimer être partie prenante du dialogue social. A l’heure de la co-construction, de la co-décision et du leadership partagé, mais aussi de la responsabilisation de chacun des collaborateurs, les DG et DRH ont encore beaucoup de progrès à réaliser pour impliquer le management au développement de l’entreprise.

Et même si la mise en place des CSE, instance de dialogue social, semble s’être accentuée, les dirigeants doivent créer des moments d’échanges, d’élaboration d’objectifs et de moyens pour l’entreprise avec leurs manageurs, sans doute plus informels: participation des manageurs à certains Comex, rencontre avec les actionnaires, création d’un Y Comex pour valoriser la créativité des jeunes cadres au sein de l’entreprise,…

La réussite de l’entreprise dépend du management qui décline la stratégie sur le terrain, la communique aux collaborateurs. Le manageur permet aussi de faire part à sa hiérarchie de points de blocage ou d’incompréhension dans le plan d’actions décidé par les dirigeants. Pour ce faire, il faut que le manager soit impliqué très en amont afin qu’il puisse apporter sa contribution. C’est une pratique indispensable si l’on souhaite que le manageur devienne un défenseur du projet d’entreprise et son meilleur ambassadeur.

Pour plus des 3/4 des manageurs, le management des équipes génère du stress

Les manageurs, très majoritairement (88%), estiment que leurs responsabilités managériales ont évolué ces dernières années. Ce sont sans doute ces évolutions qui ont généré du stress pour beaucoup d’entre eux (77%). Ce stress peut également résulter d’autres facteurs : un sentiment d’isolement, de manque d’écoute et de transparence du point de vue de la hiérarchie, de nouveaux équilibres à trouver avec leurs équipes. On peut s’étonner dans ces conditions que 51 % d’entre eux n’aient pas suivi de formations spécifiques. 

Il leur faut répondre aux nouvelles attentes des collaborateurs : besoin de reconnaissance (élément qui ressort fortement de l’enquête), évolution au sein de l’entreprise, entretien de la motivation, intégration des jeunes entrants, QVT… La demande d’un management participatif étant de plus en plus forte, il apparaît nécessaire de former les manageurs dans ce sens, en favorisant notamment le coaching, le co-développement managérial, les formations en leadership et en conduite du changement.

Dans un environnement en forte mutation, les manageurs restent mobilisés et ambitionnent d’évoluer. Ils sont 40 % à envisager d’étendre leurs responsabilités d’encadrement, et 54 % à se sentir capables de manager une équipe multiculturelle ou internationale. C’est un point particulièrement positif sur lequel les DG et les DRH doivent se montrer très actifs et surtout ne pas décevoir.

La valorisation du travail fourni, considérée par plus d’1 manageur sur 2 comme l’outil le plus important pour développer l’engagement dans l’entreprise

Le regard des managers sur les modes d’encadrement de leurs équipes est riche d’enseignements. On constate que là aussi, les évolutions sont sensibles. Quand auparavant, les séminaires, et autres activités de cohésion étaient mis en avant pour souder les équipes et faire passer les messages, désormais la valorisation du travail fourni, le développement des compétences et l’adaptation des modes d’organisation et de management prenant en compte chaque collaborateur priment. Ces trois items sont d’ailleurs en adéquation avec les aspirations des salariés exprimées dans de récentes enquêtes.

Les manageurs vont devoir axer leur management notamment sur les thématiques suivantes, en lien avec leur DRH :

  • les évolutions des métiers, la formation tout au long de la vie,
  • les dispositifs de QVT mis en place comme le télétravail, la garde des enfants, les horaires adaptés, les facilités de transports, la qualité des lieux de travail, etc.
  • les valorisations des aptitudes, talents, qualifications, expériences de chaque collaborateur (le capital humain).

Enfin, on constate qu’un meilleur traitement de la QVT et de l’épanouissement personnel produit des effets positifs, puisque dans les entreprises qui y sont attentives, seuls 17 % des manageurs sont sollicités par leurs collaborateurs pour gérer des difficultés de conciliation vie professionnelle / vie privée.