Et si en cette rentrée, vous, les managers, en profitiez pour faire le point sur ce que vous pensez de votre capacité à avoir de l’impact ! En effet, comment tenter d’exercer son influence sur son environnement, sans être d’abord un minimum convaincu de son pouvoir d’agir ? Une fois de plus, la question de notre leadership nous renvoie aux croyances que nous avons sur nous-mêmes. Pour y voir clair, il existe « le lieu de contrôle » que l’on doit à Julian Rotter (1954), également appelé « lieu de maitrise ».  De quoi s’agit-il ? D’un ensemble de croyances assez solidement ancrées chez chacun d’entre nous, qui nous amènent à considérer ce qui nous arrive, soit de manière externe, soit de manière interne

La personne externe a tendance à voir une causalité externe aux événements qu’elle vit, en les attribuant à la chance (ou la malchance), le hasard, le destin, la météo, l’autre ou les autres… Tout se passe comme si elle n’était jamais partie prenante de ce qui lui arrive. Cette attitude la conduit à brandir plus souvent le « ON », externe et impersonnel que le « JE ». Elle est aussi très forte au jeu du « OUI MAIS…», ce qui agace souvent l’interlocuteur qui se sent complètement démuni pour tenter de la faire progresser dans sa représentation. La personne en mode externe se met donc en victime pour éviter de « prendre sa part » justement, ce qui peut comporter certains avantages, en particulier pour ne pas changer !


Un individu interne voit de la causalité interne aux événements qu’il subit. Autrement dit, il pense que dans ce qui lui arrive, il en a sa part, même si celle-ci peut être infime. A partir du moment où il établit un lien minimal de causalité entre son activité et sa performance, il croit dans son pouvoir d’agir en retour et d’une manière générale dans sa capacité à maitriser bon nombre des évènements de sa vie. C’est quelqu’un qui dit « JE » ainsi que « ET…SI… » dans l’adversité.

Le sujet interne se remet facilement en cause en cas de difficultés de tous ordres. Sa conviction qu’il peut, même en cas de contraintes fortes, faire quand même quelque chose pour se sortir de là l’emporte. Il a été démontré que les personnes convaincues de leur maîtrise interne vivent plus longtemps et en meilleure santé mentale et psychologique que les autres ; normal car elles croient qu’elles peuvent utiliser leurs ressources personnelles pour agir et elles les mobilisent jusqu’à trouver une issue satisfaisante. Elles éprouvent ainsi plus de satisfaction personnelle que les individus externes et ont une image d’elles-mêmes plus positive. L’impact d’un lieu de contrôle interne sur la gestion du stress n’est plus à démontrer. Il permet à un individu d’avoir le sentiment d’agir sa vie plutôt que de la subir.

Attention cependant aux extrêmes :  tout ne se maitrise pas ! La croyance que l’on peut tout contrôler peut se révéler extrêmement anxiogène. Les individus externes peuvent vivre plus sereinement la confrontation à des problèmes graves comme la maladie. En effet, ceux-ci peuvent y attribuer une raison (externe) et accepter l’événement qu’ils subissent. Un individu interne cherchera probablement une cause (interne) qui sera inexistante, ce qui pourrait entraîner un état de stress et d’anxiété.

A quoi sert cette notion de lieu de contrôle ? Bien évidemment nous ne sommes jamais complètement internes ou externes même si une tendance l’emporte. L’important est dans la mise en conscience de nos croyances au moment où elles s’exercent. Est-ce que suis en train de dire « JE » et de prendre ma part de responsabilité ou de dire « ON » en me retirant de la situation ? En débusquant petit à petit la manière dont nos croyances nous font nous exprimer et nous positionner, nous pouvons être dans une juste gestion émotionnelle des deux extrêmes du lieu de contrôle et ce, en évitant les caricatures : Tout Puissant d’un côté, complètement Victime de l’autre.