Travaillons-nous beaucoup plus que nos voisins européens ? Selon une étude Eurostat la vie active des Français atteint une moyenne -plutôt basse- de 35,6 ans. Avec des disparités assez nettes selon les pays du nord au sud de l’Europe.

 


Eurostat vient d’actualiser ses statistiques sur la durée de la vie active dans les pays européens avec des données mesurées en années et qui s’appliquent à une personne âgée de 15 ans en 2019.

Le palmarès de la durée de vie active des européens

Dans l’Union européenne, la moyenne du temps d’activité sur le marché du travail est estimée à 36 ans, soit environ 3 ans et demi de plus qu’en 2000. Si la France se situe légèrement en-dessous avec 35,6 années de vie active. Elle se situe au même niveau que l’Espagne (35 ans), légèrement au-dessus de l’Italie (31,2 ans) mais en-dessous de l’Allemagne (38,1 ans).

Des différences qui peuvent se partager en trois groupes d’après l’office de statistique. D’abord, celui regroupant les pays qui ont une durée de vie active en dessous de la moyenne : entre 31 et 35 ans. Aucun pays sur le territoire européen – à l’exception de la Turquie avec 28,5 ans- n’obtient un résultat en dessous des 31 ans. Un second groupe avec les pays dont la moyenne du temps de travail actif varie entre 35 et 39,9 années, et où on retrouve la France, mais aussi l’Espagne, le Portugal, l’Irlande et surtout l’Allemagne :  un jeune Allemand peut aujourd’hui espérer travailler activement durant 38,1 ans en moyenne, soit trois années de plus par rapport à son voisin français. Enfin les pays comme la Suède, les Pays-Bas ou la Suisse qui oscillent entre 40 et 44,9 ans de vie active appartiennent au groupe qui domine le classement. Sans oublier l’Islande qui fait figure d’exception avec une moyenne de 47,4 années d’activité.

Les femmes travaillent plus longtemps

Eurostat indique également que l’écart de durée de vie active entre les hommes et les femmes est tombé à 4,9 années en 2016, il était de 7,2 années en 2000. En 2019, la durée prévue de la vie active était de 38,3 ans alors que pour les femmes, il était de 33,4 ans (15 ans et plus) en 2000.

 

Une réduction du temps de travail à venir ?

Sur le fonctionnement des sociétés où l’on assiste à un changement de l’organisation du travail, Alain Renaut rappelle dans son ouvrage Leçons de la philosophie, que l’«on travaille en moyenne dans les sociétés industrialisées à peu près moitié moins qu’il y a un siècle », avec « les effets combinés des luttes sociales et des progrès de la productivité ont fait que la journée de travail  qui atteignait douze heures à l’époque de l’industrialisation est tombée dans les économies postindustrielles… à sept heures, voire six

Aussi précise-t-il que la transformation actuelle du système de travail brouille les cartes entre travail et non-travail, par rapport à l’ancien système de plein emploi. Alors que le non-travail commençait aux limites du travail : repos, congé, vacances, qu’en est-il aujourd’hui avec les nouvelles formes d’organisation du travail comme le télétravail ?  Des points de repères stables ont jusqu’alors servi comme marqueurs de limites, avec le temps du travail défini par le contrat de travail… à repenser.