La crise que nous traversons se traduit par une montée du chômage et une difficulté des jeunes, mêmes diplômés, à trouver un emploi. L’apprentissage est donc une solution plus pertinente que jamais. Par Patrick Brandmaier, directeur général de la Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie et Christophe Aufort, directeur général du Groupe AFORP.

Malgré de nombreuses campagnes de communication gouvernementales ou institutionnelles, force est de constater que l’apprentissage n’est toujours pas valorisé à la mesure des services qu’il rend à la société. A l’approche de la Journée Franco-Allemande de la Formation Professionnelle et de l’Apprentissage, il est pourtant plus que jamais nécessaire d’insister à nouveau sur ce mode de formation d’excellence.


L’apprentissage est ouvert à tous les métiers et tous les niveaux de formation. Les centres d’apprentissage sont au plus près des besoins des entreprises, grâce à des partenariats étroits et développent les compétences de tous les publics, jeunes, demandeurs d’emplois et salariés. Ils délivrent des diplômes de l’éducation nationale et des certifications professionnelles, des titres qui viennent en complément. Ils dispensent des enseignements à distance et des formations au sein même des entreprises. Le Groupe Aforp – Pôle formation UIMM, affiche un taux d’intégration dans l’emploi remarquable avec 90 % de diplômés qui trouvent un emploi dans les trois mois après la fin de leur formation.

L’apprentissage est une réponse plus pertinente que jamais, alors que la crise que nous traversons se traduit par une montée du chômage et une difficulté des jeunes, mêmes diplômés, à trouver un emploi. En France, les résultats de l’édition 2020 du baccalauréat (95,7 % de reçus) provoquent des embouteillages dans certaines filières universitaires et facultés, ce qui risque d’accroître le décrochage scolaire, le nombre d’abandons prématurés et de laisser des jeunes sans solution. Pour nombre d’entre eux, l’apprentissage pourrait être une alternative intéressante. Il est encore possible d’intégrer une formation en alternance.

Par ailleurs, on déplore que certains métiers techniques dans l’industrie ou les nouvelles technologies sont peu ouverts aux femmes. Là encore, l’apprentissage peut être une réponse opérationnelle efficace en permettant à un nombre croissant de femmes de rejoindre des métiers techniques en pleine évolution, dans lesquels leurs compétences seront pleinement valorisées.

Communication et sensibilisation

Que manque-t-il donc pour que les mérites de l’apprentissage soient pleinement reconnus ? Davantage de communication en direction du personnel éducatif en charge de l’orientation, des jeunes et de leurs familles, afin de les convaincre que l’apprentissage est une voie d’excellence et un passeport vers l’emploi. C’est dès le collège que des actions de sensibilisation doivent être menées, afin de faire évoluer son image et d’amener des jeunes vers l’apprentissage à tout moment de leur cursus scolaire.

Le choix de l’apprentissage, pour être réussi, doit reposer sur une décision volontaire. Il existe de nombreux secteurs de l’économie dans lesquels les entreprises, et notamment les TPE et les PME, sont en besoin de relève générationnelle. L’apprentissage permet d’accompagner l’entreprise dans sa gestion prévisionnelle des compétences mais également de révéler des vocations d’entrepreneurs. Il permet de contribuer à la reprise d’entreprises industrielles ou artisanales en bonne santé, qui sont en manque d’un repreneur.

La tâche est ardue, tant l’attrait des filières universitaires reste très important chez les jeunes et leurs familles. C’est un phénomène que l’on observe aussi en Allemagne, même si le nombre d’apprentis y est plus élevé qu’en France, que l’apprentissage demeure l’un des piliers du Mittelstand et reste une voie d’excellence pour les jeunes Allemands qui veulent faire carrière dans l’industrie.

On ne peut donc que souhaiter que cette Journée Franco-Allemande de l’Apprentissage soit une nouvelle occasion de mettre en lumière cette voie d’excellence dans nos deux pays. A l’heure où, dans certains secteurs de l’industrie, on se pose la question de la relocalisation ou du renforcement du potentiel technologique, la compétence de la main d’œuvre est un atout décisif et l’apprentissage s’inscrit parfaitement dans cette nouvelle stratégie industrielle.   

 

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